ACTE III, SCÈNE L
diflScuItés qui se mêlent aux choses réveillent les ardeursy augmentent les plaisirs.
ZBRBINBTTB.
Mon Dieui Scapin, fais-nous un peu ce récit, qu^on m*a dit qui ^ est si plaisant, du stratagème dont tu t'es avisé pour tirer de l'argent de ton vieillard avare. Tu sais qu'on ne perd point sa peine lorsqu'on me fait un conte, et que je le paye assez bien par la joie qu'on m'y voit prendre.
SCAPIN
Voilà Silvestre qui s'en acquittera aussi bien que moi. J'ai dans la tète certaine petite vengeance, dont je vais goûter le plaisir.
SILVBSTBB.
Pourquoi, de gaieté de cœur, veux-tu chercher à t'at* tirer de méchantes afiaires ?
SCAPIN
Je me plais à tenter des entreprises hasardeuses.
SILVBSTBB.
Je te l'ai déjà dit, tu quitterois le dessein que tu as, si tu m'en voulois croire.
Oui, mais c'est moi que j'en croirai.
SILVBSTBB.
A quoi diable te vas-tu amuser?
SCAPIlf.
De quoi diable te mets-tu en peine ?
SILVBSTBB.
C'est que je vois que, sans nécessité, tu vas courir risque de t'attirer une venue de coups de bâton *•
I. Voyes OA aotre mtmçlk d« eettt tort* d» plcoMtme, de fM réyÙM aTcc an fut tqjet, daaê hm TinaAlo de TaeU II, loèM t, cÛcmu, p. 454, note a.
a. Cette cspicMÎoB, doBt le AeliiiiJMMrw Je Littré m die pae d^aatre ezeuaple, aoet pentt pottvoîr s'eBpl&qMr per eaa ttm» propre et oïdkMie
SCAPIN
Hé bien ! c*eBt aux dépens de mon doSi et non pas du tien.
SILYStriUI.
Il est vrai que tu es maître de tes épaules, et tu en déposeras comme il te plaira.
scAPnr.
I Ces sortes de périls ne m*ont jamais arrêté, et je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n^osent rien entreprendre. ]
ZRRBIlfBTTI^. '
Nous aurons besoin de tes soins.
SCAPIN
Allez : je vous irai bientôt rejoindre. Il ne sera pas j dit qu^impunément on m'ait mis en état de me trahir moi-mêmci et de découvrir des secrets qu^il étoit bon ! qu'on ne sût pas.