‹ Œuvres de MolièreChapitre 20 sur 541 · Voyez au tome VII, p. aa3 et · texte numérisé non relu

Voyez au tome VII, p. aa3 et

chary Fungus, qui fat joaë par Foote, ne sont nullement deguises. Fungus, ayant la prétention de devenir un gentleman, s'entoure de musiciens, de danseurs, de professeurs d'escrime; il prend aussi « un maître pour donner de l'éloquence » {sie^ en français). Là se borne à peu près la ressemblance. Le reste est parfaitement anglais dans cette pièce très-compliquée, et n'a rien de commun avec la grande peinture de caractère et de mœurs qu'offre notre comédie. Il faut citer aussi, parmi les imitations étrangères, la pièce Un peu étambition et celle de Don Ranudo de Colibrados, deux bouffonneries turques du poète danois Holberg, au dénouement desquelles la cérémonie du Mamamouchi a servi de modèle. Dans la seconde de ces pièces, on fait savoir à don Ranudo que le neveu du prince d'Abyssinie sollicite la main de sa fille. Ce prétendant abyssinien n'est autre que l'amoureux Gonzalo, qui, par l'artifice de ce déguisement, fait signer le contrat de son mariage. La scène où il feint de parler la langue de l'Abyssinie amène la facétie que nous avons vue imitée de Rotroû par Molière : a Voilà une langue d'un usage fort commode en hiver à cause de sa brièveté.... On pourrait écrire toute une chronique sur une feuille de papier*. »

Il n'est pas tout à fait exact de dire, comme quelques-uns l'ont fait, que dans la comédie de Turcaret les figures du chevalier, qui a fait ses caravanes au lansquenet, et de la coquette baronne aient été dessinées d'après celles de Dorante et de Dorimène, lesquelles ont pu suggérer seulement l'idée de ces personnages, très-différents d'ailleurs. En apparence, le plus hardi des deux auteurs comiques a été le Sage, qui a donné des couleurs beaucoup plus noires à la corruption de son chevalier et de sa baronne; mais, à y bien regarder, c'est Molière qui a le plus osé, justement parce qu'au lieu d'être de vulgaires aventuriers, son comte est un vrai comte, sa marquise une vraie marquise, l'un et l'autre, sans qu'il reste de doute, gens du monde et gens de cour.

La première édition du Bourgeois gentilhomme porte la date

I. Voyez Holberg considéré comme imitateur de Jfo/itfre,par M. A.. Legrelle, p. 144 et 14$, et p. sSS-aSp.

NOTrCE. 37

de 1671 ; c'est im iii-12 de % feuillets liminaires et 164 pages, dont voici le titre :

BOVR6EOIS

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