ÉPIGRAMME
Qu on te flatte, qu'on te baise, Tb ne t'efferouches point, Phylis, et le dernier point £5t le seul qui te déplisse.
DE P. c()1{m:illi:. i-u^
Cette amitié de milieu Te semble être selon Dieu, Et du ciel t'ouvrir la porte :
Mais détrompe-toi Tesprit, Quiconque aime de la sorte Se donne au diable à crédit.
SONNIiT.
Après Tceil de Milite* il nVst rien d'admirable; Il n est rien de solide après ma loyauté :
Mon feu, comme son teint, se rend incomparable, Et je suis en amour ce qu'elle est en beauté.
Quoi que puisse à mes sens offrir la nouveauté, Mon cœur à tous ses traits demeure invulnérable; Et quoiqu'elle ait au sien la même cruauté, Ma foi pour ses ri{{ueurs n'en est pas moins duralile.
C'est donc avec raison que mon extrême ardeur
* Ce sonnet était atlresso à cette teninie eharniante que (Corneille , danci sa première jeunesse , avait aimée avec passion , et chez laquelle il Ini arriva Taventure qui donna lieu à sa coméclie de Mélite. Ce sont les seuls vers qui soient resîés ào. tous ceux qu il avait composés pour elle : il ne voulut jamais qu'ils devinssent publics, et les brûla tous deux ans av.uii >a inorl. P.
ï6o POÉSIES DIVERSES
Trouve chez cette belle une extrême froideur, Et que, sans être aimé, je brûle pour Mélite.
Car de ce que les dieux, nous envoyant au jour. Donnèrent pour nous deux d'amour et de mérite, Elle a tout le mérite, et moi j'ai tout lamour.
SONNET
Vous aimez que je me range Auprès de vous chaque jour.
Et m'ordonnez que je change En amitié mon amour.
Cette méchante bricolle Vous fait beaucoup hasarder, Et je vous trouve bienfoUe Si vous me pensez garder. •
Une passion si belle N'est pas une bagatelle Dont on se joue à son gré.
Et l'amour qui vous rebute Ne sauroit choir d'un degré Qu'il ne meure de sa chute.
DE P. COIINEILLE. i6.
STANCES