‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 101 sur 278 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MiiSSINISSE, MÉZÉTDLLE.

MÉZÉTULLE.

Oui, seigneur, j'ai donné vos ordres à la porte '

Que jusques à demain aucun n'entre ni sorte,

A moins que Laelius vous dépêche quelqu'un.

Au reste, votre hymen fait le bonheur commun.

Cette illustre conquête est une autre victoire,

Que prennent les vainqueurs pour un surcroit de gloire

Et qui fait aux vaincus bannir tout leur effroi,

Voyant régner leur reine avec leur nouveau roi.

Cette union à tous promet des biens solides.

Et réunit sous vous tous les cœurs des Numides.

Mais Éryxe ?

MÉZÉTULLE.

J'ai mis des gens à l'observer, Et suis allé moi-même après eux la trouver.

De peur qu'un contre-temps de jalouse colère

' Mêmes défauts par-tout. Quel fruit tirerait-on des remarque» que nous pourrions faire? Il n'y a que le bon qui mérite d*étre discuté.

SOPHONISBE. 211

Allât jusqu'aux autels en troubler le mystère. D abord qu elle a tout su, son visage étonné Aux troubles du dedans sans doute a trop donné ; Du moins à ce grand coup elle a paru surprise : l^Iais un moment après, entièrement remise, Elle a voulu sourire, et m'a dit froidement : « Le roi n'use pas mal de mon consentement; « Allez, et dites-lui que pour reconnoissance.... » Mais, seigneur, devers vous elle-même s'avance. Et vous expliquera mieux que je n'aurois £ait Ce qu'elle ne m'a pas expliqué tout-à-fait.

MASSINISSE

Cependant cours au temple, et presse un peu la reine D'y terminer des vœux dont la longueur me gène; Et dis-lui que c'est trop importuner les dieux. En un temps où sa vue est si chère à mes yeux ■.

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