CHAPITRE XVIII
Du double service.
C'était un principe fondamental de la monarchie , que ceux qui étaient sons la* puissance militaire de quelqu'un étaient aussi sous sa juridiction civile : aussi le capitulaire de Louis-le-Dcbonnaire (2), de l'an 81 5 , fait-il marcher d'un pas égal la puissance militaire du comte et sa juridiction civile sur les hommes libres : aussi lesplacites (3) du comte , qui menait à la guerre les hommes libres , étaient-ils appelés les placites des hommes libres (4); d'où résulta sans doute cette maxime, que ce n'était que dans les placites du comte , et non dans ceux de ses officiers , qu'on pouvait juger les questions sur la liberté : aussi le comte ne menait-il pas à la guerre les vassaux des évêques ou abbés (5), parce qu'ils n'étaient pas sous sa juridiction civile : aussi n'y menait-il pas les arrière-vassaux des leudes : aussi le glossaire (6)
(1) Capitulaire de l'an 882, art. 11, apud Vernis palatium , édir. de Baluze , tome H, page 17. — (2) Art. 1 et 2 3 et le Concile in I rrno pa- /a/ «7 , de l'an 845, art. 8,édit. de Baluze., tome 11, page it. — (3) Plaid» ou assises. —(4) Capitulaires ,liv. IV de la collée liond'Ansegise, art. 57 ; el le Capitulaire v de Louis-le-Drboimaire, de l'an 819 , art. i4, édir. de Baluze, tome I , page 61 5. — (5) Voyez ci-dessus , page 526 , la note q; et page 527 , la note 6. — (6) Que Ton trouve dans le recueil de Guillaume Latnbard, depriscis Anglorum tegibus*