I . Voyex à la fin de notre tome L
a. Parmi les représentations de cette dernière période, il y a surtout à citer les ringt-neuf qui furent données en 1703, du i*' juin au I*' août. De grandes dépenses araient été dites pour les décorations, les machines et les ballets de cette mémorable reprise de Psjrcké, Les rôles de TAmour et de Psyché furent alors joués par Baron, fils du célèbre acteur, et par Mlle Desmares. On disait d*eux ce que Ton arait dit de Baron père et de Mlle Molière, qu'ils étaient épris Tun de Tautre. — Voyex la Ifotiee de M. Marty-Lareaux, au tome Vn des OEmfres it CanMkj p. a86.
de Versailles. L'objection assez plausible qui fut faite, c'est qu'avec tant de soin d'une v^ritë plus savante» on ne se trouvait |dus d^accord avec la mythologie à la française des vers de nos deux grands poètes, et que Ton risquait ainsi de faire ressortir, au dëtriment de leur œuvre, ce qu'elle peut avoir aujourd'hui d'un peu passe de mode. De même encore, les choeurs de M. Cohen, qui furent juges supérieurs à ceux de Lulli, avaient cependant le désavantage de marquer une autre date que celle du poëme ^ Les rôles de Psychë et de l'Amour furent joués, avec beaucoup de charme, l'un par Mlle Favart, l'autre par Mlle Fiz. Quand on ne trouve plus déjeune Baron, l'Amour ne saurait être représenté que par une femme; s'il en avait toujours été ainsi, une médisance eût été épargnée h Mlle Mo- Uèrê. Le pei*sonnage aussi dont Molière s'était chargé, et qu'il avait un moment cédé à Mlle du Croisj, fut fait, et trèsgentiment, par une femme, Mlle Rosa Didier.
En 1871, le 6 juin, pour l'anniversaire de la naissance de Corneille, la Comédie-Française donna le troisième acte de Psyché^ qui eut, la même année, plusieurs représentations. Mlle Croizette y jouait le rôle de l'Amour, Mlle Reichemberg celui de Psyché. Mais dans le souvenir de cette reprise partielle Corneille est beaucoup plus intéressé que Molière.
Par ses chants, par ses danses, par ses décors, par le sujet lui-même, si lyrique, Psyché convenait à la scène de l'Opéra. Mais là, c'est la musique qui règne ; la poésie
.... est une esclare et ne doit qu*obëir.
Lulli, qui avait toujours été d'humeur à se l'assujettir, avait sans doute regretté que, dans notre tragédie-ballet, elle eût la part de beaucoup la plus grande. Lorsque Corneille vivait encore, mais que Molière n'était plus, le musicien fit écrire une Psyc?ié à peu près nouvelle, ne conservant de l'ancienne que les vers du Prologue, ceux des intermèdes, sans oublier, bien attendu, la plainte italienne, dont les paroles étaient de lui, les chants et récits de la fin. Thomas Corneille se chargea' de
I. Voyez, dans U Moniieur universel du a5 août i86a, le feuilleton de Théophile Gautier.
a. Voyez le Parnasse français de Tillon du Tillet, p. 38i ; VÉlage de FanteneUe au tome XXVII, p. 364, de VHisiaire de PJcadémie
roeuvre subttitiiée à celle de son illustre frère; el il faut reconnaître que, pour dea vers subordonnes k la musique, ceux qu'il écrivit ne sont pas sans mërite« Le jeune Fontenelle, neveu des Corneille, revendiqua l'honneur d'y avoir collabore; on lui a attribue k tort la traduction en vers français de la Plainte italienne, imprimée, dès 167 1, dans le Ballet des balleu^.
Cette tragédie de Fsjché fut représentée pour la première fois k l'Académie royale de musique, le 19 avril 1679.
Une P^ché^ opéra-comique en trois actes, dont la musique est de M. Ambroise Thomas, fut jouée sur le théâtre de TOpéra- Comique, le a6 janvier 1857. Les auteurs du très-agréable livret, MM. Jules Barbier et Jdichel Carré, se sont, en plusieurs endroits, in^nrés de Molière, quelquefois de la Fontaine.
L'édition originale de Psyché porte la date de 1671 ; c'est un in-ia de a feuillets liminaires, 90 pages, et i feuillet pour l'extrait du Privilège. Voici le titre :
PSICHÉ