‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 583 sur 854 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Que les choses qui doivent être réglées par les principes du droit civil , peuvent rarement V être par les principes des lois delà religion.

Les lois religieuses ont plus de sublimité; les lois civiles ont pins dVtendne. *

Les lois de perfection , tirées de la religion , ont pins pour objet la bonté de l'homme qui les observe v que celle de la société dans laquelle elles sont observées : les lois civiles , au contraire , «nt plus pour objet la bonté morale des hommes en général , que celle des individus. 9

Ainsi , quelque respectables que soient les idées qui naissent immédiatement de la religion , elles ne doivent pas toujours servir de principe aux lois civiles ; parce que celles-ci en ont un autre , qui est le bien général de la société.

Les Romains firent des règlemens pour conserver, dans la république , les mœurs des femmes : c'étaient des institutions politiques. Lorsque ta monarchie s'établit , ils firent là-dessus des lois civiles ; et ils les firent sur les principes du gouvernement civil. Lorsque la religion chrétienne eut pris naissance , les lois nouvelles que l'on fit eurent moins de rapport à la bonté générale des mœurs , qu'à la sainteté du mariage j ou considéra moins l'union des deux sexes dans l'état civil, que dans un état spirituel.

D'abord , par la loi romaine (i) , un mari qui ramenait sa femme dans sa maison , après la condamnation d'adultère , fut puni comme complice de ses débauches. Justinien (2) , dans un autre esprit , ordonna qu'il pourrait , pendant deux ans , l'aller reprendre dans le monastère. •

Lorsqu'une femme, qui avait son mari à la guerre, n'entendait plus parler de lui , elle pouvait , dans les premiers temps , aisément se remarier , parce qu'elle avait entre ses mains le psuvoir de faire divorce. La loi de Constantin (3) voulut qu'elle attendit

(i)Leg. XI , §. ult. ff. ad Ug. Jul. deadult.—(*) Nov. CXXXIV , ch. X. ■*- (3) Leg, VII, cod. de répudiés etjudicio de moribua sublato.

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