‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 80 sur 119 · PSAUME XLIV · texte numérisé non relu

PSAUME XLIV

Eructavit cor meum verbum bonum.

Je me sens tout le cœur plein de grandes idées , Je les sens à Tenvi s'en échapper sans moi, Je les sens vers le roi d'elles-mêmes guidées, Dédions-les toutes au roi.

Ma langue, qui s'empresse à chanter son mérite, Suit plus rapidement TéfFoit de mon esprit Que ne court une plume en la main la plus vite Qui puisse tracer un écrit.

Sa beauté sans égale entre les fils des hommes Mêle une grâce infuse à ses moindres discours. Et Dieu, qui Ta béni sur tous tant que nous sommes, L'appuie, et Tappuiera toujours.

Grand monarque, dont Famé est sans cesse occupée A bien remplir ce rang où le ciel vous a mis, Vous n'avez qu'à paroître et ceindre votre épée Pour confondre vos ennemis.

Vos attraits sont si forts, vos actions si belles «

Tant de gloire et cramour les sait accompagner, Que chacun se déclare et pour eux et pour elles; Et vous faire voir, c est régner.

La justice en votre anie et la mansuétude Avec la vérité font un accord si doux, Que de tant de veitus la sainte plénitude Fait par-tout miracle pour vous.

D'un acier pénétrant la pointe de vos flèches Percera tous les cceurs rehelles à Icmu' roi ; Et, voyant ruisseler leur san.;; \y,\v tant de brèches, Les peuples toml)eroiit crellVoi.

Comme votre grandeur s'est toujoius mesurée Sur la droiture même et la même é([uité, Votre régne n'ama pour borne à sa durée Que celle de l'éternité.

La haine des forfaits, 1 amour de la justice , Font de tous vos desseins les sac rés appareils : Et Dieu répand sur vous une onction propice Plus qu'il ne fait siu' vos pareils.

De riches vêtements au jour de votre gloire, D'ambre, aloés, et myrrhe, embaumés à-la-fois. Seront tirés pour vous des cabinets d'ivoire Par les filles des plus grands lois.

La reine votre épouse à votre droite assise

Brillera d'une auguste et douce majesté; Ses habits feront voir daHs leur dorure exijtiise Une exquise diversité.

Mais écoute y ma fille, écoute et considère Combien en sa [Personne éclatent de trééôr^ ; Oublie auprès de lui la maison de ton |^èrë, Et ce cher peuple d'où tti éôH.

Plus son amour pour toi se fera voir extrêtne, Plus tes soumissions les doivent honorer ; Car enfin c'est ton roi, ton seigneur, ton Dieu mêihe, Qu'on fera gloire d'adorer.

Les princesses de Tyr te rendront leur honiniâge Avec même respect qu'on t'aura vii pour lui : Le riche avec ses dons briguera ton suffrage Et réclamera ton appui.

Mais si l'amé au-dedans n'est encor mieux ornée. Reine, ce sera peu que l'omement du corps.

Bien que la frange d'or en fleurons contournée Y borde cent divers trésors.

De cent filles d'honneur tu te verras suivie Quand il faudra paroître aux yeux d'un si grand roi ; Et tes plus proches même y verront sans envie Qu'on les y présente après toi.

Toutes en montreront une^alégresse entière,

Toutes y borneront leurs plus ardents souhaits, Toutes estimeront à laveur sinj^ulièrc Le droit d entrer dans son palais.

Pour récompense; (;nfin d'avoir quitté tes pères, Il te naîtra îles (ils plus (grands, plus braves qu eux, ()ui feront reeevoir tes lois les plus sévères Aux peuples les plus bellicpieux,

La terre, (pi'on verra trend)ler devant leur iace Conservera sous eux ton di^^ne souvenir; Et Ton respectera ton nom de race en race Dans tous les siècles à venir.

Toutes les nations en ta iavem- unies De ce nom à Tenvi publieront la ^jrandeur :

Va les temps jusqu au bout de leurs courses finies En verront brilb^^ la splendeur.

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PSAUMi: XLV.

De US noster fcfufjitan cl virlus.

Que Dieu nous est propice à tous!

Il est seul notre force, il est notre refujje, 11 est notre soutien contre le noir déluj^c;

Des malheurs (pii fondent sur nous.

36u POÉSIES DIVERSES

La terre aura beau se troubler; Quand dous verrions par-tout les roches ébraalées, Et jusqu'au fond des mers les montagnes croulées,

Nous n'aurions jSoint lieu de trembler.

Que tes eaux roulent à grand bruit, Que leur fureur éclate à l'égal du lonnerre, Que les champs soient noyés, les campagnes par terre,

Que l'univers en soit détruit.

Leur Gère impétuosité.

Qui comble tout d'horreur, comble Sioa de joie, Et ne fait qu'arroser, alors que tout se noie ,

Les murs de la sainte Cité.

Dieu fait sa demeure au milieu , Dieu lui donne un plein calme en dépit des orages ; Et dès le point du jour, contre tous leurs ravages.

Elle a le secours de son Dieu.

On a vu les peuples troublés, Les trônes chancelants pencher vers leur ruine ; Dieu n'a fait que parler, et de sa voix divine

Us ont paru tous accablés.

Invincible Dieu des vertus, Que ta protection est un grand privilège !

Quels que soient les malheurs dont l'amas nous assiège ,

Nous n'en serons point abattus.

DE \\ COKNEILLE. 3Gi

Venez, peuples, venez bénir Les prodij;es cpi'il (ait sur la terre et sur Tonde : La guerre désololl les cpiatre coins du monde.

Et ce Dieu ICu vient de bannir.

Il a brisé les arcs d acier.

Tous les dards, tous les traits, tous les chars des gendarmes. Et jeté dans le (eu, j)oin' finir vos alarmes,

Et Tépéc et le bouclier.

Calmez vos appréluMisions- Voyez bien f[u il est Dieu, (|u il est Tunique maître, Et que, malgré Tenler, sa (jloire va paroitre

Panni toutes les nations.

Encore un coup, Dieu des vertus, Que ta protection est un grand privilège!

Quels cpu' soieiu les malluMus dont Tamas nous assiège.

Nous n en serons point abattus.

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