‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 141 sur 278 · SCÈNE r · texte numérisé non relu

SCÈNE r

OTHON, ALBIN

ALBIN

^otre amitié, seigneur, me rendra téméraire :

^ en abuse, et je sais que je vais vous déplaire,

Que vous condamnerez ma curiosité ;

^^is je croirois vous foire une infidélité,

^i je vous cachois rien de ce que j'entends dire

Oe Votre amour nouveau sous ce nouvel empire.

On s'étonne de voir qu un homme tel qu'Othon, ^^on, dont les hauts foits soutiennent le grand nom, ^^igne d'un Vinius se réduire à la fille, ^ attache à ce consul, qui ravage, qui pille. Qui peut tout, je l'avoue, auprès de l'empereur.

Il y a peu de pièces qui commencent plus heureusement que ^^Ue-ci ; je crois même que , de toutes les expositions , celle d'Othon peut passer pour la plus belle ; et je ne connais que l'exposition de "«jozet qui lui soit supérieure.

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274 OTHON

Mais dont tout le pouvoir ne sert qu'à foire horreur, Et détruit d autant plus, que plus on le voit croître, Ce que Ton doit d'amour aux vertus de son maître.

Ceux qu'on voit s'étonner de ce nouvel amour N'ont jamais bien conçu ce que c'est que la cour. Un homme tel que moi jamais ne s'en détache; Il n'est point de retraite ou d'ombre qui le cache; Et, si du souverain la foveur n'est pour lui, Il fout, ou qu'il périsse, ou qu'il prenne un appui.

Quand le monarque agit par sa propre conduite, Mes pareils sans péril se rangent à sa suite ; Le mérite et le sang nous y font discerner :

Mais quand le potentat se laisse gouverner, Et que de son pouvoir les grands dépositaires N'ont'pour raison d'état que leurs propres afiEadres, Ces lâches ennemis de tous les gens de cœur Cherchent à nous pousser avec toute rigueur, A moins que notre adroite et prompte servitude Nous dérobe aux fureurs de leur inquiétude.

Sitôt que de Galba le sénat eut fait choix, Dans mon gouvernement j'en établis les lois.

Et je fus le premier qu'on vit au nouveau prince Donner toute une armée et toute une province : Ainsi je me comptois de ses premiers suivants. Mais déjà Vinius avoit pris les devants ; Martian laffranchi, dont tu vois les pillages, Avoit avec Lacus fermé tous les passages ; On n'approchoit de lui que sous leur bon plaisir. J'eus donc pour m'y produire un des trois à choisir.

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