ODE
AU RÉVÉREND P. DJELIDEL, DE LA COMPAGNIE DE JESUS, SUR SON TRAITÉ DE LA THEOLOGIE DES SAINTS '.
Toi qui nous apprends de la grâce Quelle est la force et la douceur, C!omme elle descend dans un Cœur,
* Cette ode est au commencement de ce Traite, imprimé à Paris en 1668, in-4*.
Coinine elle ayit, couime elle passe;
Docte écrivain , dont Tœil perçant
Va jus(praii sein du Tout-Puissant
Pénétrer ce profond abyme ;
Que les hommes te vont devoir !
Et que le prix en est ineffable et sublime De ces biens que par là tu mets en leur pouvoir î
Oui, tant que durera ta course,
Tu peux, mortel, à pleines mains
Puiser des bonheurs souverains
En cette inépuisable source.
Un {juide si bien éclairé
Te conduit d'un pas assuré
Au vivant soleil qui Téclaire ;
Suis, mais avec zélé, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire; Et, si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi.
Tu pêches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon Il te fait ce précieux don ; Il n'en est avare à personne.
Recois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta foiblesse :
Avec lui ton vouloir peut tout; Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse.
Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout.
m8 poésies diverses
C'en est la digne récompense;
Mais aussi, tu le dois savoir,
Cet usage est en ton pouvoir,
Il dépend de ta vigilance :
Tu peux t'endormir, t'arréter,
Tu peux même le rejeter
Ce don, sans qui ta perte est sûre,
Et n^en tireras aucun fruit.
Si tu défères plus aux sens, à la nature, , Qu aux mouvements sacrés qu^en mon ame il produit.
J'en connois par toi l'efficace ,
Savant et pieux écrivain.
Qui jadis de ta propre main
M'as élevé sur le Parnasse :
C'étoit trop peu pour ta bonté
Que ma jeunesse eût profité
Des leçons que tu m'as données ;
Tu portes plus loin ton amour.
Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour*
Je suis ton disciple, et peut être
Que l'heureux éclat de mes vers
Éblouit assez l'univers
Pour faire peu de honte au maître.
Par une plus sainte leçon
Tu m'apprends de quelle façon
Au vice on doit faire la guerre.
Puissé-je en user encor mieux;
DE P. CORNEILLE. iic^
Et, comme je te dois ma gloire sur la terre, Puissé-je te devoir un jour celle des cieux!
Par son très obligé disciple P. Corneille.
Quod scribo et placeo , si placeo , omne tuum est ^