LETTRE LXII
Da4 ianvier 1787.
J'ai eu ma conférence avec M. le baron de elle a duré trois heures et demie 3 et il ne peut pasit rester le plus léger doute sur ses intentions^ aprèils confidences qu'il m'a faites et les pièces qu'il m'a mot' trées. Il paraît un bon citoyen, constitutionnel f^ principes, ami de la liberté par instinct^ loyal et là par caractère et par habitude, serviteur de madamil> princesse d'Orange par ses affections personnellei^ptol qu'il ne l'est de son mari par état, qui voudrait finirtf tumultueux et inquiétans débats, parce qu'il rtai
DE UL GOVR DB MOHUlf. 9^
dans une pacification le bien de son pay$ et celai delà princesse dont il a la confiance. C'est atisn on minis* tre passablement adroit^ qui s'est abstenu de fidre des srances aussi long-temps qu'il a présumé qufe nos méiagemens politiques pour la cour de Pruiise donn^ Raient un grand poids à l'intenrenticm de cette oour^ H qu'il parviendrait à la décider à parler f&nnê* Attourd'hui qu'il sent bien que la considératioii du oa-» binet de Berlin est déch^^e^ et surtout que le roi est désintéressé sur les af£adres stathoudérienneS| parée qu'il l'est sur touty il frappe directement à la porte de la cai^ âliation.
Vous pouvez tenir pour probable^ i^ que la pna«* cesse, qui, en dernière analyse, décidera du déno^ ment, du moins en trefr-grande partie^ yeut a'aooomrmoder a un certain points et se donner à la France, parce qu'elle craint enfin de jouer trop gros jeu pour sa famille ; 2^ qu'elle croit M. de Galonné le ministre influent sur l'esprit du roi, et l'ennemi peraonnd desa maison ; 3^ qu'on a réussi à lui donner les plus fortes préventions contre sa bonne foi ; 4^ qu'elle cherche cependant à s'en rapprocher, et qu'elle désire une eorrespondance, soit indirecte, soit directe avec lui, et on homme impartial et afiidé, qui dans le pays ait sa confiance ; 5^ que non-seulement rien n'est moins impossible que de toucher aux réglemens, iutns les iliodifiia^ tions desquels il est impossible de réprimer l'influencé stathoudérienne, mais qu'ib s'y attendent^ en reconnaissent intérieurement la justioei politiquement la n^ cessité ; et que le baron de Reéde, en sa qoalité ds citoyen et des premiers au preoner rang, sesaii lort fâché qu'on n'y touchât ] . . ^
La raison du ret<
.--Aieti.*^
5a8 niSTOiRK secrètb
qui au reste n'a jamais été entièrement ^SUatt^i^ qu elle désespère sérieusement d'être i rm cffia» ment à Berlin.
Celle de son opinion sur FinimiUé de M. de GiIm est uniquement fondée sur son étroite liaison ifcek rhinfp'ave de Salm, qu'e\a{][ère celui-ci, et les pnp inconsidérés de M. de C'^'^'^'^, qui véritablement p sent rima{];ination^ et que Ton croit Taffidé partiaii de ce ministre.
Ses préventions contre M. de Galonné vienneati très-grande partie des calomnies d'un certain Van^ mey, qui avait formé je ne sais quelle entreprise! Berçue--Saint- Vinox (pendant que ce ministre ëcailt tendant de la province)^ où il a échoué de manièrei coûter plus de iGo^ooo florins au stathouder^ prèBèquel il a, pour s'excuser^ tout rejeté sur la dé&venrè M. de Galonné. Ajoutez que toutes les causes de aicontentement^ de méfiance et d'animosité sont misa s fermentation par un M. de Portail^ Thomme delLi Breteuil^ lequel de Portail blâme également M. deTo' rac, M. de G****, le rhingrave de Salm^ M. de Rennenl, le comte de Yergennes....^ et tout ce qu'on a Êdc^tf tout ce qu'on fait^ et tout ce qu*on fera^ mais sortotf M. de Galonné^ qu'il donne pour l'incendiaire dessqit provinces^ qui ne peuvent être sauvées^ ainsi que l'Et rope entière, sans la mansuétude de M. de Breteuii|k doux, le poli, le pacificateur.
Quant au désir de la princesse de se rapprocher de M. de Galonné, cela m'est évident. Le baron de Reede est trop circonspect et trop fin pour avoir fait cdtt démarche auprès de moi sans être autorisé^ et tcH probablement la généalogie de ses idées, qui vous tt pliquera suffisamment peut-être tout cet épisode. Il i
^aisément su que j'écrÎTaîs en chiffres; il est* intime ami ide Hertzberg. Pour qui chiffiré-je ? A qui connaît notre terrain et la marche de nos afi&ires^ ce ne peut être que pour M. de Galonné. Dans quels principes? Leduc de Brunswick, qui a eu force conférences avec lui^ ne lui aura pas laissé ignorer que mes vues de ce côté étalent toutes pacifiques. Alors, tout-à*&it déjoué par l'ignorance du comte d'Esterno^ qu'il assure être complète à cet égard, ce qui, comme de raison^ redouble encore en ceci sa morgue naturelle ; par la lourdeur de F'^'^'^, qui vient péniblement étudier sa leçon chez lui, et ne va pas toujours la répéter do bonne £31 ; bien convaincu que le crédit de M. de Hertzberg est nul> l'affection .du roi refiindie, l'influence de son cabinet médiocre, il aura proposé à la princesse de tâter cette voie.
Pour ce qui est du consentement^ soit exprès^ soit tacite, mais sérieusement arrêté^ de toucher aux réglemens, j'en ai vu la preuve dans les lettrés de la princesse, lues sur le déchifiBré brut de la princesse (car il est bon de savoir qu'elle est très-laborieuse^ chiffre, déchiffre elle-même, et &it de sa main dél ré* ponses à tous les écrits du parti contraire )^ dans celles de Larray iVfe/Ti, de Linden idem.
Je n'ai pas cru pouvoir négliger de pareilles ouvertures. Après avoir épuisé tout ce que j'ai su et trouvé de plus rassurant sur M. de Galonné, ses vues, ses projets, ses liaisons (et je ne crois pas, je Favoue, que mon dévoûment m'ait laissé en ce moment \ adresse); après avoir traité comme je devais la pei duplicité de M. de Breteuil \ ;ens;apr
dit ce que je pense sur 1 i (Tergeni
la délicate probité r
5;{o IlIKTOillK SFCUGTK
de notre cabinet, qui est certainemenl inbordomer le statliouder au l)irn public et à Tindé^^ndanoe dfi Proviiiccs-Lnies, mais qui ne peut pas être de Vtifé ser, je suis convenu (|uc j'écrirais après-demainy pov dmiandiT caté|;oriqucn)enl si iM. de Calonne Teutâfr blir une correspondance, soit directe, soit iudirectt avec la princesse, et f^*il consent qu^on lui propose ds bases d'acconuuodeinent sur lesquelles on recevrait! parole personnelle de travailler de bonne foi^ qiail elles seront arrêtées, à une paciiication honoraUepov le stathouder, convenable pour le souverain.
De son côté le baron de Ueede, qui est sensé^ e(f a voulu paraître faire tout cela de son chef^ écrit ik princesse pour l'aviser qu'il a provoqué cette déoMche, et lui demander son autorisation prompte et fatmelle. jNous devons nous rencontrer demain à chenl au parc, pour nous montrer réciproquement nos minutes, bien entendu qu'assurément nous ne nous mot tn rons Tun à lautre que les minutes ostensibles qv nous aurons préparées, et tout cela partira samedi} parce que, dit-il, comme il ne lui faut que dootti treize jours pour avoir une réponse, il l'aura imb avant la vôtre pour que nous puissions combintf k plan à proposer du moins pour établir la confiance.
Voilà en précis l'analyse fidèle de notre oonvenation. Je n'ai qu'écouté quant aux propositions m'o a's qu'apologisé quant aux réflexions. Si l'on était tenté de trouver que je me suis trop avancé en acceptant d'écrire, je prie que l'on pèse l'occurrence, et que l'oi me dise comment il serait possible, à six cents lieoff de distance, d'avoir jamais un succès, si l'on ne presiit rien sur soi. Eh ! après tout, qu'ai-je appris à M. de Ilcede? Qui, dans les affaires diplomatiques^ peut dos-
DE LA COUR DE BERLIN. fiSl
ter ici que je chiffre? et que chif£re-t-Km?'esMe de la philosophie, de la littérature ou de la politique? Je n'ai au reste nullement parlé du genre de mes relations ; ei le je tâcherai de y je trom^rai moyen de^ Je prendrai des moyens de faire sapoir ùM.de Colonne y a toa*^ jours été ma formule.
Maintenant donnea-moi bientôt des ordrts^ soit pour m'abstenir, soit pour pousser ma pointe^ et des instructions dans ce dernier cas ; car je ne puis jm» qu'ici que deviner^ et d'autant plus vaguement qu'ainni que vous le sentirez aisément, il m'a fallu parailre è M. de Reede plus instruit que je ne le suis, et par conséquent moins questionner que je n'aurais Toulai De^ mandez- vous à vous-même quels avantages j'aurais ni je n'étais pas obligé de tout tira: de mon pau^M fonds.
Somme toute^ quels gages voulei-vous de la bonne Coi de la princesse ? quel témoignage de bienvetllante lui donnerez-vous? quelle cauti<m vous £ifit-îi de la bonne conduite du stathouder? quel genre de tien faki imposerez-vous ? ne vous départirez-voos en rien de ce qu'a statué la commission du 27 février 1766I eft quoi la modifierei^-vous? la médiation doit-^eOe né** cessairement et formellement être acceptée? tie Isat41 pas avant tout que la province de Gueldre ei cdie d'Utrecht renvoient leurs troupes dans leoMi ^nartiin respectifs ? la province de Hollande retireMA|*-eUe aloie son cordon? n'aura-t*on dans cette suppoditioii rien à craindre de ses corps francs^ et conuiient pooiM-tHdle en répondre? quelle sera la détermiiiatioa des fonetions constitutionnelles du stathouder? quels seronlaes rapports de subordination et d'infloenoe enven les «Mh seillers députés ? enfin^ sur cpim porter k réfionitfdb
'X^a IIISTOIKK SF.4:nKTE
ré{;lcmcns? Tout cela et luillo autre ch* i de ctgeut m'importent, .«^i je. dois faire quelque; CuOse cnoed; autrement je n'en ai pas besoin ; mais ce qui m'estii' dispensable^ c est que vous me disiez incessammeot cl nettement ce que je dois faire et dire, jusqa'oàje puis aller, où je dois m'arrêter.
Veuillez bien observer que Ton demande ma cett marche le plus {;rand secret envers M. le comte d'& terno, et que les intentions et les procédés du bini de Reede lui méritent du moins de n'être pas eo» promis.
Un fiait curieux et très-remarquable, c'est que \tk de Brunswick est le premier qui ait parlé au ban» k Reede d'un mouvement de troupes prussiennes, enki demandant quel effet il prévoyait que ferait sur ]&i faires de Hollande la marche de quelques régimenide cavalerie^ et au besoin d'un camp dans la principantB de Clèves^ que l'on appellerait camp de plaisance;! quoi le baron de Reede répondit que cette démarck était bien délicate^ et ne pouvait g^ère laisser le cabinet de Versailles spectateur indifférent. Le duc voblait-il être premier ministre à tout prix, et m'a-tr41iidignement trompé^ ou ne voulait-il qu'apprendre è baron de Reede des raisons locales qui l'aidasseati combattre la proposition de M. de Hertzberg ? Le ministre de Hollande a voulu me persuader la premiat de ces choses ; j'imagine qu'il la croit, et, à dire ytij le public ferait écho avec lui ^ car le duc a une gcsiA réputation de fausseté. Je dois y opposer le témoignage de M. de Hertzberg lui-même, qui convient que cette idée est de lui^ et qui a dit amèrement (rfoB d'une fois: « Ah! si le duc ne m'avait pas déserté !i Toujours est-ce un grand avis pour ne se fier i^
DE LA COÔR DE BMLIH, $33
prince ambmeux qae sous boDoe caatioa. Il &iidnûl d'ailleurs avoir eaieodu et la chose et l'accealpourae hare à cet égard une opinion arrêtée^ que l'on os&t garantir jusqu'à un certain point.
S ju(Tlar.
J'ai trouvé le baron de Reede au rendex-TOiu dans les mêtnes dispositions, et, s'il se peut, plus Cerventes encore et plus zélées, mais déùrant pour tonte modification que je n'ayertiese pas qu'il écrivait, afin, dit^, que si ces avances échouaient encore, il n'en résultât pas du moins une plus grande animoûté. Il m'a ra^ conté en exemple de ce genre le Buccèa d'une, démarche confidentielle qu'il avait faite il jr a quelques années à M. de Gaussin, alors chargé d'afiiâires de France à Berlin, et qui, l'ajant préseaitée avec trop d'ardeur, reçut une réponse ministérielle de M. de Vergennes, remplie de grâces et d'aménité, qui, passaot. directement au stathouda pu: le cabinet .d« Berlin, n'en fut pas reçue, à ]>eaucoup pris, comme on avait lieu de s'y attendre, ce tpx produint plus d'éldgm»ment que jamais. Il est vrai que le prince d'Onïnga n'avait pas alors autant éprouvé ce qu'on pouvait contre lui ; mais ce prince est h emporté, et son esprit tellement tortu, qu'il faut mime à la princesse les plus grandes précautions pour loi insinuer quelquA thote. J'ai promis au baron de Reede ce qu'ila voulu à cet égard, et j'ai cru ne pas Moins vous en devoir tout ca détail, bien sûr qu'il n'y a que les gens de peu d'éle»^ duc dans l'esprit qui se piquent en politique ; queH.de Calonne ne saurait de tout cela que ce qn'U en devrait savoir ; que dans tous les cas il semblerait n'avoir regardé cette ouverture que comme ta simple tentaûn de deux hommes lélés, qiù couiiinmiijuciil une idéc^
534 IlISTOinK SECRÈTE
laquelle ils voient la {;rai)d(; probabilité d'élre utiki tous ; et en effet, si le stathoiider a le piu« grand intérêt à recouver la paix, notre alliance a vec la HoUandi sera-t-elle jamais mieux cimentée que par radhém du stathoudcr ? Kt quant aux intérêts particuliers de M. de Calonne, qui donc, si nous devons perdre M. de Ver{;ennes par Vtif^e ou les circonstances de sa snli^ pourra lui disputer une place pour laquelle il auna avances le traité de commerce de la France ayecrA» (^leterre, vi la pacification de la Hollande? En vdK bien lon{; pour cette commission que m'envoie leksard. Passons à ce pays ci.
6 janvier.
Le lieutenant-colonel de Goltz était depuis loo^ temps en froid et même en rixe avec M. Bishopswffdcr. Le roi les avait raccommodés une fois : il soilflt que le premier^ plus habile, plus ferme, plus entreprenant, avait de (grands avantages pour rexécution nr I Tautre, plus courtisan, plus docile aux circonstancOi I Pour éviter ce scandale de l'intérieur^ il a nonané aides -de -camp généraux M. de Hanstein^ qniadi la représentation, ou plutôt de la hautear^ et M. de Pritwitz, victime des caprices du feu roi, et homna médiocre. Ainsi Bishopsvvcrder, après avoir fait ce qa*!! a pu pour écarter d'auprès du roi tout oe qui a plus d'esprit que lui, actuellemont qu'il en est venu à boot, et qu'il a le roi à lui tout seul, ne sait plus qu'en fidre.
Le comte de Briilh n'a trouvé ni arrangemens &itS; ni appartemens meublés, ni gens de service auprès dn prince royal. Il a pris de Thunieur ; visite à Welner; point reçu : visite rendue tard et par billet : mécoth lentement naissant, échauffé par Bishopswerder^ qii
DE LA, COUB DE BEKLIH. 535
BoupçonneWelnerd'aToirmoHiponrlanoiBiBatioDdei 'deux aides-de-camp généraux.
I Un fait qui paraît très-probable, c'est que ce Wel- Der, surnommé par le peuple petit roi, ne aait pa^ . s'occuper de trois choses à la ibis ; et comme il a béte< , ment cru qu'il pouvait céder aux empreasemens des •péculaieurs, comme il a eu la- petitesse de se livrer aux prévenaDtes bassesses de ceux qui le traitaieat il y a sut mois comme un laquais, les jours sa sont cousn-r mes dans ces périlleux passe-temps de vanité ; les aitfiltres se sontaccumuléee; tout est arriéré, etl'on prémme que, lorsqu'il aura été ballotté par les intrigues des mécoQtens, l'ingratitude de ceux qu'il aura eerris, l'astuce des gens de cour, les pièges des travailleurs sous lui, la tète lui tournera toul-àrfait.
La capitatton est enfin décidément retirée; retiré^ après avoir été intimée 1 retirée sans conviebon 1 rst' tirée sans remplacement l QueUe confusion 1 quel nn-> gure 1 En récapitulant uû peu cetls aurore de rignaj que de démarches préci[Htée! I
L'envoi d'un ministre à Londres, qui n*a pas jonooift Sait remercier : l'envoi d'nii ngnistra en Hollande^ qid n'a rien fait que compromettre le roi j c'étût assuré^ ment le cas ou de faire jusqu'au bout, on de s'abstoDir' entièrement ; commission ponr l'exwnen de la régje, qui n'a produit rien qo'injustioes et duretés particulières, sans le plus léger profit pour la choM publique \ commission contre le général de Wartenh«g, nommé« avec éclat et suspendue à petit bruit ; suppression de l'administration du tabac, qu'il &ut oontinner.) projet de capiiation qu'il faut retirer an moment où l'exécution commence; convocation des principaux aégfrcians de la Prusse et de lu Siléûe, qui n'a produit que
des discussions propres à dévoiler Tinepi t des ckfct les inalhotirs du pcMiple.
'J aui de taux pas, tant de reculades, ne supposent! pas des administrateurs peu réfléchis qui vont à titii^ et qui i;;norcnl les élémcns du métier d*hoinme d'Eu!
Au milieu de cette série dlnepties, il £iut remaifis cependant une bonne opération et un vrai bien£ik;b liberté illimitéedu commerce des g;rains,et unedéduqf aniuiellc pour cette misérable Prusse occidentale^ doM je ne sais pas encore la quotité.
La fermentation intérieure du palais commeBoei élre telle, que bientôt clic sera publique. L'agentéi volontés^ ou, pour mieux dire, des fantaisies secrètti est en opposition avec Bishopswerder et WelDer^kiqncls sont en froid avec mademoiselle de Vosb^ kqnelic veut qu'on éloi{;ne madame Rietz^ qui vert qu'on fasse de mademoiselle de Voss une maîtias riche, mais non pas une femme. Dans 'èette foule è volontés en contradiction^ où chacun, excepté le ni» est pour sa part, se trouvent celles de M. de ReiM) chambellan du roi, conseiller de mademoiselle de Ym; du comte d'Arnim, pacificateur, entremetteur, codm* lateur, tcmporiseury prédicateur. Le roi louvoie comaE il peut au milieu de ces révoltes naissantes. Le joailfe Botson s'est plaint de Rietz, et a occasioné itne qufr relie qui aurait eu des suites si le roi ne se fût souvesi à propos qu'il faut dix ans pour remplacer un ff^ qu'on renvoie dans un moment de fureur. L'annivtf^ saîrc du comte de la Marche est d'ailleurs une ciroonslancc dont les Rietz ont tiré parti; le roi a fait diner chez lui la mère, et la paix est venue rasséréner la esprits.
Le {jrand-écuycr, qu'on disait sans crédit/ porvt
|îêire ressuscité. Outre le cordon jaune^ éomil se montra revêtu à la dernière cour^ et qui fit éclater de rire tout de monde^ même les ministres^ il a demandé que 8on tneveu fut fait comte^ et on lui a répondu par un soii. rC'est un petit mal que de fisdre un comte^ surtout quand «>n en a tant fait; mais c'est quelque chose que de m'avoir jamais une yolonté.
Voulez-vous savoir où en est le nerf du gouvernement
,^i l'invention des faiseuit;; pesez l'anecdote que voici.
Sut plusieurs représentations fûtes auroi^ pour régler
I enfin l'état de sa dépense et les appointêmens de ses
lOfficiers, il a répondu qu'il prétendait avoir une cour^
puais que, pour régler sa dépense, il voulait commencer
ipar posséder l'état fixe de ses revenus; d'après ce que
. devaient lui assurer ses nouveaux financiers. En réflé-
ichissant à plusieurs phrases qui contenaient toutes ce
j mot assurer^ les ministres chargés de l'accise et de la
^ dépense journalière ont pris de l'inquiétude. De là une
! foule de petits droits^ ridicules^ odieux, et d'nn très»
: petit produit, qui sont éclos en une nuit. Les hiutres,
; les cartes^ une augmentation sur les lettres, surle tim-
, bre^ sur le vin, huit gros par aime de taffetas, trente^
trois pour cent sur les pelisses -•foiimlres : op a été
jusqu'à supprimer les firanchises aux princes de^la ma»»
son. Tous cçs droits sont fort grattutement- odieux;
car ils repoussent la chose, mais nerappcurtent rien que
la démonstration de la lourde impéride detenx qui
ne savent ni trouver de rargent> ni cmiMiter le pnbKc.
P. S. Je reçois un grand chiffre de Courlanda, dont il m'est impossible de vous rendre compte. Toujours est-il que le chambellan Hovren^.anjourd'lmi bucw
53tt UlttTOlRi: SECRÈTB
gravc^ dispoëo du {lays, el cat lout RiUBe. An oomn procbaîii les détails.