VOp'mion du parttrre^ dixième année, i8i3, p. ii
3a LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
Mlle Emilie Contât eut, dans le même personnage de Nicole, quelque chose du naturel et de l'entrain de Mme Bellecoor.
Le rôle du Maître de philosophie, créé par du Groisy, fut joué d'une façon très-comique par Grandmesnil* dans- les pre» mières années de ce siècle.
Mile Mars représentait alors, avec une grâce exquise, le personnage de Lucile. Ce n^était point sa faute si le signalement de Mlle Molière se trouvait en défautr"^
Plus récemment encore, et aujourd'hui même, la comédie da Bourgeois gentilhomme, a trouvé de dignes interprètes. Comme il est mieux, dans notre rapide revue des acteurs, de ne rapporter que les jugements consacrés par le temps, nous rappellerons seulement que, le 28 octobre 1880, dans la dernière semaine du deuxième centenaire de la fondation officielle de la Comédie-Française en i68ot on a représenté notre comédie sur la scène de la maison de Molière avec la musique de Lulli et le ballet. Des élèves du Conservatoire et des danseurs de l'Opéra ont prêté leur concours dans les intermèdes*.
Ce n'était pas la première fois, nous le savons déjà, que Ton avait ridée de replacer Touvrage de Molière dans son plus ancien cadre, sans croire cependant qu'il eût besoin de ce curieux rajeunissement pour rester immortel* Nous avons parlé des représentations de décembre 17 16 et de janvier 1786. Le Bourgeois gentilhomme^ avec la musique de Lulli et les danses, fut joué aussi le vendredi 9 janvier i852, sur le théâtre du Grand Opéra. On se plaignit cependant, cette fois, que tout ne fût pas exactement du même caractère dans le ballet et dans la musique. Les variations de Rode et les hardies voca* lises de Mme Laborde causèrent, dit-on, quelque étonnement parmi les morceaux originaux, interprétés d'ailleurs avec une fidélité archaïque*.
Plus récemment, en 1876, le théâtre de la Gafté, seconde
I. V Opinion du parterre ^ germinal an XI (avril i8o3), p. 87.
a. Pour la distribution des rôles de la comédie et de ses Divertissements, dans cette représentation, on peut Toir le Deuxième centenaire de la fondation de ta Comédie^ Française (i volume in-12, Paris, M Dccc lxxx, librairie des Bibliophiles), p. xx.