‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 558 sur 854 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des ministres de la religion*

Les premiers hommes , dit Porphyre , ne sacrifiaient que de l'herbe. Pour un culte si simple , chacun pouvait être pontife dans sa famille.

Le désir naturel de plaire à la Divinité multiplia les cérémonies 5 ce qui fit que les hommes, occupés à l'agriculture, devinrent incapables de les exécuter toutes et d'en remplir les détails.

On consacra aux dieux des lieux particuliers ; il fallut qu'il y eût des ministres pour en prendre soin , comme chaque citoyen prend soin de sa maison et de ses affaires domestiques. Aussi les peuples qui n'ont point de prêtres sont-ils ordinairement barbares. Tels étaient autrefois les Pédaliens (4) ; tels sont encore les Wolgusky(5).

Des gens consacrés à la Divinité devaient être honorés , surtout chezjes peuples qui s'étaient formé une certaine idée d'une pureté corporelle, nécessaire pour approcher des lieux les plus agréables aux dieux, et dépendante de certaines pratiques.

(1) Annal, lîv. If. — (a) Nomb. chap. XXXV. — (3; Ibid. — (4) Zilius Giraldus, p. 726. — (5) Peuple» de la Sibérie. Voyez la Relation de Jf. Evcrardltbranck-Ides, dans Le Recueil dcsvoyagtdu nord, tome VDJ.

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