LIVRE XXXI, CHAP. Xt
magne promit , pour lui et ses successeurs , de ne plus partager les biens des églises aux gens de guerre , est conforme au Capitulaire de ce prince , donné à Àix-la-Cbapelle Tan 8o3 , fait pour calmer les terreurs des ecclésiasques à cet égard ; mais les donations déjà faites subsistèrent toujours (i). Les évéques ajoutent, et avec raison , que Louis-le-Débonnaire suivit la conduite de Charlemagne , et ne donna point les biens de l'Église aux soldats»
Cependant les anciens abus allèrent $i loin , que , sous les enfans de Louis-le-Débonnaire , les laïques établissaient des prêtres dans leurs églises , ou les chassaient > sans le consentement des évéques (2). Les églises se partageaient entre les héritiers (3) j et quand elles étaient tenues d'une manière indécente , les évéques n'avaient d'autre ressource que d'en retirer les reliques (4).
Le Capitulaire de Compiègne (5) établit que l'envoyé du roi pourrait faire la visite de tous les monastères avec l'évéque , de l'avis et en présence de celui qui le tenait (6) j et cette règle générale prouve que l'abus était général.
Ce n'est pas qu'on manquât de lois pour la restitution des biens des églises. Le pape ayant reproché aux évéques leur négligence sur le rétablissement des monastères , ils écrivirent (7) k Charlesle-Chauve qu'ils n'avaient point été touchés de ce reproche , parée qu'ils n'en étaient pas coupables j et ils l'avertirent de ce qui avait été propiis , résolu et statué dans tant d'assemblées de la nation* Effectivement , ils en citent neuf.
On disputait toujours. Les Normands arrivèrent , et mirent tout le monde d'accord.