‹ Œuvres de MolièreChapitre 15 sur 541 · Études sur Molière^ p. a6i · texte numérisé non relu

Études sur Molière^ p. a6i

4. Voyez le Moniteur à ces dates, et au 6 du même mois, où, dans un Avis sur la pièce, il est nommé a Tinîmitable. 1»

5. Charles Maurice, Histoire anecdotique du théâtre^ Paris, i856, tome I*', p. 394*

NOTICE. 3i

trouvait à voir jouer Dogaion. Voici le souvenir recnôlli de sa bouche : « Au moment où les Turcs, faisant mine de placer le turban sur la tète de M. Jourdain, le retiraient aussitôt pour le lui £ûre désirer davantage, la figure de Dugaion était des plus curieuses. Elle prenait alternativement l'expression d'un désir si violent, et, quand il se trouvait coiffé de ce turban, celle d'une satisfaction si naturellement rayonnante, que luiy Baptiste ddet, et ses camarades ne pouvaient s'empêcher d'admirer l'éloquente et rapide mobilité de cette plaisante figure. De son côté, le public... poussait un hourra de joie à l'instant où s'accomplissait le couronnement grotesque. » On reprochait cependant à Dugazon, dans ce rôle, l'exubérance de sa verve, qui était son défaut ordinaire, et l'on trouvait quelque mauvais goût dans ses lazzis. Lorsque Molière se contente de faire dire à M. Jourdain furieux contre sa femme, qui est venue lui faire affront devant ses convives : a Je ne sais qui me tient, maudite, que je ne vous fende la tête avec les pièces du repas que vous êtes venue troubler^, » le comédien la chassait de la salle à manger à coups de petits pâtés, a Une autre fob, disait le critique Geoffroy ', il lui jettera tous les plats à la tête. »

Après Thénard, qui avait reçu les leçons de Dugazon et mérite aussi d'être mentionné, Michot prit le rôle en i8ia, et avec tant de succès, qu'en moins de deux mois la pièce eut dix représentations. Il n'accablait plus Mme Jourdain de biscuits et d'oranges '•

Dans la seconde moitié du dix-liuitième siècle, Mme Bellecour fut une parfaite Nicole. Elle joignait la vérité la plus naïve à une gaieté entraînante. Les hil ht! de la bonne servante étaient faits pour elle : on l'avait surnommée la rieuse. En 1799, quoiqu'elle ne fût plus que l'ombre d'elle-même et qu'on ne rie plus si franchement au grand âge qu'elle avait alors, elle voulut reparaître encore sur la scène dans son rôle favori.

t . Acte IV, scène n*

a. Feuilleton du lounuU des DéhaU^ ii ventôse an X (la mars i8oa).

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