Il y en eut donc alors plaueiirt repréientations
3o LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
secours que lui a fournis l'Opéra ont orné infiniment cette pièce^. »
On la donna encore, avec « tous ses agréments, » en janvier 1736. Le fils de Paul Poisson parut alors dans le rôle de M. Jourdain^. Il y plut, mais sans y briller sans doute autant que son père.
Puis vint Préville, le plus célèbre de tous les Jourdain, depuis Molière. Parlant de son jeu merveilleux dans ce rôle, Gailhava dit : a U y était gauche de corps et d'esprit, d'un boat à l'autre, mais gauche à faire plaisir, et voilà le difficile*. » On voulut encore l'y revoir en 1792 (les 4, 10, 19 février*), lorsque, retiré depuis plus de dnq ans, il reparut un moment sur le théâtre de la Nation.
Sans atteindre à la perfection et à la vérité de son jeu, s<m élève Dugazon fut un très-bon Bourgeob gentilhonmie. Un historien du théâtre* donne quelques détails intéressants sur l'effet qu'il produisait dans la Cérémonie. Il les tenait de Baptiste cadet, qui, s'étant chargé du personnage d'un derviche, était fort aise de remplir ce modeste rôle, pour le plaisir qu'il
I. Les comédiens réparaient ainsi Téchec qa*au mois de janvier de cette même année 1716 leur avait valu un peu trop de complaisance pour leur camarade Quinault (Fainé, le frère de du Fresne et de la célèbre Mile Quinault) : « Au commencement de ce mois, lit-on dans le Nouveau Mercure galant de janvier %7x6, p. ai8-aao, les comédiens ont remis sur leur théâtre le Boatgeois gentilhomme,,,. Cette pièce a été représentée avec un succès trèsmédiocre, et les spectateurs ont trouvé fort mauvais que M. Quinaut, qui a de Pesprit, ait voulu en avoir plus que Molière, et qu'il lui ait plu de changer les divertissements que cet illustre auteur avoit mis à propos dans sa comédie, pour leur en substituer de son invention. Item, M. Quinaut est musicien ; mais la musique de M. de Lully lui déplaît : il en a composé tant qu*il a pu de sa petite façon, et en a farci le Bourgeou gentilhomme^ ce qui a raisonnablement dégoûté le public de cette comédie. 9
a. Mercure de Fnuice de janvier 1786, p. 140.