‹ Œuvres de MolièreChapitre 489 sur 541 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ne venant ici que pour vous, j*ai toutes les raisons du monde d'attendre que vous y soyez.

JULIE

Nous savons bien que vous ne manquerez jamais d*esprit pour donner de belles couleurs aux fautes que vous pourrez faire ^. Cependant, si vous étiez venu une demi-heure plus tôt, nous aurions profité de tous ces moments ; car j*ai trouvé, en arrivant, que la G)mtesse étoit sortie, et je ne doute point qu'elle ne soit allée par la ville se faire honneur de la comédie * que vous me donnez sous son nom.

LE VICOMTE

Mais tout de bon, Madame, quand voulez-vous mettre fin à cette contrainte, et me faire moins ache« ter le bonheur de vous voir ?

JULIE

Quand nos parents pourront être d'accord, ce que je n'ose espérer. Vous savez, comme moi, que les démêlés de nos deux familles ne nous permettent point de nous voir autre part, et que mes frères, non plus que votre pcre, ne sont pas assez raisonnables pour soufiEnr notre attachement.

LE VICOMTE

Mais pourquoi ne pas mieux jouir du rendez-vous que leur inimitié nous laisse, et me contraindre à perdre en une sotte feinte les moments que j'ai près de vous ?

JULIE

Pour mieux cacher notre amour; et puis, à vous dire la vérité, cette feinte dont vous parlez m'est une comé-

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