LIVRE XXX, CHAP. XIIL 52i
L'auteur incertain de la vie de Loois-le-Débonnaire (i), par* iant des comtes et autres officiers de la nation des Francs que Charlemagne établit en Aquitaine , dit qu'il leur donna la garde de la frontière , le pouvoir militaire , et l'intendance des domaines qui appartenaient à la couronne. Cela fait voir l'état dès revenus du prince dans la seconde race. Le prince avait gardé des domaines qu'il faisait valoir par ses esclaves. Mais les indictions , la capitation, et autres impôts levés du temps des empereurs sur la personne ou les biens des hommes libres , avaient été changés en une obligation de garder la frontière , ou d'aller à la guerre.
On voit , dans la même histoire (2) , que , Louis-le-»Débonnaire ayant été trouver son père en Allemagne , ce prince lui demanda comment il pouvait être si pauvre , lui qui était roi ; que Louis lui répondit qu'il n'était roi que de nom , et que les seigneurs te* n aient presque tous ses domaines; que, Charlemagne craignant que ce jeune prince ne perdit leur affection , s'il reprenait luimême ce qu'il avait inconsidérément donné , il envoya des corn-» missaires pour rétablir les choses.
Les évéques, écrivant à Louis (3) , frère de Qiarles-le-Chauve , lui disaient : « Ayez soin de vos terres , afin que vous ne soyez » pas obligé de voyager sans cesse par les maisons des ecclésias- » tiques , et de fatiguer leurs serfs par des voitures. Faites en sorte, » disaient-ils encore , que vous ayez de quoi vivre et recevoir dea » ambassades. » Il est visible que les revenus des rois consistaient alors dans leurs domaines (4)>