‹ Œuvres de MolièreChapitre 47 sur 541 · ACTE II, SCENE L · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE L

MONSIEUR JOURDAIN

Au moins n*oubliez pas tantôt de m*envoyer des musiciens, pour chanter à table.

maîtrb de musique.

Vous aurez tout ce qu'il vous faut.

MONSIEUR JOURDAIN

Mais surtout, que le ballet soit beau.

MAÎTRE DE MUSIQUE

Vous en serez content, et, entre autres choses, de certains menuets que vous y verrez.

MONSIEUR JOURDAIN

Ah! les menuets sont ma danse, et je veux que vous me les voyiez^ danser'. Allons, mon maître.

MAITRE A DANSER

Un chapeau, Monsieur, s*il vous plaît. 'La, la, la; La, la, la, la, la, la ; La, la, la, bis^; La, la, la ; La, la. En

I . Dans DOS plat anciens textes, vojez ; et de même ci-après, à la fin de Mtte seine (p. 71).

a. Le menuet a été ainsi appelé, d*après Littré, des /nts menus qo'on j exécutait. On s*explique bien psr cette étymologie qoe M. Jourdain dise et qu*un ait dit longtemps, comme Tassure Auger, danser les menuets ^^ e*est« à-«lire. Us petits pas^ b danse des petits pas. — On se rappelle le mot du danseur Mared* t « Que de choses dan^ un menuet 1 • Le Dietionnsûre de Lettré décrit tout an long cette danse grave et noble, originaire, dit-il, du Poitou. Aucune autre n'attirait dntnntage sur les couples qui en donnaient le long spectacle Tattention de Passistance, aucune peut-être n*eût demandé à M. Jourdain plus de précision et d*élégance, une démarche plus aisée, des gestes mieux soutenus. Un détail du cérémonial est ici à relever, pour justifier rindieation de jeu de seène que donne rédiiion de 1734, à Tendroit où le fiCattre à danser va demander un chapeau : « Pour finir, dit Littré, le carelier tenant la dame ôtait son chapeau, et faisait, toujours sur des pas de menoet, les mêmes révérences et salutations quHl avait faites en commençant.»

3. Le Mettre à danser chante en donnant la leçon à Monsieur Jourdain. {Partition Phiiitior.) — > M, Jourdain va prendre le chajteau de son laquais et le met par-^essus son hounet de nuit. Son mattre lui prend les mains, et lé fait danser sur un air de menuet qu'il chante. (1734.)

4. Ce ^û indique la répétition de toute la suite des la qui précèdent.

a L*expre«ion se trouve encore dans notre texte, eî-aprèa, p. laS, fin de la V* entrée; nous ne doutons pas qœ, bien qu'il Vagisse là de deux menuets è danser, elle n*ait en cet endroit k mène sens qn* Auger lui donne ici.

* Mort en 1759.

cadence, s'il vous plaît. La, la, la, la. La jambe droite. La, la, la. Ne remuez point tant les épaules. La, la, la, Ja, la; La, la, la, la, la. Vos deux bras sont estropiés. La, la, la, la, la. Haussez la tête. Tournez la pointe du pied en dehors. La, la, la. Dressez votre corps ^

MONSIEUR JOURDAIN

Euh»?

MAÎTRE DE MUSIQUE

Voilà qui est le mieux du monde.

MONSIEUR JOURDAIN

A propos. Apprenez-moi comme il faut faire une révérence pour saluer une marquise : j*en aurai besoin tantôt.

MAÎTRE A DANSER

Une révérence pour saluer une marquise?

Oui : une marquise qui s'appelle Dorimène.

MAÎTRE A DANSER

Donnez-moi la main.

I. Sur la manière dont ce couplet était diantonné par le Maître à danaer, d*ane toîx très-haute, sur un air de menuet, voyes ci-après à VAppenJUcê : la transcription des notes donnée là nous dispense de rien changer ici à la ponctuation de l'original ; on Terra que oeDe-ci n*est pas trop conforme lax coupes de la musique ; aussi bien n*y avaiMI pas grand intérêt à ce c{a'elle le fAt.

a. La, la, la, la, b, la,

La, la, la, la, la, la, la ; La, la, la, la,i a, la, U. la, la, la, la, la, la; La, la, la, la, la. £n

cadence, s*il tous pbtt.

La, la, la, la. La jambe droite, la, la, la.

Ne remues point tant les épaules.

La, la, la, la, la, la, b, a, la, la. Vos deux bras sont estropiés.

La, b, la, la, b. Haussex la été.

Tournes la pointe du pied en dehors.

La, b, b. Dresses votre corps.

M. JOURDAIN

Hé? (1734.)

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