LETTRE LXVI
Du 19 janvier, jour de mon départ. Ceci ne partira <{ae demain, maU
doit arriver ayant mol.
Le comte de Schmettau, gentilhomme oemplaisaiit de la princesse Ferdinand, père indabilable de deux de ses enfans, avait quitté l'armée depuis huit ânoées; il l'avait quittée an milieu de k guerre, lâgri |iar m mot dédaigneux de Frédéric, et dans le j^rafde ûé capitaine. Il vient d'être nommé colonel avto qoinie cents écus de traitement. Getle nominaâm a dépla à l'armée, et singulièrement à VM/t-àt-Oêmp géd&iA dv Goltz, qui porte le hamaîs depuis Vklgt-dnq anl^ et n'est que lieutenant-colonel. Au reste, te ooMm Schmettau, qui a bien servi et reça force blemiret, M oianquepas d'intflMtgill>6't #^t»a|aioat iiMttib>|» de
56o HISTOinR SRr.RÈTB
connaissances (rinf^cnicur. Ua levé indnoakl A
de cartes fort estimées. On parle arec ây
d'tinc espèce de manuel militaire où il eii8eigie8| Te qu'il faut faire depuis la formation d'une recroe, j»| pi qu'au métier de feld-maréchal ; enfin on aurait Hf I &'i porté ce passe-droit; mais un autre a mis le oonlk au mécontentement. li
On a antidaté la patente d'un major de Sechenkdo4 i (gouverneur du second fils du roi^ qui se retirey da t lui a fait ga(];ner trente-six rangs. Cette daDgerw { méthode^ que Frédéric II n'employa jamais que dv a des occasions solennelles^ et pour des sujets distin|^ Z et que son successeur avait déjà pratiquée pov^ c comte deWartenslcben^ ne tend pas moins qu'a » i pandrc sur l'existence des grades militaires une sort t d'incertitude destructive de toute émulation : elle ci i d'ailleurs infiniment dangereuse sous un prince (aible^ t bien bizarre lorsqu'elle anticipe le règne^ et dans M \ les cas elle peut finir par ôter au roi mcmeuue de M plus grandes ressources^ le point d'honneur.
Il a déposé cinq cent mille écus à la caisse du wpt et en a remis le billet au porteur à mademoiselle de Voss. Ainsi^ quoi qu'il arrive^ elle aura toujours « moins quatre-vingt mille livres de rente^ outre lo diamans^ la vaisselle, les bijoux, les ameublemens, et la maison qu'on lui achète à Berlin^ maison de tt traite, car elle ne l'habitera pas. Son royal amant a imaginé lui-même toutes ces délicatesses ; et le résultat est que la fille la plus désintéressée a mieux arrange ses affaires que n'eût fait la plus habile coquette. U temps nous apprendra si son esprit se montera aa rang de sultane favorite. Les nouveaux impQts portent sur les cartes^ les tîb^
DE LA COUR DE BERLIN* 56l
le France^ le taffetas ëtranger^ les huîtres^ le café^ le ocre.... ; pitoyables ressources ! Comme on va à l'aveugle sur tous ces objets^ on les ûent dans une espèce d'obscurité ; il semble qu'on essaie plutôt qu'on l'exécute.
Aujourd'hui^ anniversaire du prince Henri^ le roi ni a &it présent d'une superbe boite éyiduée douze Qoille écus^ a étalé la vaisselle d'or^ et fait en un mot tout ce que faisait Frédéric n^ à. tous en excq>tez un iprand concert répété la veille dans sa chambre ; car il
I du temps pour tout^ si ce n'est pour les à&ires
Des bordels aux ailes ^ et je le baUraiJadUemetU au Tentre. Gare que ce mot de l'empereur ne soit une prophétie. Heureusement le prophète n'est pas redoutable. Je ne serais pas étonné cependant que tant de torpeur et de vileté ne l'animassent; mais s'il n'attend pas deux années^ au de£aiut de l'énergie du roi^ il trouvera celle de l'armée.
P. S. Le duc de Weimar est à May ence pour la nomination d'un coadjuteur^ à ce qu'on prétend ; mais comme il visite toutes les cours du Haut et Bas-Rhin^ il me semble qu'il serait bon de le surveiller.
PIN DE l'hISTOIIB SlOuhri Dl hk COUA OllIftUV.