‹ Œuvres de MolièreChapitre 214 sur 541 · I. La yiê Je J/. J4 Molière, p. 181 et s8i · texte numérisé non relu

I. La yiê Je J/. J4 Molière, p. 181 et s8i

a5o PSYCHÉ.

l'un des deux collaborateurs; nous ne devons point cqModant passer entièrement sous silence ce que nous pensons du eoncours qui s'ëtablit entre eux. L' unité de compositioo n'était pas en péril, le plan ayant été tracé par une seule main ; l'unité de style semblait plus difficile à obtenir; car la manière d'écrire des deux poètes est peu comparable.

Mais Corneille savait varier la sienne : il avait, malgré la forte originalité de son génie, une souplesse dont il a donné iÂesï des preuves. Il a mis la grâce la plus charmante en beaucoup de passages, par exemple dans Taveu, tant de fois et si justement admiré, que Psyché fait è l'Amour, des invincibles mouvements de son cœur, et dans l'e^ression quintessendée, mais singulièrement poétique, de la jalousie du divin amant.

Dans son Avenissemeni sur Psj^ké^ un éditeur de Molière*, après avoir loué quelques-uns des beaux vers écrits par le poète tragique, a dit : <c Le principal honneur de cette tragédie» ballet dut appartenir à Corneille; et Molière était assez grand pour n'en être pas jaloux. Nous trouverons peu de traits dans ce qui appartient à notre auteur, qu'on puisse mettre à côté de ceux qu'on vient de citer. » Feu, l'on aurait même pu dire p(rint de traits du même grand s^le, ce n'est pas douteux ; mais il y en a de tout différents qui ne permettent pas un partage si inégal de l'honneur entre les deux collaborateurs :

Et piiula tu Jtgniu êthieK

Chacun des deux a écrit des scènes, dignes du prix, où il a mis sa touche particulière, et, sans qu'on puisse remarquer de trop visibles disparates, est demeuré lui-même.

Le Prologue^ dont les vers sont de Molière, est un agréable modèle de cette mythologie, très-éloignée de la parodie burlesque, mais spirituellement comique, où déjà un autre prologue, celui X Amphitryon^ aussi bimi que toute la pièce dont il est comme le prélude, avaient montré qu'il était passé maître. Le premier acte de Ps/ché^ dû, comme le ProU^gtte^ à sa plume, abonde en jolis traits de comédie, qui, ne s'en f&t-il pas nommé le seul auteur, l'auraient îsix reconnaître. U n'y

I. Bret, au tome VI, p. i3o et i3i des QEttwres dt MbBère^ Paris, 1773.

a. Virgile, églogue III, rers 109.

NOTICE. a5i

avait que lui pour rendre si plaisants le dialogue des deux ridicules sœurs, dans la première scène, et celui de la scène suivante entre ces chercheuses de maris et les deux princes amants de Psychë. Le commencement de l'acte II, qui est anssi de lui, fait exception; il y pouvait beaucoup moins imprimer sa marque, l'entretien de Psychë et de son père ne comportant que l'hërolque, presque le tragique; mais c'est bien notre Molière que nous retrouvons dans la première scène de Tacte III, dont il est naturel qu'il ait voulu faire luinmême les vers, s'ëtant rëservë le rôle du Zëphire. Dans les discours de ce serviteur de l'Amour reparaît Tamusant badinage de l'auteur comique* Ce qui distingue encore des scènes de Corneille celles de Molière, c'est un emploi, dont seul il a eu tout le secret, du vers libre dans le dialogue. Là aussi, maigre quelques traces de plus de h&te, quelques tours moins clairs, moins naturels, on pense à V Amphitryon; la même main se révèle par la merveilleuse facilite de la facture et par la parfaite appropriation de ce genre de vers aux conditions particulières de la scène. Non que Corneille, qui a dû et su se mettre d'accord, ait, dans ses vers libres, manque d'aisance. Chez lui toutefois la période a quelque chose de plus lyiîque. Plus lyrique aussi est son style. Il est vrai qu'où il a pris la pièce, le sujet des scènes le voulait : si bien qu'on peut se demander si le hasard seul et la nécessité d'achever promptement ont décidé de la part qui lui a été laissée. A supposer qu'il en ait été ainsi, tout s'est rencontré pour le mieux.

Comme l'ouvrage pressait, un autre poète encore y mit la main. L'avertissement du Libraire au lecteur n'a pas négligé de nommer Quinault; mais sa coopération a peu d'importance. Il a écrit dans la pièce « les paroles qui se chantent en munque, 3» c'est-à-dire le début du Prologue et les intermèdes, où, quoiqu'il fût très-capable de mieux, il n'a cherché d'autre mérite que celui de satisfaire aux exigences du musicien. Celui-ci (c'était Lulli), mis aussi, lui quatrième, à contribution comme poète, écrivit la plainte italienne du premier intermède.

On trouvera à V Appendice^ ^ dans le livre du ballet publié chez Ballard, la liste des acteurs de Psyché^ à sa naissance, et

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