CHAPITRE IL
Combien les hommes sont diffèrens dans les divers climats.
L'air froid resserre les extrémités des fibres extérieures de notre corps (i); cela augmente leur ressort, et favorise le retour du sang , des extrémités vers le cœur. Il diminue la longueur (a) de ces mêmes fibres ; il augmente donc encore par-là leur force. L'air chaud, au contraire, relâche les extrémités des fibres et les allonge; il diminue donc leur force et leur ressort.
On a donc plus de vigueur dans les climats froids. L'action du cœur et la réaction des extrémités des fibres s'y font mieux , les liqueurs sont mieux en équilibre , le sang est plus déterminé vers le cœur , et réciproquement le cœur a plus de puissance. Cette force plus grande doit produire bien des effets; par exemple , plus de confiance en soi-même , c'est-à-dire plus de courage j plus de connaissance de sa supériorité , c'est-à-dire moins de désir de la vengeance; plus d'opinion1 de sa sûreté, c'est-à-dire plus de fran-
f (1) Cela paraît même à la vue : dans le froid, on parait plus maigre.— (ai) On sait qu'il raccourcit le fer.