‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 207 sur 854 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Idée de ce livre.

\M. n'est pas assez d'avoir traité de la liberté politique dans son rapport avec la constitution ; il faut la faire voir dans le rapport qu'elle a avec le citoyen.

J'ai dit que , dans le premier cas , elle est formée par une certaine distribution des trois pouvoirs ; mais , dans le second , il faut la considérer sous une autre idée. Elle consiste dans la sûreté , ou dans l'opinion que l'on a de sa sûreté.

Il pourra arriver que la constitution sera libre , et que le citoyen ne le sera point. Le citoyen pourra être libre , et la constitution ne l'être pas. Dans ces cas , la constitution sera libre de droit, et non de fait; le citoyen sera libre de fait , et non pas de droit.

(1) Harangne tirée de Trogue Pompée , rapportée par Justin , liv.

XXXVII! (2) Voyez les oraisons contre Verres — (3) On «lit que ca

fat le tribunal de Varusquifit ré roi ter le* Germain a.

LIVRÉ XII, CHAP. I"„ i57

H n'y a que la disposition des lois , et même des lois fondamentales , qui forme la liberté dans son rapport avec la constitution. Mais, dans le rapport avec le citoyen, des mœurs , 4e* manières, des exemples reçus peuvent la faire naître, et de certaines lois civiles la favoriser , tomme nous allons voir dans ce livre-ci.

De plus , dans la plupart des états, la liberté étant plus gênée , choquée ou abattue , que leur constitution ne le demande , il est bon de parler des lois particulières , qui , dans chaque constitution , peuvent aider ou choquer le principe de la liberté dont chacun d'eux peut être susceptible.

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