‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 514 sur 854 · LIVRE XXIII, CHAP. XXI. 37i · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII, CHAP. XXI. 37i

L'ont choquée, comme ils firent chez les Romains devenus Chrétiens .

On ne cessa de prêcher partout la continence , c'est-à-dire ,

cette vertu qui est plus parfaite , parce que , par sa nature , elle

doit être pratiquée par très-peu de gens.

Constantin n'avait point ôté les lois décimaires , qui donnaient une plus grande extension aux dons que le mari et la femme pouvaient se faire , à proportion du nombre de leurs eufans. Théodose le jeune abrogea (j) encore ces lois.

Jostinien déclara valables (2) tous les mariages que les lois Pappiennes avaient défendus. Ces lois voulaient qu'on se remariât: Justinien (3) accorda des avantages à ceux qui ne se remarieraient pas.

Par les lois anciennes , la faculté naturelle que chacun a de se marier et d'avoir des enfans ne pouvait être otée. Ainsi , quand on recevait un legs (4) à condition de ne point se marier , lorsqu'un patron faisait jurer (5) son affranchi qu'il ne se marierait point et qu'il n'aurait point d'enfans, la loi JPappienne annullait (6) et cette condition et ce serment. Les clauses , en gardant vidiûté, établies parmi nous, contredisent donc le droit ancien , et descendent des constitutions des empereurs faites sur les idées de la perfection.

Il n'y a point de loi qui contienne une abrogation expresse des privilèges et des honneurs que les Romain* païens avaient accordés au mariage et au nombre des enfant : mais là oh le célibat avait la prééminence , il ne pouvait plus y avoir d'honneur pour le mariage ; et puisque l'on put obliger les traitans à renoncer à tant de profits par l'abolition des peines, on sent qu'il fut encore plus aisé d'oter les récompenses.

La même raison de spiritualité qui avait fait permettre le célibat , imposa bientôt la nécessité du qélibat même. A Dieu ne plaise que je parle ici contre la célibat qu'a adopté la religion ! mais qui pourrait.se taire contre celui qu'a formé le libertinage j celui ou les deux sexes , se corrompant par les sentimens naturels même , fuient une union qui doit les rendre meilleurs , pour vivre dans celle qui les rend toujours pires ?

C'est une règle tirée de la nature , que plus on diminue le nombre des mariages qui pourraient se faire , plus on corrompt ceux qui sont faits ; moins il y a de gens mariés , moins il y a de fidéhté daasies mariages ; comme lorsqu'il y a plus de voleurs, il y a plus de vols.

(1) Leg. II et 111 > cou. Théod. de jure lib. — • (a) Leg. Sancimue, çod. ée nuptue. — -(5) Nov. 137 , oh. III ; Nov. x 18 , ch. V. — (4) Le*. IAV , .ff.<Ucondit.et<Umon*tt — (5)L*%.V,§.tt de Jure patronat. — (6) Pau), dans set Sentencee , 11t. IH , lit. XII , J. i£.

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