LETTRE LXIII
Du 8 janvier 178^.
Voici le résumé des nouvellei de Gourlandk, b plus authentiques assurément qu'on en paisse iw Le chambellan Howai, homme habile, et la preoib et la seule tête du pays ( car le chancelier Tanbé,fl pourrait le balancer, s'il n'est pas sans esprit^ est M caractère), le chambellan Howen est devenu «oImA» grave par la mort subite du premier ministre Kkf man et ensuite d\ine cascade de remplacemens eti déplacemens qui ne vous intéressent pas^ et où il fsl suffit de savoir que les choix du duo ont été absek ment rejetés et méprisés. C'est le baron de Mest Ht chor^ ministre russe, qui a £iit tomber ce choiX| je une recommandation formelle et directe^ sor Esm^ autrefois violent ennemi des Russes, qui l'avaient tt enlever à Warsovie, où il était ministre de la Conrlaad^ pour le reléguer en Sibérie, où il est resté plnsiM années, devenu Russe par la force des choses^ et fl le cabinet de Pétersbourg a mieux aimé gagner aii4 apparemment parce qu'il préfère de consommer aw blement ses desseins sur la Courlande. Howen esttf fond duc de Courlande^ puisqu'il en fait les fionctioaii et qu'il y entraine ou domine toutes les opinions. W<^ ronzow, Soltikow, Belsborotko et Potemkin sont 011" très absolus en Courlande, puisqu'ils le sont en RoMÎik
DE LA COUR BB BBILIN. fl3§
ivec cette différence que ce Potemkin^ cpit a tonte mié itthliothèque d'assignations et de t^lets de hmfftÈé, }Eii ne paie personne et corrompt tout le monde, qui hibjugue tout par l'énergie de sa volonté et PétendiM le ses Yues^ plane sur Bekborotko, qui est politique* lient son ami^ Woronxow/qut est habile^ iaais thnide^ it Soltikow^ tout entier au grand-doc.
Le duc de Courlande ne retournera probablement MIS dans son pays^ parce qu'il a toot gftté en Russie, Murce qu'il ne peut phis rien changer dies hii A ce ifA i. été fait en son absence ^ parce qu'il est chargé de pre^ lèe et de griefs sans norabre;; parce que la tégeoee^ qui ^lentend avec les chefii de Fordre^équeitre, menés par iowen^ règne modérément, confonnâonoM au lois dot ivysy et fait bénir son adininistratiOB ; de aorte ^qtfè le MÛple^ qui allait se révolter, psffoe qnHl étah menaeé m déjà souffrant de la &mine, pe veut paa Un autre irdre de choses. Que le gouvernement soit russe oi| le le soit pas, c'est ce qui importe tnèa-peu au peapley Murvu qu'il ne soufifre point. H n'y ^ aucune poeÂiité de changer un ordre <|e choses cimenté à oe dih pré : une soixantaine de terres consfdénibks ent >élé lonnées en fiefe ou à ferme, ainsi que fcs chargei, mvà personnes les plus influentes, tant dans Fintérieii^ l|ae ians l'extérieur ; de sorte que le parti du aûwHé'Hbwen ou des Russes en Courlande est, pour «i|isi dire,: tout le monde. Il faudait employer jdosifnie milKoiie 30ur contre-balancer cette prépondénmce ; et quand ^ontre-balancer serait vaincre, la pani% même gat ynée, ne vaudrait pas de telles avances.
Un des principaux griefe contre le duc, c'est la ëé^ ;érioration du fief, opérée paar rappattvmymeMtolaiies paysans, l'épuisement des terrai la rwM èm fa»
540 UlSTOinb SBCÛTE
rets, l'oxportation des revenus di ix dans b
étraii{;ers. Mais le (];raiid crime, le cl i
esl (ravoir déplu à la Russie. L'impératrice al mont outrée contre lui de ses procédés and-roMi Courtaude, qu'elle a dit ces propres mots : « Le Boi France ne m'aurait pas fait ce que le dac de veut oser» (probablement donner la Gooriandti Prusse\
Je ne vois pas qu'en cet état nous eussions ai mieux à faire qu'à attendre ; notre jeune homme certainement une place là-bas. Si l'on veuty joiaiii titre {gratuit de consul, la permission de porter uniforme, et un brevet de capitaine, pour lui im plus de considération, il ne demande rieu antre cka et nous aurons dans ce pays une vedette inteUîgert zélée et incorruptible, qui peut, d'une part^ assakî nous instruire de ce qu'on peut savoir à ce poste, pour les affaires du Nord, et, de l'autre^ aider â relations de commerce.
Vous sentez qu'en deux jours il j a raremeat grands chang^emens. Comptons cependant pour nouvelle importante comme symptôme la co tion de la société maritime, pour laquelle Si s'est pris d'une manière plaisante, m Messieurs, dit aux marchands de Kœnigsberg et de la rien de plus beau que la liberté du commerce; il est juste que vous achetiez nos magasins de seL Oui. — Bon ; voilà un million deux cent qu'il nous faut bailler ; c'est vingt raille écus ataaà\ aux actionnaires pour le dix pour cent auqud soi sommes obliges ; car on ne peut pas, même poork bien public, blesser la foi privée. — Oui. — Boa';' par la même raison le cin(| pour cent décrété maxM^
DE LA COUR DE BERlIN.' 54 1
icaux actionnaires. -— Oiii. — A merveille^ meesienra; oais où est votre caution, ou du inoins où scmt vos Ékoyens ? — Nous ferons une compagne. •— Ah 1 une Gtompag^nie ! . . . Oh bien ! messieurs, compagnie pour Bompagnie^ pourquoi le roi ne prtférerait-il pas celle |ni existe?... » Tous les projets d'affiranchissement du commerce s'en iront de même en fumée, et ce qui est plus fatal encore, s'il est possible, on conclura de /impéritic de Tadministration actudle contre l'impos* ynbilité de changer l'ancien régime. Voilà ce que sont ies rois sans volonté ! Il est tel et mourra tel. L'autre ^lait tout âme ou tout esprit; celui-ci est tout corps. IJLes symptômes de son incapacité vont en s'àggra-gvant; c'est à peu près ce qu'on peut répéter chaque Jbis : ajoutez cependant un fait grave, selon moi> c'est jine des causes de la torpeur où sont plongées les at- ^feires du dedans, c'est la mésintelligence qui s'est in- ±troduite dans le ministère. Quatre minbtres sont contre deux, et le septième est neutre. MM. de 6au£ et de . Wcrder, qui ballottent le timon des finances, sont ' contrariés par MM. de Heinitz, d'Amim, de Sehuleu-* bourg, de Blumenthal. On accuse le pçemiar de ces ^ quatre de vouloir joindre le département des finances à celui des mines. En attendant, l'expéditimi des affaires est toujours à Welner, et l'impulsion du crédit à Bishopswerder.
Celui-ci s'est associé de bonne ou mauvaise foi i tm plan^ pour faire rentrer le prince Henri du moins dans les af^ires militaires. Dep j urs années il n'as-
sistait plus aux manœuvres. C dit que cette année, iion-seulemi>nt il y assistera, qu'on lui donnera
une espèce d'inspection G e négociation se
54a iiiSTOinc sBCifcTB
traite avec beaucoup de secret par lénd
dorf et le favori.
On reparle du mariage de mademoiseOe deToal est ceruiu du moins que Ton a aclieté toutes sMi bijou]i ; que Ion fait toutes sortes d'apprêts; qv sème le bruit d'un voyage... La plupart de ces sont tonues fort secrètes ; mais j'en snb parbii sûr; parce que je les tiens du côté de la Rietii fi fort intéressée à empêcher que cette union soit méM de certaines formalités^ et qui, par conséquent, num aguets ; mais j'ignore quelle forme on donnera s tfk existence, moitié conjugale, moitié concuhinaJKft que j'ai vu de mes yeux hier au soir, où j'ai soupétt le roi, c'est qu'ils ne se gênent plus pour se paders public. A propos de ce souper, le roi me dit Ut- (I Qui est un M. de Lazeau? — Dussauz peut-âit Sire? — Oui, Dussaux. -^ Un membre de notre demie des inscriptions. — Il m'a envoyé un biengnl livre sur le jeu. — Hélas! Sire, c'est à vous autres très de la terre à détruire le jeu. Nos livres n'y Serai! pas grand'chose. — Mais c'est qu'il m'embarrane;! me fait un compliment que je ne mérite point du — Il en est beaucoup, Sire, que vous êtes trop pour vous hâter de les mériter. — Il me félicite detf que j'ai détruit le loto : je voudrais bien que cela fil; mais cela n'est pas. — Ah ! Sire, c'est beaucoup ^i Votre Majesté le veuille. — A ce propos^ je vous îi sur cela un pardon, car c'est un des bons consdlsi certain manuscrit (je me suis prosterné) ; mais il firi bien que vous m'excusiez encore un peu ; il y a ^ fonds assignés sur ce vilain loto; l'école militaire, pi( exemple. — Sire, heureusement un déficit momentiii de cinquante mille écus n'est pas bien inquiétant potf
DE LA COtia DE lULIIt. tS0
j^e roi de l'aDirers le plus riche en nnoiénurti ^^ Oui ; mais les conventions? — Sire, il n'y ea a point de tîd* l^es là où l'on rembourse ou dMoramage de gré à grd : |pt puis on s'est taot servi du despotisme pour 1b nal'l ll^uaiid on s'en servirait aae 6hs pour le blan.i.<.-ui.' jjUit ab! vous vous réeoDcili«B doDo ua pen btCC le l^potisme? — Il le foal biea* Sire» dans aa peji où ^wae seule lête a quaire ceut mille brasi.^ » Il a ri un pea ^ûaisemeDt} ou est venu l'aveitir pour la eoraMie, et jjîela a fini là. . . Vous joym que, dans cette petite in», jiya encore quelque désir d'être loué.
■■ P. S. De Launay est parti cette nuit iacognîto. Je ^irois que vous désobligent très-^érieasement le cabî- ' Ihet de Berlin si vous ne le détoiuniez pas d'imprtmer,
^oime c'est son inlentioQ.