VIII. la
l^B ESSAI
le faire esiimer plus grande mais le font haïr et craindre aux voisins^ qui pour rien ne voudraient être sous sa seigneurie ; et même aucuns du royaume s'en passeraient bien , qui en tiennent; mais si notre roi ou ceux qui veulent Félever ou agrandir disaient : u Tai des sun jets si bons et si loyaux, qu'ils ne refusent chose que » je leur demande, et je suis plus craint, obéi et servi I) de mes sujets que nul auire prince qui vive sur la » terre, et qui plus patiemment endurent tous maux » et toutes rudesses, et à qui moins il souvient de leurs I) dommages passés ; » il me semble que cela lui serait grand los, et en dis la vérité, que non pas de dire : « Je » prends ce que je veux et en ai le privilège; il le me » faut bien garder. » Le roi Charles-Quint^ ne le disait pas : aussi, ne Tai-je point ouï dire aux rois; mais je l'ai bien ouï dire à aucuns de leurs serviteurs^ auxquels il semblait qu'ils faisaient bien la besogne : mais^ selon mon avis, ils méprenaient envers leur seigneur, et ne le disaient que pour faire les bons valets, et aussi qu'ils ne savaient ce qu'ils disaient.
» Et pour parler de l'expérience de la bonté des Français, ne faut alléguer de notre temps que les trois états tenus à Tours, après le décès de notre bon maître le roi Louis IX (à qui Dieu fasse pardon), qui fut r'an i483. « L'on pouvait estimer lorsque cette bonne I» assemblée était dangereuse et disaient quelques-uns M de petite condition et de petite vertu, et ont dit plu- » sieurs fois depuis, que c'est un crime de lèze-ma- «jeslé que de parler d'assembler les états, et que D c'est pour diminuer l'autorité du roi, cl ce sont ceux » qui commettent ce crime envers Dieu et le roi et la
» Charles V de France.
» chose publique ; » mais servaient ces paroles, et servent à ceux qui sont en autorité et crédit, sans en rien Tavoir mérité.
» Est-ce donc sur de tels sujets que le roi doit alléguer privilège de vouloir prendre à son plaisir, qui «i libéralement lui donnent? Ne serail-il pas juste envers Dieu et le monde de lever par cette forme que par volonté désordonnée ? (c car nul prince ne le peut autre- }} ment lever que par octroi, comme je l'ai dit, si ce » n'est par tyrannie et qu'il ait excuse K »
Qu'on juge, par ce beau fragment, de l'amour des Français pour leurs rois, dans les temps où ils osaieat parler avec autant de hardiesse.
Pourquoi redouter un peuple susceptible de force ? Me serait-il pas plus avantageux de mériter son adec^ ûon ? LTionmie n'est pas méchant, quand une instittition soperstitiease, ou un gouvernement tjrrannique ne lui donnent pas l'exemple de la férocité, et ne loi laissent pas pour molHle la crainte, et pour toote pasaîon la cupidité,
LarKjo' une administration despotique a corrompa et dénaturé Ie:§ hommes, ils peovent devenir le» phti dangereux et les plus insatiables animaux destmctettri» Tel qui ramp^ «oos Flnquifition se signala par fcs for- (aiià d^uQii le >oaveao-)Ionde^. De mhaty dans les Étais
• poc nom»*, ny. w*i;.« ihnram. ^ 'Tsxr^timsmc ds $ £i*mj^ #«*»*r «r !•
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on Tanardâîe. rcr^- iz}hi'^lj!tt gz ésspoùamt^j s*cst totJC^dJi^. 4«:f Lomm^ on-ieiiiifSit des bètes fianeoses, jpts jiToî: ^it ce^ e<:]ar&. Cesi 2Î\ars F^oqne des Saiat'Bjiniiél^izû. d^ Poltrc4 de Mtre, des Jjc^ms Cle-
Haas il {aut dlsd&^er chez le^ hommes le canctère aoqok des penchaiis catcrek ; dous sommes de tous ki ètree les plus susceptibles de modifications el surtout de pasâons extrêmes. Un penple esdare est toujours vil ; il peut être méchant et cme!, car il est aigri^ fombre et ignorant ; et quand llnstmctioB ne serait pas le seul rempart de la liberté contre la tjrannie^ elle serait toujours la preoûère sauTcgaide de rhomme
tt de camagCy qû rirmt sans éioaDOBait les proSçm ^màmOxit cTon peaple alon plu cîrilise qoe notre Earope ne récail àamt cet tcaps saovaines, crojaueot «ans doate que les inlortimés Mexicains ■Molaâcnt anatlMme, parce qae leurs prêtres offraient â leurs (fieiix des jjutfccs de mai; bamain. Les iaqabitears espagnols n'ëtaient-ils pns pins cnaînels qnoKi ils jotgoaient aox pratiques d^ane superstition ansB cincllc l*uiiérèt de leur cupidité ^ puisque le bien de leur rictime àaii confisqué à leor profit, tandis qae les prêtres mexic^aiDs n^ étaient dn Boins que des fanatiques ?
Il serait difficile d'imaginer, si cet ouvrage n^existût pas, qa^nn bomme mt pu publier un livre tel que celui de Sepalycda, dont voict le titre : « Démocrates sccoodos : an licet beilo Indos prosequi, ei offerendo do- » minia possesslonesqoe et booa temporalia, et occidendo eos, si resis- » tentiam opposuerint, ut, sic spoliati et subjecti, lacilios eîs snadeatar » fides? »
t L'existence des hommes opprimés par le despotisme serait trop af« Creuse si Tanarcbie ne lui saccédait pas ; car c'est elle qui le renverse, et c^est dans son sein que germent les révolutions qui régénèrent la société et vengent les hommes.
Ainsi tout semble suivre dans Tordre des choses humaines une révolution constante, et nous retraçons sans cesse la circonférence du cercle dans lequel nous sommes circonscrits. L'on n pourrait approprier aux y* hommes, dit Etienne Pasquier, ce que le commun peuple dit des matn ions nobles, qu'elles sont cent ans bannières et cent ans civières. »
ha prospérité naît sous les pas de la liberté. On abuse de cette prospé^ rit^f et lu servitude lui succède bieutôt j la servitude^ parvenue an dernier i)ériode, amène une révolution qui redonne la liberté^ etc. Le branle du Ponêiin cet une idée sublime ; elle peut s'étendre à tout.
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contre rhomme ^; mais l'esclave est un homme mudlé. L'homme est fait pour la liberté comme pour l'air qu'il respire. Un maillot trop resserré estropie l'enfant auquel la nature destinait peut-être les plus belles proportions. De même, un gouvernement arbitraire altère toutes les facultés morales. Laissez l'homme libre, rendez-le heureux, et fiez-vous à lui pour vous récompenser du mérite d'être juste.
Oh ! combien est méprisable un grand méprisé ! puisque tant d'illusions concourent à nous masquer ses vices ; puisque les hommes sont naturellement portés à savoir gré des actions honnêtes les plus simples à ceux qui sont revêtus du pouvoir de faire le bien et le mal !
Quand le peuple est libre, il est moins mauvais juge qu'on ne croit communément. Quand il est esclave^ il jage comme on le fait juger. Les hommes ne se sontils pas fût, dans tous les temps, des divinités de ce qui leur fut utile? Moritasgus, Verjugodomnus, Beladucra dus, Hogodus, Endovellicus furent déifiés par les agrestes Gaulois y c'étaient des fondateurs de sociétés, et la bienveillance des hommes a donné, dans tous les temps^ l'immortalité à leurs bienfaiteurs*. Un Flaccus, un Verres, se firent décerner les honneurs divins en Grèce, en Asie; mais ils furent la terreur de leurs contemporains, conmie ils sont l'exécration de la postérité.
Les méchans calomnient le plus souvent les hommes quand ils déclament contre leur injustice. Nous sommes tous, ou presque tous équitables, lorsque nous apprécions les actions de nos semblables. Nous allons nata-
' El c'est préclfiémeut la même rauoa qoi fait qoe rioslraction est le seul frein des tjrans.
* Cicéron dit au peuple romaio, en parlant de Romulus : « Ad deoc immorlalea benerolentia lamaqoe susloliiiias. » ( 3* CatiL)
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SUR LE DESPOTISME. l83
excité et encouragé rinslruction, et regardé l'ignorance comme le plus grand des malheurs pour les princes, aussi bien que pour les sujets. Les obstacles apportés à l'instruction, les prohibitions qui gênent les presses et la publication des écrits publics, sont les premières armes du despote, et celles dont l'effet est le plus cruel à la liberté. Tibère fut le premier despote romain qui osa hasarder cet acte de tyrannie ^ . Gritias ^, avant lui, avait promulgué à Athènes une loi par laquelle il était défendu d'enseigner dans cette ville Y art de raisonner. On sait qu'Edouard P'^ fit condamner et exécuter tous les poètes gaulois après la conquête du pays de Galles, de peur que la tradition poétique de son ancienne indépendance n'enflammât ce pauvre peuple du désir de la recouvrer.
Cette politique, qui interdit la liberté d'écrire et de publier ses pensées, est aussi mauvaise comme politi^ que qu'elle est barbare comme loi. Elle est mauvaise ^ parce qu'elle doit inspirer la plus grande méfiance contre les intentions du gouvernement ; parce qu'elle doit établir entre le peuple et ses chefs la confusion de la tour de Babel ; parce qu'elle rend inévitables les fautes des ministres y qui ne sont ni éclairés, ni conseillés, ni redressés, et qui ne craignent ni la critique, ni les plaintes, ni le jugement sévère de l'opinion publique, qui ne peut plus se manifester.
Les lois des douze Tables furent exposées un an
» « Cornelio Cosso, Asinio Agrippa Coss. CremuUus Cordus poslulau lur, novo ac tain primara audito crimine, quod editis annalibus, laaj> datoque M. Brnto, C. Cassium Romanorum ultimuna dUissct. m Crémuiius, dans le discours de défense qu'il tinl en plein se'nal, elque Tacite noua a conserve, dil: « Marci Cicerouis libro, qui Catonera cœlo aequa- )* vit, quid aliud dictalor Cœsar, quam rcscripla oralioue, vclut apud ju- » dicrs respondil? »
» L'un des trenif^ tyrans qucLysandrc clablilà Athènes
lft4 ESSAJ
entier aux yeux de tous avant d'être promulguées : tous les accueillirent et les respectèrent.
Cette politique est barbare ; car comment qualifier autrement la constitution d'un État où le roi peut toujours faire la guerre à la nation^ sans que la nation puisse jamais être instruite de ses droits, des injustices qu'elle endure, des vexations dont elle est la proie, sans qu'il soit possible de se plaindre des ministres, de détromper le maître, de lui lier les mains s'il devient un tyran?
Qu'est-ce qu'une constitution où les satellites du despote peuvent toujours séduire et tromper une partie des citoyens, tandis qu'il n'est jamais permis à leurs compatriotes éclairés de les détromper ?
Qu'est-ce qu'un gouvernement où l'on tient pour maxime, et pour ainsi dire pour loi, « que toute règle, » toute forme, toute représentation, tous droits s'anéan- » tissent à l'arrivée du prince » (adveniente principe cessât magistratus ^ ), et où personne n'a le courage et le pouvoir de dévoiler et de renverser celte maxime, aussi dangereuse et effrayante qu'elle est absurde et ridicule? Il serait incroyable qu'elle fut admise dans un pays sorti de la barbarie, si les rois de France n'avaient pas usé en mille occasions de cette étrange prérogative. Il ne leur restait plus à faire que ce qu'ils ont fait ; c'était d'anéantir la magistrature, ou, ce qui est plus tyrannique et plus dangereux encore, s'il est possible, c'était de V avilir. C'est assurément ici la place de dire un mol de cet acte d'autorité formidable.
A l'époque de la destruction des parlemens, de cette singulière révolution, qui s'est faite pour ainsi dire
> Encyclop., art. Lit de justice.
SUR LE DESPOTISME. l8S
d'elle-même^ et qui n'a coûté à celui qui en a paru l'auteur que la peme de recueillir le finait du long esclavage des Français ; à cette époque, dis-je, beaucoup d'étrangers ^ ont applaudi A ce que l'on appelait improprement le noui^eau système; et cela n'est pas étonnant.
Us n'ont vu dans ce changement que l'abolition do la vénalité des charges (abus presque intolérable aux yeux de la raison, dont l'exemple unique se trouvait en France), et l'établissement de hi ]\xs>(\ct prétendue gratuite; illusion grossière, dont le méprisable Maupeou a voulu leurrer la nation, quoique le manque de moyens et sa sordide cupidité ne lui aient pas permis de la tromper long-temps^.
Peu d'étrangers connaissent à fond la constitution française, parfaitement ignorée de presque tous les Français'^ peu d'étrangers savaient qu'au premier soupçon que la nécessité de la distribution de la justice gratuite servirait de prétexte au chancelier, les parlemens l'avaient offerte; personne n*a pensé que l'aboli-
' Je ne parle que des étrangers; car les partisans français de ces noovcaux e'tablissemens ne l'étaient que par ignorance, fanatisme, esprit d'intérêt ou de vengeance, et ils ne sont pas dignes qo^on fasse mention d'eox.
> C'est bien de laiqa'on a pn dire : « Non tam commotandamm qaam i} cverteodarum rerum cupidus. » (Cicek., de Off., lib. ii, c. i.)
3 Pas on seul historien français n'est satisfaisant à cet égard, et n'a,
poar ainsi dire, effleuré cette matière. TiU^Liue, Salluste, Tacite^ Ce'
5ar lui-même, encadraient sans cesse dans l'histoire des faits celle des
lois et des usages \ etnos annalistes craindraien t d'afficher le pédantisme de
la jurisprodenrc s'ils prenaient la même peine; mais cela même tient encore
ù In liberté. Tout tiioyen à Rome, tant qu'elle fut libre, avait droit d'ê^
ir(! instruit de ce qui Tiotéressait; nul n'était taxé sans savoir sous quelle
forme, d après quel calcul, et pour qnel emploi; oui ne subissait un ju-
qrment sans corinaitre les lois d'après lesquelles il serait rendu. Des hom*
mes pubsans poavaient et devaient sans cesse réclamer pour le peuple;
el celle réclamation ne pouvait jamab être éludée. Nulle partie de l'ad'
minislration u'eiait voilée. L'autorité qui s'avance au despotisme cherche
à lout dérober, et son premier soin est de tout désunir.
l86 ESSAI
tion de la vénalité des charges n'avait pas été même mise en délibération.
Mais ce que tout homme éclairé devait sentir^ c'était la violation manifeste et authentique d'un si grand nombre de propriétés. Or toutes les propriétés se tien* nent inséparablement comme les chaînons d'une même chaîne, et sont également sacrées : celui qui en attaque une est l'ennemi public, car par cela même il les attaque toutes.
Il ne naît pas en quatre siècles quatre honoutnes capables de prévoir jusqu'où peuvent aller les innovations; d'où l'on- doit conclure que les changemens ou les nouveaux établissemens constitutifs sont rarement sans danger.
Mais il n'était pas difficile de prévoir que des hommes, presque tous désintéressés de la chose publique, assez vils pour dépouiller leurs compatriotes % et pour s'imposer le devoir effrayant de décider sur les propriétés et la vie des citoyens, sans avoir jamais étudié les lois ^, pourvus d'une existence fragile, précaire, avilie ; que des hommes gagés par la cour, esclaves très-rampans du roi, ou, ce qui est pis encore, de son chancelier, n'auraient pas le courage de lutter contre les coups d'autorité, et d'instruire la nation par leur résistance ; que, quand ils auraient ce courage, ils n'en auraient ni le droit ni le pouvoir, par la raison que je renvoie mon valet lorsqu'il me désobéit.
Oh! que le judicieux et pénétrant Philippe de Comi-
' Quis aotem amicior qaam fratcr fratri, aut quem alienum fîdum înve- »iiies, si tuishostis fuerls. » (Sallust., Jugurt.)
* Cestà rëreclion de ces nouveaux juges qu'on a pu dire avec Tacilc que « la république était aussi tourmentée par les lois mêmes qu'elle l'é- » tait auparavant par les vices. » Usque antehacflagitUs^ tune legibus la' borabatur. ( Ann., lib. m.)
nés semble bien avoir lu dans Tatenir qnand il a dit ^ : tt Le prince tombe en telle indignation envers notlfè' }} Seigneur, qu'il fait les compagnies et conseils des » sages, et en élève de tous neufs y mal sages yjnalrai^ }) sonnableSj violens, flatteurs y qui lui plaisent, à ce » qu'il dit ; sHl veut imposer un denier ^ ils disent » deux; s'il menace un homme ^ ils disent qu'il /aùt » le pendre y et de toute autre chose le semblable, éi
» que surtout il se fasse craindre Ceux que tdbf
» princes auront ainsi avec ce conseil chassé et dé- » bouté, et qui, par longues années, auront servi, 61 » ont accointance et amitié en la terre, sont mal con- » tens, et à leur occasion quelques autres de leurs » amis et bienveillans ; et par aventure on les voudi^' » tant presser, qu'ils seront contraints à se défendre^ » ou de fuir vers quelques petits voisins, et ainsi par ju division de ceux de dedans le pays, y entreront cetuC » du dehors. »
La première de ces prophéties se vérifie depuis long^ temps ; la seconde aura son tour.
La plus grande partie des Français gémirait encore de ce prétendu malheur, tant la nation est fidèle et constante, et tant les liens de l'opinion sont difficiles à dissoudre.
Pour moi, citoyen du monde, fi'ère de tons les hommes, fidèle sujet des bons rois^, ennemi de tous les tyrans, j'envisagerai ce spectacle avec indifférence, si
> ( Mëm.^ lib. v, cap. xix, ëdit. 1747*) On trouvera quelque chose de plus frappant encore, par Tapplication qu^on en peut faire aux soi-disant nouveaux parlemens, dans un manifeste de CharW VU, encore dauphin, alors à Poitiers, avec le reste du vrai parlement; il y exhale les vérités les plus dures contre le nouveau parlement éri^é par Isabcau de Bavière. (Voyez Froissart.)
> Neque enim salis amarcnthonos principes qui malossatis nonoderint, »' disait Pline à Trajan; et dans un autre endroit: « Sds nt sont divenK'
les Français ne font que changer de maître; j'en serai témoin avec joie^ si leur sort doit être meilleur : « Or^ » après un règne despotique^ le meilleur jour est le N premier ^ » Je n'ai d'autre intérêt que celui de la vérité ; je n'ai d'autre occupation que celle de la publier. La persécution ne m'effraie pas^ car la fortune et la faveur ne sauraient me séduire ; je ne voudrais pas que ma nation méritât le reproche que Tibère faisait aux Romains ^^ et que nos princes eussent plus à se plaindre de la bassesse de leurs sujets^ que les sujets de la répugnance que leurs princes ont à entendre la vérité.
Je l'ai dite telle que je la savais, telle que je la voyais. Puissé-je inspirer à des citoyens plus habiles et plus éloquens que moi le courage nécessaire pour apprendre à leurs compatriotes que chacun d'eux n'est en société que pour retirer de cette association son plus grand avantage ; qu'un roi, chef de la société, n'est institué que par elle et pour elle ; que tout souverain qui se dit tel, par la grâce de Dieu^y ressemble à Xerces enchaînant les mers^, ou frappant de veiges le mont Athos, s'il opprime son peuple, et que ce peuple se soulève ; car Dieu ne saurait être que le juge inexorable et terrible des tyrans ; que si l'Hercule de la fable, ou le Samson de l'histoire sacrée existaient , et
)> Dotura dominatio et priacipatus, ila non aliis esse principem gratiorem, » quam qui maxime dominum gruveotur. »
t Optimus est post malum principem dies primus. (Tacit., Ilisl.)
a O Iiomines ad servitutcm paratos l (Tacit.)
3 Cliarlemagnc fut le premier qui employa ces mots : gratia Dei rex, il eût c'té noble, juste et digne de ce grand homme d'ajouter : et consensu popnlorum.
4 Le célèbre Canut, le plus puissant prince de son temps, se laissa mouiller par les vagues de la mer, aux yeux des flatteurs qui vantaient sa puissance iU|a^Uçe : belle leçon pour Torgueildes humains.
qa'nn pouvoir finrnaturel les rendît invulnérables^ la force suffirait peut-être aux tyrans ; mais que la force la plus prddlgieuse^ succombant sous Teffort d'un très^ petit nombre d'hommes, chacun de nous^ depuis le plus superbe potentat jusqu'au dernier individu de la société^ a besoin du laboureur^ qui sème et recueille^ et de tous les hommes ses semblables^ qui l'aideront s'ils en sont aidés ; qu'aucun homme n'a droit d'opprimer un autre homme; car aucun ne voudrait être opprimé ; et si l'on tire un droit de la force^ un autre plus fort pooiirà toujours revendiquer le même droit ; que le citoyen peut et doit défendre sa liberté avec courage et opiniâtreté; que celui même qui la défendrait avec frénésie ne serait pas plus coupable que celui qui se précipiterait avec rage sur le ravisseur de sa femme et de ses enCans^ sur l'assassin qui en voudrait à sa vie ; car l'une et l'autre défense sont pour lui les plus sacrés des devoirs ; que l'homme n'a pas le droit d'apprécier pour un autre homme le prix de la liberté^ ou le poids de la servitude^; mais qu'il doit toujours assistance à son semblable^ pour recouvrer celle-là^ et briser celleci ; car son intérêt et la nature lui en imposent égale-* ment le devoir ; que celui qui regarde avec indifférence l'intérêt général de la société renonce à la protection de la société ; que celui qui n'aide pas ses semblables renonce à en être aidé^ qu'il s'isole au milieu du monde; que « les hommes ne doivent plus reconnaître^ une
' a Noas craignons la mort et Texil, disait Cicëron ; et combien donc 9 devons-noas redoatcr la servitude, le pire de tons les maux qni afQîgent » rhamaoité. » Mortem et ejectionem qttasi majora timemus quœ multo sunt minora.
• <c Les Chinois, dit Tantenr de l'Histoire poUtiqne et philosophique da commerce des deax Indes, he reconoaissent plos une poisaance qai nt » les nourrit pas. »
» puissance qui ne les nourrit pas^ » et qu'ils doivent par conséquent renverser la puissance qui les piUe et les opprime. Dans les contrées infortunées^ où s'exerce une telle autorité, on défend^ sous des peines afflictives; la poursuite des sangliers qui ravagent les moissons. Le gouvernement est en effet trop ressemblant a ces animaux voraces et destructeurs pour ne pas les prendre sous sa sauvegarde ^ . Que le despotisme^ qui s'est introduit généralement dans presque toutes nos constitutions européennes^ a dénaturé toutes les langucS; toutes les idées^ tous les sentimens même ^ que l'intérêt personnel^ devenu le mobile et le juge de toutes les actions humaines^ a reculé sans cesse les bornes de l'autorité^ pour recevoir le prix de ses ménagemens.
Que, pour pallier à leurs propres yeux leur faiblesse et leur lâcheté, les esclaves ont multiplié continuellement les acceptions^ et augmenté la force des mots dcifoir^ obéissance^ soumission ; mais que ces mots sont abusifs, et ne renferment aucun sens lorsqu'ils ne sont pas le résultat des principes dont la connaissance des droits de l'homme est la base.
Que les prêtres, dans tous les âges du monde, partisans et fauteurs du despotisme, caractère distinctif de leurs prétentions et de leur esprit, soutiennent en vain le dogme de V obéissance passive ; mensonge stupide, fausseté monstrueuse, imputée à Dieu, attribuée à l'Écriture. Que de tels principes sont une injure faite à la
> SoQS Guillaume le Conquérant, qui dépeuplait de vastes territoires poar planter des forêts, on crevait les yeux à quiconque tuait un sanglier, un cerf, ou inème un lièvre, dans le même temps où Ton payait une amende modérée pour le meurtre d'un homme. (Voyez M. Hume.) Louis XI aimait passionnément la chasse, il la défendit.
Tous nos réglemens barbares de chasse ont été faits par des tyrans.
SUR LE DESPOTISME. igi
Divinité, el qu'un tyran ne saurait être Voint du Seigneur,
Qae la religion chrétienne enseigne une noiorale absolument contraire ^ « Les grands, disait un de ses plus respectables ministres à un despote, qui avait tant sacrifié d'hommes et de récoltes à sa gloire, « les grands » ne doivent leur élévation qu'aux besoins publics j » et, loin que les peuples soient faits pour eux, ils ne » sont eux*mêmes tout ce qu'ils sont que pour les peu- » pies. Quelle affreuse Providence si toute la multitude » des hommes n'était placée sur la terre que pour ser- » vir aux plaisirs d'un petit nombre d'heureux qui l'ha- M bitent!... Ils perdent, ajoute-t-il, le droit et le titre » qui les fait grands^ dès qu'ils ne veulent l'être que » pour eux. »
Que toute autre morale est impie, car elle est inhumaine; que tout autre langage part d'un lâche adulateur, ou d'un fanatique forcené.
ff Juges de la terre, dit le Prophète, vous êtes des » dieux et les enfans du Très-Haut. » Sans doute, car vous exercez le pouvoir de faire du bien et du mal aux hommes; mais écoutez ce qui suit : (( Je vous ai dit » que vous êtes des dieux; mais vous mourrez comme » les autres hommes^. » Celui qui juge les justices, qiu, du haut de son trône , interroge les rois^y ne saurait consacrer l'oppression, ni pardonner à l'oppresseur; et si l'empire des tyrans est redoutable pour leurs faibles esclaves, le pouvoir du Ciel s'appesantira sur les tyrans^
' MassUloo, Petit Carême, sar rfaamanité des grands.
> Psaume 8i.
' Esthety acie HT, scène it.
* Rcguni (iinendornm in proprios grcgcs,
Rc'gcs in ipsos imperium est Jovis. ( Hora.t.}
igi ESSAI
L'inspiré de Dieu a dit : « Quiconque résiste aux D puissances résiste à l'ordre de Dieu même ; » mais il n'a pas dit : « Obéissez aux puissances contie l'ordre » de Dieu même. » Or, la loi naturelle, la loi du bonheur et de la liberté des hommes, est Fordre de Dieu même.
Que les hommes sachent donc que la loi divine n'est et ne saurait être que la plus avantageuse pour l'humanité ; qu'elle nous ordonne de regarder « les états » d'où la justice est bannie comme de purs brigan- » dages ^ ; qu'elle ordonne aussi de dire et de publier » la vérité : » « On est son défenseur, dit S. Âmbroise, » si, du moment qu'on la voit, on la dit sans honte et » sans crainte ^. » Qu'il faut se méfier de tous les pièges qu'on offre à la crédulité du peuple, qui doit croire que toute maxime contraire à son bonheur ou à sa liberté est aussi criminelle aux yeux de l'Être suprême qu'à ceux de notre raison, que nous tenons tous de sa bienfaisance toute-puissante; qu'il faut donc mépriser les superstitieux, et abhorrer les fanatiques : qu'il faut repousser aussi cette urbanité si vantée dont les despotes tâchent de bigarrer nos mœurs, et qui suit constamment la marche de la corruption.
Qu'il faut craindre de ressembler à ces Bretons y chez lesquels Agricola introduisit le luxe et Télégance romaine, qui y firent de tels progrès que les peuples conquis imitaient jusqu'aux vices de leurs maîtres, et décorèrent du nom àe^ politesse la partie la plus réelle et la plus durable de leur servitude ^. Que, dans les
> Remota justitîa, qaid sunt régna nisi magna lairocinia ?
(S. Augustin.) » Illc verilalis defensor esse débet qui, cum recle senti!, loqui non metuil nec erubescit.
3 Paulalimque discessum ad delinimcnia villorum porlicns, et balnca,
SUR LE DESPOTISME. Iû3
siècles polis^ où les mcèurs sont revêtues d'un vernis si uniforme et si ag^réable^ cette écorce séduisante couvre tous les 'nceSyje veux dire la cupidité y V orgueil et la lâcfieté. Que la douceur, l'indolence, l'inertie présagent la décadence^ et masquent la servitude. Que la mollesse est plus dangereuse en France cju'en tout autre pays^ parce qu'ailleurs elle abrutit, et qu'en France elle rend V esprit faux et délicat ^ j de sorte qu'elle a plus tôt altéré les mœurs.
Que ce sauvage Athénien, qui répondit aux ofiâres de service du despote macédonien, fais pendre Phi' lippe ®, n'était pas propre sans doute à être courtisan ; mais qu'il était bien moins susceptible encore d'être un vil esclave, et que nous aurions besoin aujourd'hui de tels hommes, plutôt que de diserts orateurs ^.
Quela présomption a perdu l'Europe * et notre patrie; qu'on ne loue guère les petits talens que quand on n'a point de grandes vertus; nous n'en avons plus assez pour rougir de celles de nos pères, en laissant
et conviyioram elegantiam ; idqae apud imperitos hamanitas yocabatur, campars servitatis esset. (Tacit., ViU j4gricol.)
* L'Ami des hommes.
• Démocharès, envoyé d'Athènes^ à qui Philippe demandait a ce qu'il » pouvait faire pour le service de la république. »
3 Qu'on ne prenne point ceci comme - le satire contre les gens de lettres : si l'on peut appeler ainsi les If mu et les Linguety j'ose assurer que ceux de cette espèce sont rares. Ce ne sont point les écrivains à repu* taUon, du moins aujourd'hui, qui fomentent l'esclavage. £n cultivant la raison et répandant les lumières, ils font connaître les droiu et les Jeuoirs. S'il en est quelques-uns qui laissent échapper des principes trop peu réfléchis^ ou qui sacrifient à l'harmonie des mots la justesse d'une pensée, il en est beaucoup qui parlent avec une hardiesse très-noble dé la liberté, et j'ai vu ces morceaux applaudis avec enthousiasme au théâtre et aux séances publiques des académies. J'ose le dire en général, les âmes se relèvent tellement qu'il faudra bientôt du courage pour être lâche j et la nation reprendrait bientôt son énergie sans les tyranniques vexations du gouvernement.
4 Voyez les Anglais, etc., etc., etc,
vni. ^3
iQtomber les yeux sur notre âède; et^ grâce au bon ton introduit dans la société, novA persiflerions aujourd'hui les Bayard et les DuguescUn, parce que nous ne pouTons plus les imiter ^ .
Que nos pères, dont une triple envdloppe d'airain défendait l'honneur et la liberté, n'eussent pas été impunément le jouet d'une cohorte de publicains et de ministres plus avides encore ; que ces dignes guerriers n'eussent pas plus souffert l'oppression intérieure que les insultes du dehors.
Qu'il serait temps d'essayer si leur mâle et généreuse rudesse ne vaudrait pas notre inépuisable patience ^ ; et qu'alors la France ne serait plus l'objet du mépris des étrangers et la victime de l'oppresMon la plus absolue et la plus multipliée.
Puissé-je entendre dire aifin aux princes avec non moins de hardiesse et de vérité :
c< Il faudrait bien de l'audace aux despotes s'ils réfléchissaient sur les suites du despotisme.
» De tous les empereurs qui succédèrent à Jules-César, jusqu'à Vespasien', aucun ne mourut que de mort violente. Depuis la ruine de la liberté romaine jusqu'à Gharlemagne, trente empereursfiirentmassacrés.L'Âsie, en proie au fléau destructeur nommé despotismey dont elle fut le berceau, nous offre le théâtre des révo* lutions les plus fréquentes et les plus sanglantes.
« « Peu souvent, dit Platarque, advient que les natures graves de ces » hommes pea communs plaisent à la mnltitade, et soient agréables à une j» commune. » (Traduct. d'Amyot)
« Patlentia setvilis, dit Tacite.
8 Auguste fut empoisonné par ZiV/e, son dponse; Tibère iul étoofTëpar Macron son favori, pour frayer le chemin du trône à Caligula, qui périt par la main des officiers de sa propre garde; Agrippine empoisonna Claude son mari j Néron termina lui-même sa vie ; Galba périt aussi bien que ^ite//tz4i parla main des soldats; Othon, enfin se poignarda Ui-même*
SUE LE DESPOTl«M[B. |^
j» On compte les tjrrans qui sont morls danslear fit d'une mort naturelle.
D L'injusdce en un mot a bien souvent détrôai des souverains 9 mais elle n'a jamais afienni les trônes^ »
O rois^ qui vieillissez daas une longue enfance^ voua que la facilité plus que l'intérêt mène à la tyranni^y uemblez ; que votre propre intérêt^ votre plus chère idole^ dessiUe vos yeux, et réveille en vous la crainto pmdente et les remords effirayans. Les mains du £smiH tisme attentèrent sur les princes les plus chéris et les plus dignes de l'être. Quel despote osera dévaster Mi États sans craîate ! quel tyran peut espérer d'opprimer impunément vingt milUons d'hommes !
Le citoyen honnête, à qoi l'amour de la liberté donne le courage d'écrire et de publier cet ouvrage^ aossi estimable pour les principes que ÊtiUe par sent exécution ; le citoyen honnête, qui ose se plaindre à vous de vous, al)horre les assasons, et se prédpiterait au-devant de l'esclave forcené qui lèverait une main criminelle sur votre sdn.
Mais ce même citoyen serait aussi le premier à ro* pousser vos cohortes mercenaires, et criarait à ses compatriotes : Le monarque n'est respectable qu'alors qu'il est le père, le défenseur, l'organe de la patrie, pour l'avantage de laquelle il fut élevé.
Le devoir, l'intérêt ^ et l'honneur ordonnent de ré-
' Massilloo, sar les obstacles qoe la yénté trouva dans le carar des grands. {Petit Carême.)
> Il existe en Angleterre ane loi obtenoe par la diambre des comnra* nés» sous le règne de rosorpatenr Henri IV» par laciodle il est porté qa'aocon juge, convainca d'avoir prérariq^édans ses fonctiops, ne poor» reit eue excusé sur Fallégation înstificatife d*«i oïdie ei mène dPoM
ig6 ESSAI
sister à ses ordres arbitraires^ et de lui arracher même le pouvoir^ dont l'abus peut entraîner la subversion de la liberté^ s'il n'est point d'autres ressources pour la sauver.
Vous devez tout à l'observation des lois^ et vous n'êtes tenu à Vobéissance et au respect que relativement à elles ^ .
Oui^ princes^ vous êtes assez malheureux pour ne l'avoir jamais entendu; mais il est temps de l'apprendre.
« Où la liberté perd ses droits^ là se trouve la fron- » tière de votre empire. »
menace do roi, quand il aorait risque sa vie en y résistant. ( Vojez H. Hume, Histoire des Plantagenet.)
Cette loi, belle et sage dans ses dispositions, est, dans tous les sens et tons les cas possibles, conforme à l'exacte équité j car celui qui ne se sent pas la force de remplir un devoir, quelque risque qu'il coare en s'en acquittant, ne doit pas se l'imposer, «t Les juges, dit l'Écriture, n'exercent » pas la justice de la part d'un homme, mais de la part del'Éternel. » Leur conscience est donc leur premier souverain, et la justice leur unique devoir*
On connaît la vile subtilité du cardinal de Birague, chancelier sons Henri III, qui s'excusait de ses lâches déférences, « sur ce qu'il n'était 3» pas chancelier de France, mais chancelier du roi de France. » Ainsi il préférait être le valet ou le satellite d'un mauvais prince, à remplir le devoir d'officier public, et de défenseur des droits des hommes et de la nation.
' Ce principe est évident et doit servir de base à toute la science de la morale. « La majesté du souverain, dit la loi positive, ne s'explique ja- » mais plus dignement que lorsqu'il reconnaît hautement que son pou- » voir est borné par les lois. Se soumettre à leur empire, c'est quelque 3» chose de plus grand que l'empire même. — Digna vox est majestate D regnantis legibus alligatum se profiteri : adeo de auctoritate juris nostra 3» pendet auctoritas, et re vera majus impcrio et submittere legibus prinn cipatum, et quod licere nobis non patimur, aliis indicare, disaient les » empereurs Valentinien et Théodose II dans leurs lois. »
Pline disait à Trajan : a Tu nous gouvernes, et nous t'obéissons, mais » comme nous obéissons aux lois. » Regimur quidem a te et suhjecti tibi^ sed quemadmodum legibus sumus,
Trajan recevait ces principes comme l'éloge le plus flatteur j nos ministres d'aujourd'hui font brûler les livres qui les contiennent, et enfermer les auteurs, quand ils les connaissent.
SUR LE DESPOTISBfE. IQy
Puissiez-vous^ en entendant ces vérités nouvelles^ vous réveiller du profond assoupissement dans leqad vous êtes plongés^ ranimer votre âme à la véritable gloire^ je veux dire à celle de réparer ses fautes^ et vous écrier : « Soulageons mon peuple ; relevons ma » nation; il en est temps encore : car j'aperçois quel- » ques traces de la liberté mourante ^ »
I Bfanebant etiam tam yestigia morientiâ libertatis.
(Tà.ci'r.fAnnaL)
DK
LA COUR DE hZkVi^
TEtfR. HoS
lisse aime les femmes ? — - Per-
. ? Guillaume, en amour, est ca-
1 sait estimer sa maîtresse. Dé-
et personnel qu'il peut inspirer
e qu'il aime; il oublie son rang,
le qu'il veut plaire... Mademoi-
int vingt mois..... La jouissance
ans l'état où est la Prusse, le roi
pidon aux lauriers de Mars. »
le Trenck aura -t- elle réhabilité
ce Ferdinand, l'un dans ses droits
ect et la vénération qu'un monar-
ttendre de son peuple? Nous ne le
au contraire, qu'il restera démontré
icrvé, et qu'il avait dit vrai, puisque
;eprésenter le concubinage et l'adul-
y accoutumé des grands, et comme la
onarque : les faits parlaient donc bien
plus d'autre moyen d'en atténuer la
;ique et de la raison, le baron de Trenck
loms d'imposteur et de vil espion. Des
, et, même de nos jours, il y a des hommes
. qui on en dit a raison K
publication de VHistoire secrète^ le temps
.0 toutes les prédictions de Mirabeau^ l'in-
, les ridicules combinaisons du cabinet fran-
lui, après plus de trente années, la malignité
jues personnages encore vivans. « Le duc
page 176, est arrivé ici ce soir. Ce duc, puis-
3ur infatigable, sans grâce, sans contenance,