‹ Œuvres de MirabeauChapitre 75 sur 79 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

EEMISE

A FREDERIC -GUmAUME II

DiR£|

Vous êtes roi!... Le jour est aimé où l)iai a toolo,

-vous confier le sort âfi pluneius mfllioDs d'honmes,

4tt le pouvoir de fsure de grands laens qa de gqqodi

inauxsurla terre. Le soeptre tous est remis à l'âge où

Ton est capable d'en porter le fardeau ; tous deves

être rassasié de jouissances rhlgaires^ tous avez usé

de tous les plaisirs^ un seul excq^.*.*. ; mfi$t ansii

c'est le plus grande le seul inépuisable : il vous était

interdit; il est en votre pouvoir f vous allea veiller sur

le bonheur des humains.

Yousparvenezau trône dans une heureuse époqcie}le nècle s'éclaire de jour en jour^ il a travaillé^ il travaille pour vousyil vous amasse des idées saines, il étend son influence sur votre nation^que tant decirconstances ont retardée. Une logique sévère juge de tout anjourdlmi; les hommes qui ne voient que leur sonfalable sous le manteau royal, et qui en exigent des vert», sont plus nombreux que jamais ; on ne peut plus se passer de leur sufiErage, et il ne reste à leurs /eus ip'on genre de gloire; loua les aotns sou ^^oiflé^

lV •

la trésors qn'ét i t Pmi m^i

bénédicUoiu du ri ^uc ùm jrw^, 1»

de l'Europe, les to k '*9^S bc>7C> jwK^ boD> et TOUS 1 -a heureux, tous wrex ^nnd.

Grand! re, tous TOud e ce titre ; nitii Tondrezde bo Vïâ eiceet decelledni

futurs. V le dé« i 'ez dans celle de tus

s, q T n ex ern , que TOns

so ) < ' ' P'^ ligner même la hm^ gn ère. t es ce qie le fils dsTsmaA

aura &it I j' ^ nùioz que Tom, S* et

que voiu avez fait u zction extraordinaire :i* dbémez à vos passio liront que vous/aitetV^

n vous prodiguez le sang de tob sojets coauaA; fies fleuves, ils diront que vous faites bien : si va fermez l'air, ils diront que vous faite» bien: à' tous vengez, tous si puissant ! ils diront

faites bien Ils l'ont dit quand Alexandre

Tresse déchira d'un coup de poignard le sein dll ami ; ils l'ont dit quand Néron assassiDa sa taère.

Mais TOUS, Sire, c'est du i miment intérieur deiM propre jastice, c'est de la c aTictiou éclairée bien&isauce que tous aTCz besoin. Votre sera Totre premier juge ; et votre peuple, FEimyi la postérité confinneront ses décrets. Il vous bâté cesBairement leur estime ; eh [ combien il vous usa die de l'obtenir! Si vous remplisseE infatigabloitf vos devoirs sans jamais remettre au lendemain Ici* deau du jour précédent; ta., par des principes gM^ et féconds, tous savez les amplifier et les meini' niveau des forces d'un homme ; râ tous donnez à f* sujets toute la liberté qu'ils peuvent porter j s rfi protégez tontes les propriétés ; si tous

A, TKtotan-mmMJMmE n. Sfjt

ntix utiles; si tous tStiytg 1«B pcdii oppeew wifci <pà ■MiB votre Dom vondrÙMit anpédtar Iw bomma da bire, pour leur amitage^m «pn loor eoimcnt lans ànire à autrui, un cri unanima bénira votre wasaôtif là rendra pliu sacrée^-^thn piiiBBMie> «t tout toi» devïetidraaiBé; car tontes la TfdotttétBtioiUetlMfarGCi pK léuniront à votre force et è TOOt Tofanué $ votre ^TBÎl acquerra chaque jour «ne nonvdlfr douceur. la patiue a rendu le travail nécambe A llmiune ï^^^Ue loi ^ donné aussi ce prédeox avantage que le duagemeat ia travail est tout ilafiûipo&r liri Tin dflannntnrinf et fma source de plaisin. Qu pi» aieéraent qu'an- ni ipeat vivre selon cet ordre do'b nattue? Ub pfaikHt^he M'ait : gu'az/cun homme n'étaà «HUti-mMigné-^un fi»i ; il devait (Ure ; gu'im roifiùttimU. tk\: oommen ^■nnui pourrait-il attàndra le soavenin qui veut fidre faa. métier? Ëntredendra-t-il jamusjnieiix la vigoeor ide son esprit et sa santé même qu'en se préservant par le travail du dégoût^ que doit éprouver tant lioamie de sens an milieu de ces diseurs de rienS} de ces artî> fans de fitstidicoees louanges, qui n'^ofentle pnBce |oe poor le oorrompn, rendormir et le fikmter?.»* l,eur seul art est de le rendre apathique et fùUe, otf mpatient, brusque et ioi^jJiqoé.;... YotH poiqde ouïra de vos vertus ? car il ^y a qa'dla qui pniwiiat ïonserver, améliorer son patiimoiDe^ Tw ooonisnii Cliveront vos dé&uti; Gare^estaDrenxHalsqMpeBrent porter leur crédit et leon a Sire, l'habitude, non moins < influe sur les hommes ; et le o l'habitude. Toilii pourquoi les prcaùan ■ r^ne sont si précieux; ou eu espéie (oui, et le plus Ugar «âon ^ NGOodft cette eepéraocelaei

A. FKAniMMi-^muMÈmn a. Srjt

vaux utiles; si tous efiMjrtt la peâtioppnMwiifei^ BOUS votre nom Tondmwit empédw û» faommet dé fiûre, pour leur avutageyoe «pn lonr coimeBt uu nuire à autrui, un cri nnanûne bénira votie autorité^ ia rendra pbi sacr^j'^ilya putisaBU) «t tont Tom denendraùeé; oartoottslaToloatéaaiianteikafatcei se réuniront k yttttt force ot è joot ToloiUé ; votn travail acquerra chaque jonr «ne nonrdledoocear. La nature a rendu ié travail nécBMra i FliDoiiDe; «Ue hû a donné anasi ce prëdmiK avantage qoa ioduageauBt de travail est inni A In frrii pnnr liri rni dfliiBUiiiiiiiH m une source de pUiàn. Qoi fhu aiaéoKart qu'on rai peut vivre selon cet ordredeiIanaïueP UBfJuloK^ihe a dit : gu'auaat homme n'étaù MuH.-^uu^-fl^wai roi ; il devait dire : qu'un n>ifoméaaU. £b \ oonuuwn i'ennni pourrait aitondre la aonvecain qui veut faàn sou métier? Ëntredendra-t-il janiaiB<mieoz la vignenr de son esprit et sa santé même qa'cn sa prénrvant par le travail du dégoût, que doit Jprotner tout hManu de sens an milieu de ces dûeiirs da riena, de cm artisans de fiistidieuBeB louanges, qni n'étudient le pnace que pour le oorrompro) l'endomôr et le fikmter?...! Leur seul art est de le rendre apathique et ftifale, oïl

impatient, brusque et îiiq>pliqné Tetce pecq^

jouira de vos vertus? earil n'y a qn'dki qd pniwiwt conserver, améliorer son patrimoine. Vw oonrttMM cnltiveront vos défauts; oarc^estinreiuciMlBqMpeBk vent porter leur crédit et leon e

Sire, l'habitude, non moins que 1 influe sur les hommes; eileo l'habitude. Voilà pourquoi 1 rigne sont si précieax; on eu es|)èrc tout, et le |)lus léger efibxt qoi gecoud* cette espcrauce la coolîrme, k

57a LETTRE REMISE

double, la centuple ; on s'affermit dans ramour è bien par le pbisir de Tavoir iait^ et celui que Fa veut £adre devient plus aisé par cdui qa'on a dqi é fectué.

Dr le commencement, Sire, dépend absolument de vous; ne prenez que de bonnes habitudes; n'en laiw point établir de frivoles autour de Votie MajeUt Qu'on voie en vous un homme applique et vérilabkment amoureux du bien public; tons vos miniiira^ tons vos courtisans travailleront aussitôt. L'émulattii des idées utiles naîtra, et produira infailliblement^ ques fruits. Elle vous servira du moins à juger la portée de l'esprit de ceux qui vous approchent ; elle peut qoé^ quefois réveiller ou même faire éclore une pensée bat reuse, et vous aurez tourné au bien de votre peopk jusqu'à ce penchant à la flatterie qu'on ne peut entièrement bannir deç cours.

Vous pouvez, dès le commencement, vous assurer la liberté d'esprit que demandent les grandes attdiffij en classant celles qui appartiennent à rautorité souveraine, et laissant à la magistrature et à l'admîm»' tration toutes celles qui peuvent et doivent finir av le lieu.

Plus d'un souverain estimable s'est rendu iucapabk de régnei' avec gloire, en se laissant écraser du sob des affaires privées. Pous vous. Sire, comme il votf convient de goui^erner toujours bien^ il est digne d^ vous de ne pas trop goui^emer. Pourquoi, dans le goU' vernement civil, montrer le pouvoir du roi, lorsque les affaires peuvent aller sans lui ? L'autorité une-fois établie, la sûreté au dehors assurée, la justice civile et criminelle distribuée sur des principes d'égalité entn toutes les classes des citoyens, et par conséqpoentltf

* dmw

Hiopriélés de tout genre ^mffisammeitt «^obI^m^ 1«» MMitributions jndicieiuetneBt;aBsûe>,l«i^Ciwraiix punies, les chemins, les canaux sagemeoi dii%é», qae «Bte-t>il à £aire an gouvernement ? Rien qu'à jouir du tavail des citoyens, qui, en fiûaant leoi» tAïns Knu lOtre protection ponr leur phs 'gnod iotérlt} font jflUes de l'État et les TÔtres.

ji .Le prince qui examinera s'il ne vimdrak pas mieaz ■user aller seules la plapart des choBea hoBubiai, un Jtl prince est encore à paraître, et c^est celni-4i oepeiH lant qui gouTemera, comme Dten, ptr le nuoàÂin le la raison et de l'intirét de chacun, en aanirant actt- [ament à tous le fruit de: leur ÎDidligeDce etde leur Viivail. Où les hommes ia»nt^lfli.pliu lilim,>li senle jku grand nombre, et là ami ils anvont le phu deonmission et d'attachement pour i'autcKÏtéj .car Taur- 'iimté est essentiellementamiede la liberté (pi'ellepTo* ége. Personne ne lui demande aatteofaose, ainon : c Faites en sorte qu'on me kôase libre et-euféb:.» ' Vous n'êtes sûrement pas â reconnaître, Sire, que la 'tireur des réglemens est ie caractère deB.pttits ee« itits, des hommes incapables de généraUaer, nooms ^dées timides, d'appréhensions ridjcules. CettB in- Dortante vérité vous indiquera les riiotitam ifmfmoB nrez à &ire, et comlûen voua guuvonierei snMntqiie vos prédécesseurs et vos émtdes «n gouTcmantmoiiH. XI est sans doute une foule de dtaees homM^ miles, nécessaires, urgentes même, qiAI Tinu.ettiiBpo«iMe fexécuter i l'instant. Non^seolement 3 init i^^vm» iea appreniez, que tous les coinbiiiie% qœTOw !«■ aiûrisslez ; car pourqucn MoiiiwnTOMrfigriaEo) fun autre.'' C'est une des plus fofis deviez vous défendre, 1

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de revenir sur vos pas. Le ma [v i qtfa

tré celui de vos émules qui ^^ ^ ^.«.dftchosayi plus nui a sa considération politique que Mi phs lomèi fieiules. Non«seulement donc il faut que tous ^frab quelles sont les choses à Caire; mais^ oe qui estj^A ficile> il laut que vous les e eigniez i rcB muÊm peut-être^ à votre peuple cer BÛnement. C?ast m pt parant les actes législatifr par la persosuioii qoefos arrivera^ Sire, sans secousses et presque sans okrtih des, aux opérations qui exigent des temps plnsesM et moins surchargés que les premiers w^inmff Ai nouveau règne. Mais il est des choses qae vous psee exécuter à Tmstant même^ et ^, donnant de ram^ plus haute opinion, vous feront recueillir les frniti Afh confiance, et vous faciliteront les grandes rëfbnneidBÉ votre règne doit être rempli.

Soufirez qu'un homme qui vous aime, psrdomi cette expression libre, mais profonde, sonffires qota homme qui vous aime pour le bien que vons poofS £adre, pour le grand exemple que vous ailes domicrà mal que Ton peut épargner, vons indique qnekpci' unes de ces choses qu'un seul acte de yotre voîoMi peut opérer, qui ne produiront que du Inen sus ai mélange d'inconvéniens, et feront des premiefs aomens de votre administration Faurore du règne le fta paternel qui ait jamais embelli la terre.

Au nombre de ces choses. Sire, et la premitess premier rang, je compte l'abolition de l'esclavage » Utaire, c'est-à-dire de l'obligation imposée dans voi Etats à tout homme de servir depuis l'âge de diz-lnit ans jusqu'à celui de soixante et plus, s'il le peut^ pott huit gros tous les cinq jours.

Cette a£&euse loi, née des nécessités d' i sièoli ds

A FRÉDÉaiC-GUIXkLAUME II. 5jS

sr et d'un pays à demi^-barbare^ cette loi qui dépeuple t dessèche votre royauDoe^ qui déshonore la partie la ilus nombreuse et la plus utile d'une nation sans lapielle vous et vos ancêtres n'auriez été que des esclaves dus ou moins décorés ; cette loi que vos ofiGuieits aggravent encore en levant plus d'hommes que la conscripion militaire ne le permet^ ne vous vaut pas un soldat le plus que ceux que vous auriez sans elle par une aug- ^lentation de paie dont vous trouverez facilement l'écolomie dans la juste réduction des ruineux enrôleurs jne Frédéric n entretenait dans les pays étrangers^ et MUT un arrangement sage pour recruter l'armée prus- ^enne d^une manière qui élève les âmes^ qui ajoute à "esprit public, qui ait les jbrmes de la liberté au lieu le celles de l'abrutissement et de l'esclavage.

Dans toute l'Europe, Sire, et chez vous plus qn'ail* eurs, on a eu la stupidité de laisser perdre un des jIus utiles instincts sur lequel puisse être fondé l'amour le la patrie. On a exigé des hommes d'aller à la guerre .x>mme de vils troupeaux à la boucherie, lorsqu'il n'y ivait rien de plus facile que de Eure pour eux du ser-* fice public un objet d'émulation et de gloire.

Vos sujets sont obligés de servir depuis l'âge de dixbuit ans jusqu'à celui de soixante, et regardent avec raison cet assujettissement comme une très-dure servitude. Il en est de même des milices en France^ qui, noins cruelles , y sont très-odieuses. Eh bien I les »uisses ont une obligation semblable qui commence Leux ans plus tôt ( dès l'âge de seize ans ) , et ib se •roient des hommes libres.

En effet, la confédération naturelle qui e \ \ icoyens d'un même Etat à re »i r 1 ^ n

^dre leur héritage et cdui de

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nifeste, et son exercice présente un tel attraituz jeBM (jensy qu il est inconcevable que la tyrannie ait pâte assez imbécile pour en faire un fardeau.

Donnez, Sire, à cette obligation une forme Hfaiea glorieuse, en la liant à Texercice de quelque Toloiité,i la nécessité de mériter quelque estime^ à un pdnt Shat neur, et votre armée sera encore mieux composée, d vos sujets se croiront et seront réellement soid^B d'un grand joug.

D'abord fieiites grâce des dix dernières annëesdeia^ vice. Les vieillards n'affaibliront pas votre armée. (^ vos paysans ensuite forment dans leurs paroisasèi compagnies nationales qui s'exerceront le ^jypffiA^ Que les compagnies nationales nomment entre dci des grenadiers, et que ce soit parmi ceux-ci ^^\ prenne les recrues de vos régimens. Ne les fûtes pv choisir par vos officiers^ ni par le mag^trat^ nuûsîli pluralité des voix de leurs camarades ; tout arintnîe se trouvera banni, tout choix deviendra une distOD* tion, et les paroisses répondant des soldats qu'elles tov auront fournis, et devant remplacer leurs grena£en^ lorsque ceux-ci seront partis pour l'armée^ vos tronps seront toujours au complet^ sans effort^ sans tjrannC) sans murmures.

Les rois, créateurs d'une puissance^ impatiens de jouir, ne se fient pas aux principes généreux ; ils cni* gnent que les hommes qu'ils appellent ne soient rebotb par les rigueurs des conunencemens. De là ces disciplines tyranniques par lesquelles ils pensent fixer sor leur sol les infortunés qui s'y trouvent. Il n'y a pfas de prétexte à cette erreur dans l'état actuel de votre royaume. H est temps de lui ôter ces formes repoitfsantés qui en éloignent les bons sujets ^ ou qn}- leur

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donnent envie d'en sortir^ bannissez donc toute contrainte qui nest pas nécessaire; et combien peu le sont ! celle-là du moins^ la plus odîipuse de toutes, ne Fest certainement plus. Au reste, et avant de vous décider à l'exécution d'un plan pour recruter l'armée, il faut considérer avec toute l'attention qu'il mérite celui du plus estimable de vos ministres , du baron de Hertzberg, qui à de vastes connaissances sur les plaies profondes de votre pays, et ses moyens de salut et de prospérité, joint au plus haut degré l'esprit public et l'amour de la gloire prussienne. Il prétend pouvoir recruter votre armée par elle-même, de manière, dit-il, à pourvoir aux besoins les plus exagérés de la politique la plus inquiète ; peut-être, et probablement, ce plan peut se combiner avec mes idées ; il est incontestable* ment un de ceux qu'on peut exécuter dès les premiers instans de votre règne. Mais faites-le précéder d'une loi d'affranchissement qui appellera sur vos opérations le concours de tous les suffrages et de tous les efforts. Ce n'est pas à un aussi honnête homme que vous. Sire, ( eh ! quel plus grand éloge à faire d'un roi ! ) qu'il est nécessaire de recommander, à l'égard des enrôlemens, l'observation religieuse de toutes les capitulations, si indignement violées sous vos prédécesseurs, et la pieuse rémunération des militaires distingués par de longs et fidèles services Hélas! Sire,

j'ai vu donner, sous les fenêtres de votre palais, l'aumône à des hommes qui versaient leur sang pour votre maison, quand vous suciez encore le lait de votre nourrice! Sans doute votre généreuse équité améliorera leur sort. Mais songez aussi au devoir, à la nécessité d'élever les enfans des soldats, qui périssent aujour^ d'hui de la manière la plus déplorable, dans la maison vm. 37

doB orphetios de Postdam, où ] ds ^MM i flont entassés ; rhumanite Youa impiortt pour ces m yictimesy et la polîûque prévoyante^ qui dît Ciop < de longtemps les Éuu prussiens ne Mmnaibui de la nécessité d'avoir une grande ênith, yom nu assez le prix dont ces cnians sont pour Tona.

On doit être heureux dans vos Étale, Sise; dsi la liberté de s'expatrier à quiconque n'est pas n d'une manière légale par des obligations partioaSi donnez par un édît formel cette liberté* C'ett m là une de ces lois d'étemelle équité , cjue hl des choses appelle^ qui vous fiera un honneurs! et ne vous coûtera pas la privation la plus légers; votre peuple ne pourrait aller chercher aiUeaa meilleur sort que celui qu'il dépend de tous d donner ; et s'il pouvait être mieux ailleurs, tos pi bitions de sortie ne l'arrêteraient pas. Laisses oa à ces puissances qui ont voulu £sire de leurs ÉtaM prison, comme si ce n'était pas le mojren d'en n le séjour odieux. Les lois les plus tjranniqaes su émigrations n'ont jamais eu d'autre effet que de p ser le peuple à émigrer^ contre le vqbu de la nal le plus impérieux de tous, peut-être, qui Tattad son pays. Le Lapon chérit le climat sauvage où i né. Comment l'habitant des provinces qn'éclain ciel plus doux penserait-il à les quitter, si une m

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n'est qu'avec un cœur révolté. L'homme ne tient pai i par des racines à la terre ; ainsi il n'appartient pas au ! sol. L'homme n'est pas un champs un pré^ un bétail} ! ainsi il ne saurait être une propriété « L'homme a le I sentiment intérieur de ces vérités simples ; ainsi l'on I ne saurait lui persuader que ses chefs aient le droit de I Venchaîner à la glèbe. Tous les pouvoirs se réuniraient I en vain pour lui inculquer cette infâme docurine. Le E temps n'est pins où les maîtres de la terre pouvaient par- I 1er au nom de Dieu ^ si mé me ce temps a jamais existé « Le I lang^age de la justice et de la raison est le seul qui puisse f avoir un succès durable aujourd'hui ; et les princes ne sauraient trop penser que l'Amérique anglaise ordonne j à tous les gouvernemens d'être justes et sages, s'ik n'ont résolu de ne dominer bientôt que sur des déserts.

Abolissez^ Sire, les traites foraines, les droits d'aubaine envers toutes les nations : que vous rapportent ces restes de la barbarie féodale ? N'attendez pas, pour les anéantir , un système de réciprocité, qui n'a jamais d'autre effet que de retenir les peuples dans un plus long état de déraison et de guerre. Ce qui est bon à faire pour la prospérité d'un pays n'a pas besoin de réciprocité : les objections de ce genre sont les argud'une sotte vanité . Si un État perd à ce que dans un autre on tyrannise les hompies et les propriétés, c'est à son gouvernement à se hâter de mettre fin chez lui à ces Âinestes mécomptes, puisque ce sont eux qui ont forcé ses sujets à chercher fortune ailleurs, et que ce sont eux encore qui les font hésiter a venir déposer les fruits de leur industrie sur le sol qui reçut leur berceau. Ne faut-il pas que quelqu'un commence? Combien n'est-41 pas noble et digne d'un roi de corn mencer le premier dans une chose juste et honnête ? £h l qui plus que V0US| Sir6|

58o LETTRE REMISE

dont les m\t\s commcrçans un peu aisés n'ont pa Cûe fortune qu'en pays éiran{];cr8, a intérêt de donner Fexe» pie de raboUiion d'une exaction si atroce ? L'Ao^ terre ot la Hollande ont-elles attendu ponr y renonoer envers vous que vous y renonçassiez envers elle !

Une des plus ur{;cntes opérations qui appelle toi re{;ardsy et qu'un seul mot peut encore exécuter, c'ot une loi pour rendre aux bour{;eois la liberté d'acquérir les terres nobles avec tous les droits qui y sont ih tachés. On a poussé l'observation de Tétrange déad qui la leur ravit jusqu'à cette inique démence imi une terre noble vient à être vendue pour detta,ct qu'un bourgeois veuille satisfaire aux créancien^s abandonnant en outre une certaine somme au délntea) on ne peut le lui permettre sans un ordre exprès dura; le plus souvent cet ordre a été refusé par votre prédécesseur^ et le noble qui faisait perdre les créancierB| tt laissait sans ressource le débiteur, avait la préfârence. Qu'est-il résulté de cet absurde régime? avilissemenl du prix des terres, c'est-à-dire de la première richene de l'État, au très-grand désavantage des nobles qui la possèdent; dépérissement de la culture, déjà découragée par tant d'autres causes ; manque de crédit ponr les gentilshommes; aggravation du terrible prgngé qui mutile la bourgeoisie et qui hébète la noblesse^ es faisant de ses droits honorifiques une source de considération exclusive qui la dispense d'en acquérir nue autre; enfin, nécessité absolue de s'expatrier^ ponr les roturiers qui ont acquis quelques capitaux^ et qui ne peuvent les employer ni dans le commerce^ qu'étouffent les monopoles, ni dans l'agriculture, qui ne les ad^ met point à l'espérance de devenir propriétaires. Et en effet, le Mecklenbourg n'est-il pas rempli de marchandii

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de Steltin, de Kœnigsberg, etc., qui ont employé lesprofits que leur a valu la dernière guerre maritime à l'achat des terres de la noblesse ruinée de ce pays ? Ce serait là, Sire, une très-grande perte pour vous, si le MecUenbourg devait vous être toujours étranger; c'en serait une incalculable qu'un tel ordre de choses subsistât. Une observation qui n'a pu échapper aux voyageurs attentifs, c'est que les commerçans heureux aiment à se délasser dans les soins de l'agriculture. La terre la plus aride se fertilise entre leurs mains ; ils y prodiguent les avances, ils y portent cet esprit d'ordre, de détail et de prévoyance qui les enrichit dans leur commerce. Partout où la bourgeoisie peut acquérir, partout où le commerce est en honneur, le pays devient riant ; il offre l'aspect de l'abondance et de la prospérité. L'industrie commerçante éveille toutes les autres; et la terre aussi demande ces procédés ingénieux qui animent la végétation et l'étendent sur le sol le plus ingrat. Sire, veuillez l'observer ; ces procédés n'ont jamais été inventés dans les pays à noblesse. Nous les devons aux constitutions où la naissance illustre disparait devant le mérite et les talens.

Abolissez, Sire, ces prérogatives insensées qui remplissent de grandes places d'hommes médiocres, pour ne pas dire pis, et désintéressent le plus grand nombre de vos sujets sur un pays où ils ne trouvent qu'entraves et humiliations. Méfiez-vous, ah ! méfiez-vous de cette aristocratie universelle, fléau des Etats monarchiques, encore plus que des Etats républicains, et qui, d'une extrémité du globe à l'autre, opprime l'espèce humaine : l'intérêt du monarque le plus absolu est tout entier dans les maximes populaires. Ce ne sont pas les rois que ces peuples appréhendent et i

589 UTTIIE RCMIM

soni leurs ministres, leurs cour ut aokla,

raristocratie en un mot. Si le roi sa^ait^ ^teouils. Ib invoquent toujours Tautorité royale^ el wùvX tonjon prêts à lui donner main-forte contre raristocratifi. Jk\ d'oii vient la forco du princci si ce n'est du peuple 7 a sûreté personnelle, si ce n'est du peuple? sa xiclMMi sa splendeur, si ce n'est du peuple ? les bénédiGâoii^ qui seules peuvent lui faire sentir la présence du b» licur^ si ce n'est du peuple ? Et qui sont les enncmiiè prince, si ce ne sont les (prands, les aristocraiei, ffli voudraient que le roi ne fût parmi eux que Impnm entre égaux y et qui, partout où ils Font pu^ ne Uet laissé de prééminence que celle du rang^ se téssut celle du pouvoir? Par quelle étrange erreur fiaulnlfB les rois avilissent leurs amis, et les livrent à leus csnemis ? Le peuple a l'intérêt, il a la volonté qu'en * trompe jamais le prince. Les grands ont l'intéicèt SI h volonté contraires. Le peuple est aisé à contentv;! donne et ne demande point : empêchez que ks ssA titrés ne pèsent sur lui ; laissez ouverte la carrièvsqa lui montra l'Être suprême en le créant ; il ne nnnsirera point. Eh 1 quel prince parviendrait à ocxDteattrk noble, le riche, le grand? Cessent-ils de deiàaadff? cesseront-ils jamais ? Sire, l'égalité de droits entrecia qui soutiennent le trône en est le plus fermio smsl Les changemens à faire en ce genre ne pen^reat k/t prompts ; mais il en est un qu'on ne saurait trop ktia: que dans la hiérarchie du gouvernement^ sur ks dsgifc qui approchent du trône^ les grands ne puissent tf^ rêter personne par leurs prérogatives, qu'ils aenlsatli nécessité du mériie égal pour obtenir la préCfaoos; vous les élèverez au niveau de leur rang. Faites ouvertement la gutf re au pK^éjisgé

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une si grande distance entre les fonctions militaires et les fonctions civiles. Ce préjugé^ sous un prince faible, que votre maison^ comme toute autre, peut produire en&n^ exposerait le pays, le trône même, à toutes les convulsions de l'anarchie prétorienne. C'est devant Tennemi, Sire, que l'officier, que le soldat doivent montrer l'orgueil ; mais ils ne sont que les frères du bourgeois ; et s^'ûs sont les frères défenseurs, ils sont aussi les frères stipendiés. Dans un Etat tel que le vôtre, il est possible que le militaire doive avoir la première considération ; mais il ne faut pas qu'il en ait une exclusive i ou vous aurez une armée, et vous n'aurez jamais un royaume. Que les officiers civils soient plus considérés qu'ils ne l'ont été sous votre prédécesseur. Rien n'est plus juste et plus facile. Le prince qui dent le sceptre des opinions peut les diriger par les atténuons les plus simples. Frédéric II a eu la manie de ne jamais quitter l'uniforme, comme s'il n'était le roi que des soldats! et ce costume légionnaire n'a pas peu contribué à décréditer les officiers civils. Comment n'at-il pas senti qu'il est à jamais impossible au gouvernement de rendre estimables des hommes auxquels il ne veut point montrer d'estime ? Il ne réussira pas mieux à rendre incorruptibles ceux auxquels il n'assurera pas une indépendance pécuniaire. Que les officiers civils soient mieux payés, et n'oubliez jamais. Sire, que mal payer est une mauvaise économie. JTen atteste entre mille exemples les énormes péculati qu'ont commis chez vous, depuis quelques années, les adminisftrateurs des caisses publiques. Par une inconséquence très-importante dans ses suites, on a montré trop de mépris pour la classe des gras de finances, et 1 on a puni trop légèrement ceux qui onl été convamcos des

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