‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 609 sur 854 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

De l'origine et des révolutions des lois des Romains sur lest successions*

Ciette matière tient à des établissemens d'une antiquité trèsreculée ; et , pour la pénétrer à fond , qu'il me soit permis de chercher dans les premières lois des Romains ce que je ne sache pas que l'on y ait vu jusqu'ici.

On sait que Romulus partagea les terres de son petit état à ses citoyens (i) ; il me semble que c'est de là que dérivent les lois de Rome sur les successions.

La loi de la division des terres demanda que les biens d'une famille ne passassent pas dans une autre : de là il suivit qu'il n'y eut que deux ordres d'héritiers établis par la loi (2) ; les enfans et tous les descendans qui vivaient sous la puissance du père, qu'on appela héritierwiens ; et, à leur défaut, les plus proches parens par mâles , qu'on appela agnats.

H suivit encore que les parens par femmes , qu'on appela (cognats , ne devaient point succéder j ils auraient transporté les biens dans une autre famille : et cela fut ainsi établi.

Il suivit encore de là que les enfans ne devaient point succéder â leur mère , ni la mère à ses enfans ; cela aurait porté les biens d'une famille dans une autre. Aussi les voit-on exclus dans la loi des douze tables (3) ; elle n'appelait à la succession que les agnats, et le fils et la mère ne l'étaient pas entre eux.

(1) Denys d'Haï ica masse , Ht. II, chap. m. Plntarque,dans sa comparaison de Numa etdfcLycurgue. — (p)Ast si intestatus morztur, cuisuu* hœres neeextabit, agnatus proximus familiam kabeîo, (Fragm. de lftloi de» douze tables , dansUlpien, titre dernier.) — (3) Voyez les fragm. d'Ulpien , J. 8 , lit. XXVI; Inttit. lit. III ? in prœmio ad sen. cons. Tcr~ tullianum.

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