‹ Œuvres de MolièreChapitre 17 sur 541 · Le Moniteur du la janvier i85a · texte numérisé non relu

Le Moniteur du la janvier i85a

par la troupe comique de rOdéon, avait recooiaieacé la testative. La musique de Lulli fut alors restaurée, avec «il §nmi talent, par M. Weckerlin, qui en retoucha TondbMtre fiûvasl les exigences modernes.

Il y a peu de pièces de Molière qui n'aient donne plus de prise que le Bourgeois gentilhomme à ceux qpà cherchent quak emprunts on y pourrait lui imputer. A lui seul appartient ce qu'il faut admirer dans sa comédie, la peinture des caracièrefty le tableau des mœurs. C'est dans qudques détails seolemeat qu'il a été, comme on disait, à la picorée. Ainsi les premières scènes ont des traits de ressemblance, que le P. Brumoy a signalés', avec quelques scènes des Nuées d' Aristophane, par exemple avec celles où Strepsiade, le sot et grossier bourgeois, veut se faire instruire par le disciple de Socrate, puis par Socrate lui-même. Ceci particulièrement rappelle ifaelqaes natves âneries de M. Jourdain dans la leçon de philosophie : « SocBATs. Que veux-tu apprendre d'abord...? Ser»-€e la mesure, le rhythme ou les vers? Strepsiaos. La mesure. Car, l'autre jour, un marchand de farine m'a trompé de deux cfaé* nices*. » Lorsque M. Jourdain veut communicpier à sa femme et à sa servante sa récente érudition grammaticale', on reconnaît Strepsiade interrogeant son fils sur ks beaux enseignements dont il est frais émoulu*. L'imitation ne nous semble pas douteuse; 11 ne saurait y en avoir de plus heureuse, de plus naturellement appelée par le sujet : si bien qu'elle parait laisser entière l'originalité de l'imitateur.

La scène dans laquelle Mme Jourdain, résistant à la £olie de son mari, qui ne veut marier leur fille qu'à un gentilhomme, lui remet en mémoire de quelle modeste condition ils sont euxmêmes et déclare qu'elle ne se soucie pas d'un gendre qui leur r^rocherait leur roture, ni de petits-enfants qui auraient honte de l'appeler leur grand'maman S cette scène est comparée par

I. Le Tfiédire des Grecs, tome III, p. 70 et 73, édition de l73o. 1. Vers 636-640, traduction d* Artaud.

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