‹ Œuvres de MolièreChapitre 104 sur 541 · ACTE III, SCÈNE IX.' lag · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX.' lag

CL^OIITK.

Ne t^avise point, je te prie, de me parler jamais pour elle*.

COVIBLLS.

Moi, Monsieur ! Dieu m*en garde !

CLBOIfTB.

Ne viens point m'excuser Faction de cette infidèle.

COVIBLLB.

N'ayez pas peur.

CLiONTB.

Non, vois-tu, tous tes discours pour la défendre ne serviront de rien.

COVIBLLB.

Qui songe à cela ?

CLBONTB.

Je veux contre elle conserver mon ressentiment, et rompre ensemble tout commerce.

COVIBLLB.

J y consens.

CLiOHTB.

Ce Monsieur le Comte qui va chez elle lui donne peut-être dans la vue; et son esprit, je le vois bien, se laisse éblouir à la qualité. Mais il me faut, pour mon honneur, prévenir Téclat de son inconstance. Je veux faire autant de pas qu'elle au changement où je la vois courir*, et ne lui laisser pas toute la gloire de me quitter.

C'est fort bien dit, et j'entre pour mon compte dans tous vos sentiments.

I. Dau 1« D4pU amoureux, Laeile dit de mène à Marinette (aeiê li, scène IF, rere 638, tome I, p. 44a) :

Je te éUuaâê tnrtont de me parler pour Isi.

{Note iT Juger,) a. Mon ecMir eonrt-il an change ?

dit CUtandre à Armande, dana la aeine n de Taete IV des Femmes sëvuMies.

MouàBX. Tm 9

iSo LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

CLÉONTB.

Donne la main à mon dépitS et soutiens ma résolution contre tous les restes d'amour qui me pourroient parler pour elle. Dis-m*en, je t*en conjure, tout le mal que tu pourras; fais-moi de sa personne une peinture qui me la rende méprisable ; et marque-moi bien, pour m*en dégoûter, tous les défauts que ta peux voir en elle.

COVIBLLB.

Elle, Monsieur! voilà une belle mijaurée, une pimpesouée* bien bâtie, pour vous donner tant d*amour! Je ne lui vois rien que de très-médiocre, et vous trouverez cent personnes qui seront plus dignes de vous*. Premièrement, elle a les yeux petits.

CLÉONTB.

Cela est vrai, elle a les yeux petits ; mais elle les a pleins de feux, les plus brillants, les plus perçants du monde, les plus touchants qu*on puisse voir.

I. Seconde mon dépit : royes tome U, p. 98* fin de b note i, ee qoî est dit de PexpreMion, ayant un sens peu différent et devenue plut naitée, de donner les mains.

9. Mijaurée^ fiemme qui fait la délicate et la préeieaae*. — Fimpesûmée^ femme qui montre dea prétentiona, atec de petitea manièrca affectées et ri* dicnlea. Pimpesouée nent probablement du yienx Tcrbe pimper, qui signifie parer, attifer, et dont il nous reate (le partie^ de sens neutre) pimpmni^ et du TÎeil adjectif some/t some/ve^qn Toulalt dire doux, agréaUe*. {Ufoie d*Anger,) — A la place du aecond de ces mota, les éditions de l68a, 9», 94 B, 97, 17 10, 3o, 33 donnent, par une liute d*impreasion sans dente: « pimpe-fouée •.

3. 0*aprés pluaieurs témoignages, le Trai origind du portrait de Luctle, le modèle dont CoTielle Ta donner un signslement sans illusion, malTeinant même, et que Cléonte saura interpréter en artiste et en amonxewL« était la femme même de Molière : Toyes ci-dessus, ii la Notice^ p. a6.

« Mme de Sévigné a employé le mot (tome III, 167a, p. 3) ; littré Ta trouTé dana un dictionnaire du seizième siècle. L*Académie, en 1S941 ■*bs autrement le définir, l'appelle un « terme d*injure et de m^ris, qui ae dit d'une fille on d*une femme. Cest une plaisante mijaurée, Fejez mtt pan eette mijaurée. Il est bas. •

* Litbré cite de pimpesaué ausai un exemple du seizième siècle. Le Dâetionnaire de V Académie l*omet en 1694* mais le donne à partir de sa seconde édition (1718).

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