‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 107 sur 278 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MASSINISSE, SOPHONISBE, MÉZÉTULLE,

HERMINIE

MASSINISSE

Comme elle voit ma perte aisément réparable,

Sa jalousie est foible, et sou dépit traitable.

Aucun ressentiment n'éclate en ses discours. ,

SOPHONISBE

Non ; mais le fond du cœur n éclate pas toujours.

Qui n'est point irritée, ayant trop de quoi Tétre, L'est souvent d'autant plus qu'on le voit moins paroitre Et, cachant son dessein pour le mieux assurer, Cherche à prendre ce temps qu'on perd à murmurer. Ce grand calme prépare un dangereux orage.

Prévenez les effets de sa secrète rage; Prévenez de Syphax l'emportement jaloux, Avant qu'il ait aigri vos Romains contre vous ; Et portez dans leur camp la première nouvelle De ce que vient de faire un amour si fidèle.

Vous n'y hasardez rien, s'ils respectent en vous, Comme nous l'espérons, le nom de mon époux; Mais je m'attirerois la dernière infamie.

S'ils brisoient malgré vous le saint nœud qui nous lie, Et qu'ils pussent noircir de quelque indignité Mon trop de confiance en votre autorité.

Si dès qu'ils paroîtront vous n'êtes plus le maître. C'est d'eux qu'il faut savoir ce que je vous puis étre^

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