LIVRE XXVIII, CHAP
Les lois des Bourguignons , et surtout celles des Wisigoths , admirent les peines corporelles. Les lois saliques et ripuaires ne les reçurent pas (1) ; elles conservèrent mieux leur caractère.
Les Bourguignons et les Wisigoths, dont les provinces étaient trës-exposées , cherchèrent à se concilier les anciens habitans et à leur donner des lois civiles les plus impartiales (2) : mais les rois francs , sûrs de leur puissance > n'eurent pas ces égards (3).
Les Saxons , qui vivaient sous l'empire des Francs , eurent une humeur indomptable , et s'obstinèrent à . se révolter. On trouve dans leurs lois (4) des duretés du vainqueur qu'on ne voit point dans les autres codes des lois des barbares.
On y voit l'esprit des lois des Germains dans les peines pécu-« niaires , et celui du vainqueur dans les peines afflictives.
Les crimes qu'ils font dans leur pays sont punis corporelle-» ment , et on ne suit l'esprit des lois germaniques que dans, la punition de ceux qu'ils commettent hors de leur territoire.
On y déclare que , pour leurs crimes , ils n'auront jamais de paix , et on leur refuse l'asile des églises mêmes.
Les évéques» eurent une autorité immense à la cour des rois Wisigoths ; les affaires les plus importantes étaient décidées dans les conciles. Nous devons au code des Wisigoths toutes les maximes , tous les principes et toutes les vues de l'inquisition d'aujourd'hui ; et les moines n'ont fait que copier, contre les Juifs des lois faites autrefois par les évêques.
Du reste , les lois de Gondebaud pour les Bourguignons paraissent assez judicieuses ; celles de Rotharis et des auttes princes lombards le sont encore plus. Mais les lois des Wisigoths , celles de Recessuinde , de Chaindasuinde et d'Égiga , sont puériles , gauches , idiotes ; elles n'atteignent point le but ; pleines de rhétorique et vides de sens , frivoles dans le fend et gigantesques dans le style.