SCÈNE V
M. JOTTBDAXir, UM LAQUAU.
M. JOUAIUZM.
Ohl (1734.)
a. Sa robe de chambre, qu^U a remite par-dcttos le déshabillé de tes exercices, 3. SCÈNE VI.
LB MAÎTRS DB PHILOSOPHIB, M. JOURDAIH , UV LAQUAIS.
La MAtTaa de vbxlosopbib, raecommodami son eoiUt. (1734.) — Cdiet an sens de rabat.
Acn II, sciiii IT.
Ak ! Muiuim, je sus (icshê des coups qii% t^mu ont donnes*.
«Anmi BB MinjosoHnm.
Cela n*est lîen. Un philosophe sait receToir comme 0 fiint les dioses, et je tus composer contre eux une satire dn strie de Jn^ênal, qoi les déchirera de la helle £ioon. Laissons cela. Qoe Toulez-Toos apprendre*?
«olfsnrm joraDiiTi.
Toot ce qne je poorrai, car j^ai tontes les enries du monde d^être savant ; et jVnrage que mon père et ma mère ne muaient pas fait bien étudier dans toutes les sciences, quand j*èlois jeune.
«aîtrb db raiLosoraiB.
Ce sentiment est raisonnable : A^am sii^e floctrifM viin est quasi morfis imago^. Vous entendez cela, et vous savez le latin sans doole.
■OBSIErB JOURDAIN.
Oniy mais faites comme si je ne le sa vois pas : expliquez-moi ce qne cela reot dire.
■AITBB BB PHILOSOPHIE.
Cela veut dire qne Sans la science^ la vie est presque une image de la mort.
MONSIBUR JOURDAIN.
Ce latin-là a raison.
1. Dùmmét ttM aeeord, dast bm andeat testes, jtt«qu*è 1730 eselatÎTMiCBt*
2. Ua même déatr «Tappreadre, inspiré par d*aatrM motifs qu« r«us <{tti poussent M. Jowdaia, mais aussi tardif, met e« prince, dans \t% Niûtt d*Aristopfcaae, le viens Scrapsiade, le plos borné des bourgeois d'Athènes, d*abord a?«e un apprenti sophiste, puis avec eelui dont le poète a touIu Csirt le représentent aséme de b seieace subtile ; il résulte de là une rsssemhisnce générale, qui a été signalée à la Notice (p. 33) , entre certeines des premières scènes des deux comédies : e*est un peu plus particulièrement le troisième des entretiens de Socrate et de Strepsiade (vers 637 et suivante) et la le^n de pnrisme grsmmatieal qnHI amène qui peuvent être, malgré la diffirenee des intentions satiriques, comparés avec cette scène du BotwgeoU gêmiilkommé,
3. Ce n*est probablement là qn*une traduction en vert de eette nuisime
MouÉmi. vm 6
8a LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
MAITRE DE PHILOSOPHIE
N'avez-vous point quelques principes» quelques commencements des sciences ?
MONSIEUR JOURDAIN
Oh ! oui, je sais lire et écrire.
Par où vous plaît-il que nous commencions ? Voulez-vous que je vous apprenne la logique ?
MONSIEUR JOURDAIN
Qu*est-ce que c'est que cette logique ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
C'est elle qui enseigne les trois opérations de Tesprit.
MONSIEUR JOURDAIN
Qui sont-elles, ces trois opérations de Tesprit ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
La première, la seconde, et la troisième. La première est de bien concevoir par le moyen des universaux. La seconde, de bien juger par le moyen des catégories ; et la troisième, de bien tirer une conséquence par le moyen des figures Barbara^ CelarerUj Darii^ Ferio^ Baralipton^ etc. *.
dans laquelle Érasme rétame an dit mémorable de Diogène : Fita Hne litterit mort (Apophthegmet^ livre III, édition de i54i, p. 9o5« n* S3, notule «). Molière a sans doute pris le vers dans le Fidèle de Lari^ey, de i6il| on dans l'original italien de L. Pasqaaligo, de 1679 (aete II, scène ziv).
I . Le docteur Pancrace parle aussi à Sganarelle (scène vr du Mariage /wreé^ tome IV, p. 40 ^^ iroi^ opérations de Tesprit et des dix eatégoriet. — On reeonnaissait en logique, dit Aager, « trois opérations de Tesprit : la conception ou perception, le jugement et le raisonnement.... On comptait cinq tudiwtaux : le genre, respèce, la dilCérenee, le propre et Tacddent. Les MiA^ goriêêy suirant Aristote, éuient an nombre de dix, savoir t la sobatmiee, la quantité, la qualité, la relation (el le lieu^ le tempe ^ la eituatioM , la foeêêiiiom, l'action et la passion).
Barbara^ Celarent, Dariiy Ferioy Baralipton
est le premier de quatre rers techniques, composés de mots purament aitift* ciels et inventés comme un moyen de désigner les dix-neuC modes da sj^k>gismes réguliers. Chaque mot est formé de trois sjUahet, rapiétf tant l«a ^
àGTB II, SCÈNE lY. 83
MOKSIBDR JOURDAnf.
Yoîli des mots qui sont trop rébarbatifs. Cette logique-Ià ne me rerient point. Apprenons autre chose qui s(Ht plus joli.
MAÎnB DE PHILOSOPHIB.
Voulez-vous apprendre la morale ?
MONSIEUR JOURDAIN
La morale ?
MArrRB DE PHILOSOPHIE.
Oui.
MONSIEUR JOURDAIN
Qu*est-ce qu^elle dit cette morale ?
MAITRE DR PHILOSOPHIE
Elle traite de la félicité, enseigne aux hommes à modérer leurs passions, et....
MONSIEUR JOURDAIN
Non, laissons cela. Je suis bilieux comme tous les diables ; et il n^y a morale qui tienne, je me veux mettre en colère tout mon soûl ^ quand il m'en prend envie.
MAITRE DE PHILOSOPHIE
Est-ce la physique que vous voulez apprendre ?
MONSIEUR JOURDAIN
Qu*est-ce qu'elle chante cette physique ?
trois propontiooi «Pui •yllogitme, et la royelle de chaque syllabe indique la nature de diaqoe proposition. » Voyex au Mariage forcée tome IV, p. 3a « la note 4 : nnc citation d*An^er y explique plus complètement, à propos d^une plaisanterie de Molière, Pemploi de ces mots factices, étiquettes et mémentos des dÎTerses formes du syllogisme. Us ont fourni à la moquerie de Mon* taigne et de Pascal des noms pour la fiiusse science et l'argumentation creuse. « La plus expreasa marqua de la sagesse, c'est une éjouissance constante...; c'est Baroeo et Baralipiom qui rendent leurs supp6ts ainsi crottés et enfumés, œ n*ast pas die : ils ne la connoissent que par ouï- dire. • (Eésais, linv I, duipitre xzr, tome I, p. 21a et 2i3.) « Pour décourrir tout les sophismes at toutes les équivoques des raisonnements captieux, ils ont inventé des noms barbares, qui étonnent ceux qui les mtandent.... Ce n*ast pas Barbara et Bm» raliffton qui forment la raisonnement. • (De PSsprii géométriqae, k la taita de$ Pensées de Pascal, édition de M. Harat, M%, p. 471 at 472.) I. Toyai ci-aprét, p. loi, note i.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
La physique est celle qui explique les principes des choses naturelles, et les propriétés du corps * ; qui discourt de la nature des éléments, des métaux, des minéraux, des pierres, des plantes et des animaux, et nous enseigne les causes de tous les météores, Tarc-en-ciel, les feux volants*, les comètes, les éclairs, le tonnerre, la foudre, la pluie, la neige, la grêle, les vents et les tourbillons.
MONSIEUR JOURDAIN
Il y a trop de tintamarre là dedans, trop de brouillamini.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
Que voulez-vous donc que je vous apprenne ?
Apprenez-moi Torthographe.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
Très-volontiers.
MONSIEUR JOURDAIN
Après vous m*apprendrez Talmanach, pour savoir quand il y a de la lune et quand il n*y en a point.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE
Soit. Pour bien suivre votre pensée et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer selon Tordre des choses, par une exacte connoissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j'ai à vous dire que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles parce qu'elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées
I. De la matière. « Du corps • dans tons nos textes. Faut-il : « des corps «P 9. U Csat surtout entendre par là les feux follets et le fien Saiat-Blme des marins. « On appelle.... feuX'Volant* des météores, de certains feux qui •'ilèrent et se dissipent un peu après, comme les ardents. » Et érdâmt « est on certain météore on feu follet. » -^ « On appelle sur la mer le fam Smint-Eime eertains feux volants autour des mâts et des maneiaTret et de la eage. » {DictiMuuiire de Furetière, 1690, ans nota Volaht, AaDBrr et Fco.)