I. f^ie de fauteur, p
3. Introduction de V Essai sur Us mcsurSé,.^ xxu, tome XV, p. io3
i6 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
gantes, il regarda ce divertissement comme la profanation la plus abominable. » Il s'agit de Sald Mehemet, beglier beg (gouverneur} de la Roumëlie, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur, qui arriva à Paris le i6 décembre i74i*< Bien différent de l'envoyé de 1669, c'était un personnage considérable, fils du grand trésorier de l'Empire, Mehemet Effendi, lequel avait été lui-même ambassadeur près de notre cour en 1721, et dont Saint-Simon a raconté la pompeuse réception sous la Régence^. Sald avait alors accompagné son père; il connaissait donc bien notre pays, Iprsqu'il y revint, chargé à son tour de l'ambassade; il parlait notre langue comme la sienne' et passait pour éclairé, savant et magnifique, comme l'avait été son père. Il ne quitta la France qu'après un séjour de six mois, le 3o juin i742*« Le Mercure de France de ce même mois de juin* dit que Sald vit à Paris plusieurs spectacles dont il fut très-content ; mais, parmi ces représentations, il ne nomme pas le Bourgeois gentilhomme. Ce silence n'étant pas entièrement décisif, nous avons consulté le Registre du Théâtre-Français. Depuis le 16 décembre 1741 jusqu'au 3o juin 174^9 notre pièce n'a pas été représentée. Sald Mehemet alla deux fois à la Comédie. Le Registre n'a pas négligé d'en faire mention. On y lit, à la date du mercredi 24 janvier 1742 : « Ce jourd'hui Son Excellence Zaîd Effendy, ambassadeur extraordinaire de la Porte Ottomane, nous a honorés de sa présence ; » même indication de la présence de Sald, le mercredi 28 février suivant. A la première de ces représentations, on donna le Fat puni^ les Trois Cousines et V Oracle; à la seconde. Amour pour amour et Pourceaugnac. Nous n'avons pas la ressource de dater l'anecdote de Voltaire de Tannée 1721, où, comme nous l'avons dit, Sald était en France avec l'ambassadeur son père. Pendant les quatre ou