Acte IV, scène iv, p. i^rt
5. C'est ce que nous tenons du savant professeur de turc à Tëcole des langues orientales rivantes, M. Barbier de Meynard, membre de Tlnstitut. — D'après ses indications aussi, les notes de la pièce diront ci-après combien peu de mots à peu près turcs il est possible de reconnaître dans les phrases, le plus souvent dénuées de sens, que débitent Covielle et Clëonte.
qa'il a appris à Gonstantinople. Le bonhomme Anselme témoigne son ëtonnement :
T*en a-t-îl pu tant dire en si peu de propos ?
ERGASTB.
Oui, le langage turc dit beaucoup en deux mots'.
On pourrait comparer encore ces exclamations de Mme Jourdain : c< Quelle figure ! est-^e un momon que vous allez por* ter' ? » avec celles d'Anselme :
A quoi ces habits turcs? Dansez-vous un ballet ? Portez- vous un momon'?
Cette ressemblance, moins significative par elle-même, ne paraîtra pas fortuite, s' ajoutant à la première. Mais tout autres sont les situations et les caractères.
L'idée de faire rire d'une ambassade récente, du jargon d'un fourbe et des explications de ses interprètes, c'est tout ce qu'il y a de commun entre notre pièce et les Faux Mosco^ vîtes de Raymond Poisson, joues en 1668.
A en croire Cailhava^, la cérémonie turque serait prise en entier de ces Disgrazie d' Arlecchino^ où il voulait trouver aussi des scènes de Pourceaugnac copiées par Molière*. Molière ne tenait sans doute pas beaucoup à la gloire d'avoir imaginé, sans modèles, la farce de la cérémonie ; il n'en faut pas moins dire que ce sont presque certainement les bouffons italiens qui ont été les plagiaires. Si donc Ton doit penser que l'idée de la mystification qui a rattaché la mascarade du Bourgeois gentilhomme à l'action de cette comédie a été prise quelque part, restons-en à ce que nous avons dit de Fnmcion,
Le Bourgeois gentilhomme a été imité sur la scène anglaise par le comédien-auteur Samuel Foote, dans une comédie en trois actes (1765) intitulée le Commissaire (the Commissaryj. Les emprunts qui y sont faits à Molière dans le rôle de Za-