‹ Œuvres de MolièreChapitre 234 sur 541 · VÉNUS · texte numérisé non relu

VÉNUS

Et c'est là la raison de ce courroux extrême :

Plus mon rang a d'éclat, plus Tafiront est sanglant ;

Et si je n'étois pas dans ce degré suprême,

Le dépit de mon cœur seroit moins violent. 100

Moi, la fille. du dieu qui lance le tonnerre,

Mère du dieu qui fait aimer. Moi, les plus doux souhaits du ciel et de la terre, Et qui ne suis venue au jour que pour charmer,

Moi, qui par tout ce qui respire i o 5

Ai vu de tant de vœux encenser mes autels. Et qui de la beauté, par des droits immortels. Ai tenu de tout temps le souverain empire, Moi, dont les yeux ont mis deux grandes déités Au point de me céder le prix de la plus belle, 1 1 o

Je me vois ma victoire et mes droits disputés

Par une chétive mortelle !

Le ridicule excès d'un fol entêtement Va jusqu*à m'opposer une petite fille ! Sur ses traits et les miens j'essuierai constamment 1 1 5

Un téméraire jugement!

1. Four juger qui peat être. (lô^S, 74; faute éfîdente.) — L*édition de 1673 saute aussi une syllabe, là, au Tert 97.

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