‹ Œuvres de MolièreChapitre 483 sur 541 · I. Ljreét, tome Y (an tii), p. 4S3. ^ a. Tcmm IX, p · texte numérisé non relu

I. Ljreét, tome Y (an tii), p. 4S3. ^ a. Tcmm IX, p

54a LA COMTESSE D'ESGARBAGNAS.

rien, n'a pas lance un seul trait contre les gens de finance. On dit que Molière et les auteurs comiques du temps eurent làdessus des ordres de Colbert^. » Au rejuroche d'oubli cependant Ghamfort, s'il n'a parle du veto de Golbert que d'après de bonnes autorités, qu'il eût bien fait de citer, aurait pu r^ pondre qu'il n'y a pas, dans la Comiesse d^Escarhagnas^ cette attaque à fond contre les finapciers devant laquelle n'a pas recule le Sage. Turcaret est une satire beaucoup plus sanglante et d'une plus terrible portée, Tauteur ne s'y étant pas seulement proposé de rendre les traitants ridicules, mais de foire justice d'eux comme d'un fléau public. On a toujours reconnu néanmoins que la grande comédie de 1709 doit beaucoup à la simple esquisse de 167 1, fort d^[>assée par Tureatet «a ftpreté satirique, non en vérité comique. Le Sage, en écrivant sa pièce, a si bien eu sous les yeux la Comtesse eTEscarbagnaSf qu'il y a même pris quelques traits du Ck>nseiller poor les prêter à son financier. Les vers galants de celui-ci, son billet doux à Philis^ ont le même agrément poétique et les mêmes licences de prosodie que les versets de M. libaudier'. Autre emprunt très-visible, si petit qu'il soit : lorsque le marquis de la comédie de le Sage raconte que Mme Turcaret l'a reçu dans son hôtel : « Hôtel garni apparemment ? — Oui, hôtel garni*. » C'est un souvenir de ces hôtels que Julie, dans la pièce de Molière, félicite ]a Comtesse d'avoir pu fréquenter à Paris : « Cet hôtel de Mouhy, Madame, cet hôtel de Lyon, cet hôtel de Hollande^. » Ces imitations incontestables, mais prises à côté de ce qui a surtout frappé le Sage, ne sont à citer que comme des preuves de la parenté des deux comédies. La ressemblance entre elles qui offre un véritable intérêt est celle du caractère donné par l'un et par l'autre auteur à leur financier. Le Receveur des tailles d'Angoulême est assurément l'ancêtre du gros partisan livré aux vengeances du théâtre dans les premières années du siècle suivant. Même in-

I. OEupres complètes de Chant fort ^ publiées par Auguis (i8a4), tome II, p. 45.

a. Turcarety acte I, scène ir,

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