ACTE III, SCÈNE XII. i
Tout ce que j*ai à vous dire, moi, c^est que je veux avoir un gendre gentilhomme.
MADAME JOURDAITf.
n faut à votre fille un mari qui lui soit propre, et il vaut mieux pour elle un honnête homme riche et bien fait, qu*un gentilhomme gueux et mal bâti.
HICOLB.
Cela est vrai. Nous avons le fils du gentilhomme de notre village, qui est le plus grand malitome* et le plus sot dadais' que j*aie jamais vu.
MOTf SIEUR JOURDAIN*.
Taisez-vous, impertinente. Vous vous fourrez toujours dans la conversation. J*ai du bien assez pour ma fille, je n*ai besoin que d'honneur, et je la veux faire marquise.
MADAME JOURDAITf.
Marquise ?
MONSIEUR JOURDAIN
Oui, marquise.
Hélas ! Dieu m'en garde !
MONSIEUR JOURDAIN
Cest une chose que j'ai résolue.
MADAME JOURDAIN
C*est une chose, moi, où je ne consentirai point. Les
I. Ce mot, qui, aa qaatoraème tiècle, d*aprèt Docange cit^ par Littr», mats aoot la forme mariiorne^ était •jncayme de (la) malt6te, est eipliqné, dans les Cmriotitts frame<ngt d*Oadio (1H40), par : personne de mmmvaiêê grâce f mal bâtie (mal faites dans Tédition de i656). Fiuretiire, en lÔgo. le donne eomme un adjectif des deux genres ; il le définit par* qol est maladroit, qai ne peut rien faire de bien ni k propos. On ne saurait riem commamJer i te valel^ é*est un vrai malitome. » L*Aeadémie ne Fa pas dans ses trois premières éditions; dans la quatrième (176a), elle Texplique par « maladroit, inepte. »
9. Dadais, qoe Littré a troavé dans an dietionnaire du seizième siècle, nW encore ni dans Riebelet (1680), ni dans Fnretière (i6go) ; rAcadémie le donne dans sa seconde édition (1718), et le tradnit par « on niais, un nigaad, on homme décontenancé. »