‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 37 sur 854 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Du principe du gouvernement despotique.

Cokxb il faut de la vertu dans une république , et dans une monarchie de V honneur i i\ faut de la crainte dans un gouvernement despotique : pour la vertu , elle n'y est point nécessaire , et l'honneur y serait dangereux.

Le pouvoir immense du prince y passe tout entier à ceux à qui il le confie. Des gens capables de s'estimer beaucoup eux-mêmes seraient en état d'y faire des révolutions : il faut donc que la crainte y abatte tous les courages , et y éteigne jusqu'au moindre sentiment d'ambition.

Un gouvernement modéré peut , tant qu'il veut et sans péril , relâcher ses ressorts y il se maintient par ses lois et par sa force même. Mais lorsque , dans le gouvernement despotique , le prince cesse un moment de fever le bras ; quand il ne peut p4b anéantir à l'instant ceux qui ont les premières places (a) j tout est perdu : car le ressort du gouvernement , qui est la crainte , n'y étant plus r le peuple n'a plus de protecteur.

C'est apparemment dans ce sens que des cadh ont soutenu çue le grand-seigneur n'était point obligé de tenir sa parole ou son serment , lorsqu'il bornait par-là son autorité (3).

Il faut que le peuple soit jugé par les lois, et les grands par la fantaisie du prince ; que la tête du dernier sujet çoit en sûreté, et celle des bâchas toujours exposée. Qn ne peut parler sans frémir de ces gouvernemens monstrueux. Le sophi de Perse , dé-

(0 ^oyez Perry, page 447. — (a) Comme il arrive sou venJLdân* l'arïs. tocraue nailiuire ^ Rïcault , de l'Empire ottoman.

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