Si bien (que
banit^ du demi-Ménandre latia. L'intrigue y est habilement conduite ; les caractères sont marques des traits les plus justes, et souvent mis en relief par des mots d'un excellent comique, dont Molière a fait son profit. Mais il fallait, sur notre théâtre, une gaietë plus animëe, plus entraînante.
n était, en outre, nécessaire de donner une couleur moderne à cette peinture des mœurs romaines ou athéniennes. Si les passions sont, au fond, restées les mêmes, le masque était à changer. Les jeunes amoureux des temps antiques ne diffèrent guère des nôtres ; mais le personnage du parasite, de ce complaisant Phormion, principal artisan des ruses dans la comédie que Térence avait imitée du grec ApoUodore, nous aurait paru archaïque : il était à supprimer. Les esclaves devaient être remplacés par des valets ; les uns et les autres n'ont pas tout à fait la même physionomie. A part ces transformations, ces rajeunissements indispensables, une des remarques dont on est frappé, quand on compare les deux pièces, c'est que Molière, dans la sienne, a pris, suivant sa coutume, beaucoup moins souci de la manière dont il nouait et dénouait l'action, cherchant surtout un prétexte aux scènes les plus réjouissantes.
Dans tout ce qu'il a emprunté à Térence, il a su, nous ne pouvons trop le répéter, nous rendre le charme et la grâce de son style, avec plus de perfection même en maint endroit; et parce que, en même temps, il a mêlé à des agréments plus sobres un sel moins délicat peut-être, mais plus piquant, qui les relève, des imaginations de plus haut goût, a-t-il profané son modèle? Ou devons-nous seulement dire qu'il l'a ragaillardi? Boileau s'est plaint de la profanation. Il faisait honte à Molière d'avoir allié Tabarin à Térence*. Une telle alliance eût été certainement un gros péché. En accuser Molière, c'est donner à croire qu'il a mis dans sa pièce quelquesunes des incongruités du Pont-Neuf. Où les a-t-on vues ?
Ce qui a fait penser à Tabarin, c'est la scène du sac. On en trouve l'idée, sous une forme très-grossière, dans les Farces Tabariniques, Il y a d'abord la première où Francisquine, femme du vieux débauché LuCas, cache celui-ci dans un grand sac, parce qu'il a peur d'être enlevé par les sergents. Elle ouvre