Acte III, fcène xn, p
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Caîlhava* avec le chapitre v de la deuxième partie de Ddn Quichotie^ intitulée : De la spirituelle et plaisante conversation qu eurent ensemble Sancho Panza et sa femme Thérèse Panza, « Ce serait gentil, dit Thérèse, de marier notre Mari-Sancha à quelque méchant hobereau, à quelque comte à trente-six quartiers qui, à la première fantaisie, lui chanterait pouiUe en l'appelant vilaine, fille de manant pioche-terre et de paysanne tourne-fuseau'. » Et Sancho ne manque pas de s'emporter, comme M. Jourdain, contre une femme si ignorante et stupide. Que Molière se soit souvenu du naïf dialogue de Cervantes, ceci encore est très-vraisemblable.
Il doit aussi quelque chose, assez peu toutefois, à Rotroa. Dans la comédie de ce poète dont le titre est la Sœur^^ il y a, comme dans le Bourgeois gentilhomme ^ des mots d'une prétendue langue turque, ceux qui ont été mis dans la bouche du valet Ergaste. Comme ils ne sont pas plus difficiles à forger que le Cabriciasarci thuram du Médecin malgré lui^ il n'est pas très-intéressant d'examiner si Molière en a pris quelquesuns dans Rotrou. Mais, à propos de ces mots turcs, voici une plaisanterie qui a fourni évidemment un emprunt à Molière. M. Jourdain est étonné de la très-longue explication que lui donne Covielle du Bel men du fils du Grand Turc: « Tant de choses en deux mots ! — Oui, la langue turque est comme cela, elle dit beaucoup en ])cu de paroles*. » Dans la Sœur^ Ergaste, faisant, comme Covielle, l'office de truchement, prétend aussi donner un sens qui n'en finit pas à deux mots prononcés par le jeune Horace, lequel, soit dit en passant^ ne parle pas un baragouin forgé par Rotrou, mais un vrai turc',
I. De VArt de la Comédie^ tome II, p. 3a9-33a. a. Traduction de Damas Hinard.
3. La SŒURy comédie de M. de Rotrou^ à Paris, chez Toussainct Quinet, 1647 (in-4**).