CHAPITRE PREMIER
Du luxe.
Le luxe est toujours en proportion avec l'inégalité des fortunes. Si dans un état les richesses sont également partagées , il n'y aura point de luxe j car il n'est fondé que sur les commodités qu'on se donne par le travail des autres.
Pour que les richesses restent également partagées , il faut que la loi ne donne à chacun que le nécessaire physique. Si l'on a au-delà , les uns dépenseront, les autres acquerront, et l'inégalité s'établira.
Supposant le nécessaire physique égal à une somme donnée , le luxe de ceux qui n'auront que le nécessaire sera égal à zéro j celui qui aura le double aura un luxe égal àun; celui qui aura le double du bien de ce dernier aura un luxe égal k trois ; quand on aura encore le double , on aura un luxe égal à sept : de çorte que le bien du particulier qui suit étant toujours supposé double
(1) Evagre, Histoire. — (2) Fragm. de Suidât , dans Const. forphyrog.