OCTAVE, SILVESTRE
OCTÂYB.
Âh ! fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père revient ?
8ILVB8TRS.
Oui.
OCTAVB.
Qu'il arrive ce matin même ?
SILVKSTIB.
Ce matin même.
OCTAVE
Et qu*il revient dans la résolution de me marier?
SILVBSTRI.
OCTAVB*
Avec une fiUe du Seigneur Gëronta i*
4io LES FOURBERIES DE SCÂPIN.
SILVESTRB.
Du Seigneur Géronte.
OCTAVE
Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour
cela?
SILVESTRB.
Oui.
OCTAVE
/ Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle f]
SILVESTBB.
De votre oncle.
OCTAVE
A qui mon père les a mandées par une lettre ?
SILVESTRB*.
Par une lettre.
OCTAVE
Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires.
SILVESTRB.
Toutes nos affaires.
OCTAVE
Ah! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.
SILVESTRB.
Qu'ai-je à parler davantage? vous n'oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont*.
OCTAVE
Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois; faire dans ces cruelles conjonctures.
SILVESTRB.
Ma foi! je m'y trouve autant embarrassé que vous, et j'aurois bon besoin que Ton me conseillât moi-même.
I . C'était la seconde fois que Molière imitait le très-beareox débat du dialogue d'exposition par lequel s^ouvre la Sceur de Rotrou : royes la première •cène de l'acte II de Mélicerte^ tome VI, p. 171, et la citttioB fiute en note.