LETTRE LX
La journée d'hier est mémorable pour un observateur. Le comte de Briilh, étranger catholique, prenant son rang dans l'armée prussienDe, a été instfeSé dans sa place de gouverneur, et la capitatîon a été intimée. Celte capitation, si hantement respuée^ maintenue avec tant d'opiniâtreté, démontrée Ticiease dans le principe, imposable dans l'exécntion, stérile dans le produit, annonce tout à la fois la honteuse nullité du directoire génàral qui s^ «st opporiS hautement, et le souveram crédit d'un nbalteme qù a résisté à ses chefe. Comment supposer qoe le ni a été trompé sur l'opinion publique dan» ime c^>éntioii si universellement blâmée ? Comment l'excuser, puisque ses ministres mêmes Font averti qo'il allaU éttt^ rin.
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fmer, peut-être pour jamais, dès 1 [en moii à
sou avènement, le titre de liien^Aii,^^ qu'il a tnt désiré ? Voilà tout au mo'ms la douteuse aurore d'à règne nébuleux I
I^ reine n'est pat contente de ce choix de H. è nriilh. l*Ule ne Test pas davantage de réconomie dee maison ; aussi recommence-t-elle à refaire des detto. Klle n'a, pour toutes ses dépenses quelconques, que cinquante et un mille écus. Il est difQcile qu'avec une somme aussi modique elle concilie ses besoins rëels, M {;oûts généreux et ses nombreux caprices. Ses yen, fermés sur les amours du roi, sont ouverts sur le doordre de son intérieur. Âvant-bier il n'y avait poii de bois pour les cheminées de ses appartemens. L^ tendant de sa maison pria celui de la nouiison du roi de venir à son secours. Le dernier s'excusa sur la petite quantité qui lui en restait. D'où vient cet indécent doordre? De ce que l'état de consommation arrêté ptf le feu roi suppose la reine et ses enfans à Postdam. Depuis sa mort personne n'a pensé au supplément nécessaire. Ces anecdotes, si futiles en elles - mêineS) prouvent à quel point est portée la nonchalance et k défaut de combinaison.
On attendait le comte de Brûlh pour monter la m» son des princes. Comme il est criblé de dettes, et ruiné en sa qualité de noble saxon, il a fallu que le rœ fi payer une somme de vingt mille écus à Dresde^ potf satisfaire à ses dettes criardes. On est fort partagé soi son compte. La seule cbose dont on convienne nm* nimement, c'est qu'il est du troupeau des élus ( visioD' naires), et qu'il joue très-bien du violon. Ceus qô l'ont connu il y a quinze ans s'extasient sur son amabi* lité. Ceux qui le connaissent de plus frfluohe date le