‹ Œuvres de MolièreChapitre 361 sur 541 · OCTAVE, SILVESTRE · texte numérisé non relu

OCTAVE, SILVESTRE

OCTÂYB.

Âh ! fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père revient ?

8ILVB8TRS.

Oui.

OCTAVB.

Qu'il arrive ce matin même ?

SILVKSTIB.

Ce matin même.

OCTAVE

Et qu*il revient dans la résolution de me marier?

SILVBSTRI.

OCTAVB*

Avec une fiUe du Seigneur Gëronta i*

4io LES FOURBERIES DE SCÂPIN.

SILVESTRB.

Du Seigneur Géronte.

OCTAVE

Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour

cela?

SILVESTRB.

Oui.

OCTAVE

/ Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle f]

SILVESTBB.

De votre oncle.

OCTAVE

A qui mon père les a mandées par une lettre ?

SILVESTRB*.

Par une lettre.

OCTAVE

Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires.

SILVESTRB.

Toutes nos affaires.

OCTAVE

Ah! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.

SILVESTRB.

Qu'ai-je à parler davantage? vous n'oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont*.

OCTAVE

Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois; faire dans ces cruelles conjonctures.

SILVESTRB.

Ma foi! je m'y trouve autant embarrassé que vous, et j'aurois bon besoin que Ton me conseillât moi-même.

I . C'était la seconde fois que Molière imitait le très-beareox débat du dialogue d'exposition par lequel s^ouvre la Sceur de Rotrou : royes la première •cène de l'acte II de Mélicerte^ tome VI, p. 171, et la citttioB fiute en note.

Page 1