ACTE III, SCENE IV. ii
DORANTE
Cela est vrai.
MONSIEUR JOURDAIN
Une autre fois, six-vingts.
DORANTE
Oui.
MONSIEUR JOURDAIN
Et une autre fois, cent quarante.
Vous avez raison.
MONSIEUR JOURDAIN
Ces trois articles font quatre cent soixante louis, qui valent cinq mille soixante livres ^
DORANTE
Le compte est fort bon. Cinq mille soixante livres.
MONSIEUR JOURDAIN
Mille huit cent trente-deux livres à votre plumassier.
DORANTE
Justement.
MONSIEUR JOURDAIN
Deux mille sept cent quatre-vingts livres à votre tailleur.
DORANTE
Il est vrai.
MONSIEUR JOURDAIN
Quatre mille trois cent septante-neuf livres douze sols huit deniers à votre marchand*.
« DORANTE
Fort bien. Douze sols huit deniers : le compte est juste.
MONSIEUR JOURDAIN
Et mille sept cent quarante-huit livres sept sok quatre deniers à votre sellier. .
I. Le loaif étant alort eompti pour 01110 K^res : roja p. 1 16, nota a. 3. 11 s*agît trèt ■pwitubiwiiinit (Pan nnichaiid d*èû>fiet, de drapt s voj«i ci-après, p. 144, i46« aC 109.
ii6 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
DORANTE
Tout cela est véritable. Qu^est-ce que cela fait?
MONSIEUR JOURDAIN
Somme totale, quinze mille huit cents liyres.
JX)RANTB.
Somme totale est juste* : quinze mille huit cents livres. Mettez encore deux cents pistoles* que vous m^allez donner, cela fera justement dix-huit mille francs, que je vous payerai au premier jour.
MADAME JOURDAIN*
Hé bien ! ne l'avois-je pas bien deviné ? Paix!
MONSIEUR JOURDAIN*
DORAIVTB.
Cela vous incommodera-t-il, de me donner ce que je vous dis?
MONSIEUR JOURDAIN
Eh non!
MADAME JOURDAIN
Cet homme-là fait de vous une vache à lait.
Taisez-vous.
I, Somme totale et juste. (1674» 8a.)
a. La pittole a été exactement éTalaée, dans b seène nr de Taete I de r Avare (yoyez tome VII, p. 75 et note 5), an mène diiffire de onze livresque dans ce compte-ci. Onxe livres est la valeur aossi que M. Jourdain vient de donner au louis, et sur cette demande de deux cents pistoles, c'est deux eeats louis qu*il va apporter k sa rentrée de la scène v : ees deux sortes d*e^»ccea, les pistoles frappées à un coin étranger ^ d*Ita1ie oif d*£spagne, les louis au coin .de France, circulaient donc au même taux, et les premièree, ce semble, en assez bon nombre : comparez le vers 178 de la Suite du Menteur et la note (tome IV du CorneilU, p. 297). — Remarquons ici que le to/oi/ranç^ que ▼a employer Dorante, était préféré pour les comptes ronds, et le mot Iwra pour les comptes rompus : voyez le Dictionnaire de liiiré, Remarfma ao mot Feanc
3. Mms JocRDAXif I baSf k M, Jourdain (1734], ici et k tovt oe qn*dle dit jusqu*k la fin de la scène.
4. M. JoDROAUf, baïf à Mme Jourdain (1734), id et k tout ce qn*!! k sa femme jusqu*k la fin de la scène.