I. Scène lY, tome III, p
a. Recherches sur le séjour de Molière dans P Ouest de la France^ em 1648 (Fontenay-le-Comte, 1871), p. i3.
NOTIGB. 53 1
hasarda, a fait pràomer un sëjoor, très-possible d'ailleurs, de Molière k Angoïilême ; et l'on s'est demande si ce ne serait pas pendant ce s^our que la première idée de notre comédie aurait été conçue, peut^tre même mise en oeuvre dans une farce. Ce sont là de simples conjectures. Nous reconnaissons que la dernière, à laquelle les autres ont conduit, peut tirer quelque vraisemblance du rôle de M. Bobinet, qui rappelle, tout en étant nunns de pure convention^, les vieux types de pédants, empruntés autrefob par Molière à la comédie italienne; quelque vraisemblance aussi d'une plaisanterie grossière qu'on regrette de rencontrer dans cette mâme scène du Précepteur, et qui étonnerait moins dans une des premières boufifonneries de notre auteur. Biais quand on admettrait une ancienne farce de Molière qu'il lui aurait été commode de retrouver dans ses souvenirs, pour lui fournir un sujet, il importerait peu, tant une Comtesse d^Escarhagnas^ composée, jouée peut-être, à Angoulême, a dû se transformer pour devenir la pièce de 1671. Ici, en effet, plusieurs des caractères, â peu développées que soient les scènes dans lesquelles ils se dessinent, ont pris une vigueur qui dénonce une autre main que celle d'un auteur novice en son art.
Les éditeurs de i68a se sont trompés en donnant à la première représentation de la Comtesse d^Escarhagnas^ dans les fêtes de Saint-Germain, la date de février 167a. G*est celle d'une reprise de la pièce à la cour*. La vraie date est le a décembre 167 X.
I. L'auteur de la Fie de Molière qui a été placée en tète du tome I«>^ de set Œuvres publiées en 1725, à Amsterdam, dit (p. 96) : m On m*a aMurë que le caractère de Bobinet est un urait de Yen-geance contre un bon ecclétiastique nommé Gobinet, célèbre par des écrits de piété, qui se déchatnoit contre la Gomédie et les Spectacles. » Il ft*agit du docteur Gbarlet Gobinet, principal du collège du Plewis-Sorbonne, mort en 1690. Il est auteur de 17iistruction de la jeunesse en la piété cftrétienne (i655). Nous ne connaissons de lui que cet écrit, où ne se trouve aucune attaque contre la Gomédie. En aTait-41, arant 1671, publié d'autres, qui auraient proroqué la malice d^e Molière ? Il / a eu souvent bien des erreurs dans ces imputations de perMUwalités.
a. Vo/es cir-après, p.. 536.
53a LA COMTESSE D'ESGARBAGNAS.
Philippe d'Orl^ns, frère du. Roi, venait d'ëpoaser ^ la seconde Madamb, la princesse palatine. Les nouveaux ëpoax arrivèrent à Saint-Germain le i*' décembre 1671, sur les quatre heures du soir*. « Le lendemain, dit Mademoiselle de îfontpensier dans ses Mémoires* y on fut voir Madame.... Le soir, 3 y eut un ballet que l'on avoit fait de plusieurs entrées, qui ëtoit assurément plus beau que quoi qu elle eût pu jamais voir en AUemagne. Ty demeurai ; on peut croire le plaisir que j'y eus : il n'y avoit pas une entrée que je ne me souvinsse des anciens ballets que j'avois vus, où étoit M. de Lauzun. » De ce témoin forcé, qui ne parle de son plaisir que par ironie, les malheurs de son cher Puyguilhem la préoccupant uniquement à cette heure, il n'y avait pas plus de détails à attendre. Elle se souvenait seulement que ce spectacle était assez beau pour éblouir une Allemande, et en avait retenu la date. Elle est d'accord * sur cette date avec la Gazette ^ qui, après quelques