‹ Œuvres de MolièreChapitre 488 sur 541 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

tendre parler, il sait les secrets du Gdnnet* mieux que ceux qui les font. La politique de TÉtat lui laisse voir tous ses desseins, et elle ne fiut pas un pas dont il ne pénètre les intentions. Il nous apprend les ressorts cachés de tout ce qui se fait, nous découvre les vues de la prudence de nos voisins, et remue, à sa fantaisie, toutes les affaires de TEurope. Ses iutelligences même s*étendent jusques en Afrique, et en Asie, et il est informé de tout ce qui s*agite dans le Conseil d*en haut * du Prête-Jean* et du Grand Mogol.

difmUt^ OB était «Morémeiit partout ehes noua dispoai à i^eii moquer de meillear coor eneore, oiiae ans plut tard, an touTenir des faits de guerre récents et de la grandeur acquise.

I. Du cabinet, du conseil du Prince. Cahimet^ même tout seul, Tcut dire, diaprés TAcadénsie (1694}» « la* secrets, les mystères les pins cachés de la cour. // entetui mieux U Cahimet qu* homme qmi soit à /« Cour. Vintrigme dm CaUnet. » Selon le Dictionnaire de 1878, le mot sVntend plus particulièrement du conseil o& se traitent les affaires extérieures.

a. « Comseil d'en kamif on se traitent ordinairement les afTaires d*État, et quelquefois les af&ires extraordinaires des particuliers. > [Dieticmnairt de r Académie^ 1694.)

3. Toutes nos anciennes éditions, y compris ceUe de 1734, ont bien la forme, asaes ordinaire alors, de : « Préte-Jean >, et non de « Prétre-Jean >; cette dernière le^n est celle de 1694 B et de 1773. <— « Prêtre'Jetuh personnage imaginaire que les Occidentaux, dans le douxièmc siècle, supposèrent être chrétien et régner dans la haute ^e. Au quinzième siècle, on le transporta dans TAbyssinie, qui en effet est chrétienne. » (Dictioniunr* de lÀtlrt.) M. Fritsche dit : « Il a été démontré dans U Prêtre-Jeam (Près* byter Joannes) telom la Ugemde et V histoire^ par Oppert (Berlin, 1864), que celui que les écriTsins latins du moyen âge ont primitiTcment désigné par ce nom de Preshjrter Jokannes n*cst autre que le KoMma relimtaseke, le souTcrain de la Chine noire. De Korkkan^ mal compris, on fit Jorckmmy puis Juehanmm^ qni est la forme syriaque de Jokeumes, Oppert explique d*une la^n moins satisfaisante Torigine du titre de Prêtre (Prethjrter). Mais peu importe] ici [poew ce texte de Molière)^ ou nous n^STons è nous occuper que de la forme Prête-JetM. Or celle-ci n*e9t éTÎdemment qu*une francisation du portugais Preto /o3o, c*e8t-è-dire « Jean noir », signification qui indique clairement que le nom dérÎTC de celui du souTcrain des Chinois noirs. » L'article de Furetière (1690) fera connaître Tidée que se faisaient généralement ses contemporains de Tnn on de Tautre personnage légendaire. On appelle Prêire Jemm^ dit-il, « Temperenr des Àby»sinSy parée qn*aatrelbis les princes de ee pays étoient effeetiTement piétrcs« et qne le iMt de Jmm en le«r langnt ▼*■! dire rm. Ce sont kt

JULIE

Vous parez votre excuse du mieux que vous pouvez, afin de la rendre agréable, et faire qu*elle soit plus aisément reçue.

LE VICOMTE

C*est là, belle Julie» la véritable cause de mon retardement; et si je voulois y donner une excuse galante^, je n*aurois qu'à vous dire que le rendez-vous que vous voulez prendre peut autoriser la paresse dont vous me querellez; que m*engager à faire Tamant de la maîtresse du logis, c'est me mettre en état de craindre de me trouver ici le premier; que cette feinte où je me force n*étant que pour vous plaire, j*ai lieu de ne vouloir en souffrir la contrainte que devant les yeux qui s*en divertissent; que j'évite le tête-à-tête avec cette comtesse ridicule dont vous m'embarrassez; et, en un mot, que

François qui les premiers les ont fait connottre en Eorope sons ce nom, è eaase qu*ils ont les premiers trafiqué arec leurs sujets. On Tappelle autrement le Grand Negus. Son empire étoit autrefois de grande étendue.... > (Test probablement à celui-ci que songe le Vicomte, puisqu^il rient de mentionner TAfrique avant TAsie, où règne le Grand Mogol. C*est également TAbyssin dont parle Montaigne (employant la forme Prette^ian) au chapitre XLVin du lirre I, tome 1, p. 443)- « Il y a, continue Furetière, un Prêtre Jean d^Asie, dont parle Marco Paolo Vénitien en ses Toyages. 11 commande.... entre la Chine et les royaumes de Sifan et de Thibet. {Babt' lais y au chapitre xxxrv de son livre H, tome I, p. 382, y2u> de Presthan*. ainsi a-t'il laissé imprimer^ un roi de l^Inde.) C*est un royaume dont les Chinois font grand état.... Quelques-uns ont dit qu*il étoit ainsi nommé d*un prêtre nestorien dont parle Albéricus vers Tan Ii45. Voyez du Cange sur Joinrille (il s^agit^ aux chapitres xciu et xciv de Joinville^ du Prêtre Jean vaincu et détrôné par Gengis-Khan : voyez V édition de M, Natalis de fFailly^ librairie Hachette^ iSSi, p, 199, note a). D^autres disent que c^est à cause que pour symbole de sa religion il a une main qui porte une eroix. » Voyex aussi VEssai sur les moeurs et V esprit des nations de Voltaire, tome XYI des Œuvresy p. 219 et aao.

r. Une exeose plus adroitement, plus spirituellement aimable.

m Le nom est écrit ainsi dans ce qu*on appelle la « rérision définitire fixée par Rabelais. > Dana les premières éditions : Prtstro Jehan, Voyes la mote de M. Bfarty-LaTeanx sur ce passage, dans son tome IV, p,^ïj.

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