Voyei an tome II, la fin de la note 3 de la page S
NOTICE. %6i
sœurSy qu'elle avait joue jusque-là, fut rempli par la petite du Croisj, âgée de quatorze ans ^. Bille Molière avait repris son rôle vers la fin du mou suivant, comme le constate Roi»net dans sa lettre du a4 octobre 1671 :
Aa Palaît-Rojal, la Psjchë....
Rarit toujours, en conscience, Une très-nombreuse assistance, Laquelle aussi se sent saisir Sans doute d*un noureau plaisir De la reroir représentée Par cette actrice tant rantée Laquelle de Molière a nom,...
.... Qui, triomphant du trépas, Plus que jamais montre d*appas.
La très-jeune du Croisy, que Ton disait toute charmante, fut dédommagée d'avoir perdu, par la rentrée de Mlle Molière, le rôle d'une des deux sœurs. Molière, pour quelque temps, lui céda le sien, celui du Zéphire, au commencement de 167a, Elle le joua sans doute depuis le vendredi i5 janvier, o& la tragédie-ballet, après une interruption de près de trois mois, avait été reprise. Robinet Yy vit dans la représentation du mardi suivant, 19:
Encor mardi Psyché je ris, Et mes jeux j furent raTÎs....
Biais j*j fus charmé notamment Par un jeune et galant Zéphire, Plus beau que pas un qui soupire
I . Lêitre à MomsUur du 3 octobre 1 67 1 • — La lettre du i*' août 1 67 1 (▼ojex ci-dessus, p. a $9) n*aTait donné que dix ans tout au plus à Bille du Croisj. Ce n*est pas éridenunent dans la lettre du 3 octobre qu*est Terreur. Comment la petite comédienne n*aurait-elle eu que dix ans en 1671, puisque nous la Tojons chargée, cette année-là, du rôle d*une des sœurs de Psyché, et, en janrier 167s, de celui de Zéphire ? Elle était, sans nul doute, cette Blarie-Angélique, fille du comédien Gassot du Croisj, laquelle plus tard épousa Paul Poisson. L*acte de société du 3 mai 1673 fut signé par elle; et Ton j apprend qu'elle ne fut alors reçue dans la troupe que sous Tautorité et reeponsabilité de son père, étant fille mineure, âgée de quinxe ans. Vojes /« Comédie fnu9fms€^ par M. Jules Bonasties, p. a3-i5«
a6a PSTGHB.
Aaprèi de la Reine des fleurs.
C'ëtoit, bënërolet lecteurs,
Du Groisjf si jeune pucelle.
Et pourtant si spirituelle,
Qui de Molière ce jour-là
Faîsoit le rôle qnUl fait là,
L^ayant établie en sa place
Pour quelques jours qu*il se dëlasse^.
Le nombre des représentations de Psyché^ du vivant de Molière, et les belles recettes qu'elles donnèrent, attestent un grand succès. L'éclat extraordinaire du spectacle y fut assurément pour beaucoup. A ce succès néanmoins, sur lequel ne laisse pas de doute une allusion de Molière lui-même, dans la Comtesse d^Escarbagnas^^ assez d'intérêt s'attaclie pour que nous en cherchions les preuves positives dans le Registre de la Grange; mais il su£Bra de résumer les chiffres que ce registre nous fournit.
En 167 1 , du a4 juillet au a 5 octobre, la pièce eut trente-huit représentations; le total des recettes s'éleva à 33 on* i5*. Quelles qu'eussent été les dépenses, l'affaire était bonne pour la Troupe.
L'année suivante ne commença pas moins favorablement : du i5 janvier 1672 au 6 mars, le Registre fait connaître treize représentations, et, pour les recettes, un total de 13867K- i5*.
Psyché ayant dû faire place à de nouvelles pièces, ne fut reprise, cette année, que huit mois après, le 1 1 novembre 167a. « Les frais extraordinaires, dit le Registre y à cette date, se sont montés à cent louis d'or pour remettre toutes choses en état, et remettre des musiciens, musiciennes et danseurs, à la I^ace de ceux qui avoient pris parti ailleurs. » Jusqu'à la fin de l'année on donna vingt et une fois Psyché; le total des recettes fut de aoaSg* i5*.
Dans le mois de janvier 1678, on compte dix représentations, et 9979** i5» de recettes.
Au résumé, du temps de Molière, il y eut à la ville quatrevingt-deux représentations de Psyché^qm rapportèrent 77 1 19^.
Après la mort de Molière, elle continua d'être souvent jouée, 80118 le règne de Louis XIV. Dans son Tableau des représen^
I. Ltttre en vers à Monsieur^ du s3 janvier 167 s. — a. Scène n.
NOTICE. aaa
unions^ du thëâtre de notre auteur, M. Despois en a compte vingt'trois de Psyché, de 1680 k 1700, quatre-vingt-quatre de 1700 à 17 15*. Puis, il n*en a plus trouve à relever sur les Registres qu'à partir de i85i jusqu'en 1870; il donne pour cette dernière période le chiffre de vingt-cinq représentations, en faisant remarquer qu'en 1864 et en 1866 un acte seulement fut joue. On pourrait donc ne compter parmi ces représentations que les vingt-deux de l'année 1 86a, du mardi 19 août, premier jour de l'intéressante reprise, au vendredi 1 7 octobre.
Cette résurrection de Psyché fit honneur à l'administration de M. Edouard Thierry. La tragédie-ballet reparut dans son éclat, avec les ouvertures et entr'actes tirés des intermèdes qu'avait composés Lulli, des chœurs nouveaux de M. Jules Cohen, chantés par les élèves du Conservatoire de musique, et le concours des danseuses de l'Opéra. Revit-on alors, après deux siècles, le spectacle des Tuileries, ou encore celui du Palais-Royal ? On ne le pouvait pas tout à fait. Quelques personnes, exigeantes peut-être, auraient voulu qu'on essayât du moins de nous en donner une idée plus fidèle. On avait mieux aimé tenir compte du goût d'aujourd'hui. Nous ne saurions décider si, avec moins de complaisance pour ce goût, le succès, qui fut grand, eût été plus grand encore. La mise en scène était fort belle, mais très-différente de celle du temps de Molière. Par les décorations et les costumes, qui étaient d'un grand caractère, on avait cherché à rappeler les temps héroïques de la Grèce. On n'y retrouvait donc plus ces anachronismes de la scène qui plaisaient il y a deux siècles. Par exemple, plus de jardin « superbe et charmant » avec ses vases d'orangers et ses termes d'or, en un mot plus de jardin