CHAPITRE XL
Comment ha institutions changèrent à Rome avec le gouvernement.
Comme le tribunal domestique supposait des mœurs, l'accusation publique en supposait aussi j et cela fit que ces deux choses tombèrent avec les mœurs , et finirent avec la république (1).
L'établissement des questions perpétuelles , c'est-à-dire , du partage de la juridiction entre les préteurs, et la coutume qui s'introduisit déplus en plus, que ces préteurs jugeassent eux mêmes (2) toutes les affaires , affaiblirent l'usage du tribunal domestique ; ce qui paraît par la surprise des historiens, qui regardent comme des faits singuliers , et comme un renouvellement de la pratique ancienne, les jugemens que Tibère fit rendre parce tribunal.
L'établissement de la monarchie et le changement des mœurs firent encore cesser l'accusation publique. On pouvait crfîndre qu'un malhonnête homme , piqué des mépris d'une femme , indigné de ses refus , outré de sa vertu même , ne formât le dessein de la perdre. La loi Julie ordonna qu'on ne pourrait accuser une femme d'adultère qu'après avoir accusé son mari de favoriser ses déréglemens; ce qui restreignit beaucoup cette accusation , et l'anéantit pour ainsi dire (3).
Sixte-Quint sembla vouloir renouveler l'accusation publique (4). Mais il ne faut qu'un peu de réflexion pour voir que cette loi , dans une monarchie telle que la sienne , était encore plus déplacée que dans toute autre.