‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 16 sur 278 · ACTE ï, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCÈNE III

(seul,) Dieux, sou£Erez qu'à mon tour avec vous je m'explique '. Que c'est un sort cruel d'aimer par politique ! Et que ses intérêts sont d'étranges malheurs, S'ils font donner la main quand le cœur est ailleurs !

n'est plus difficile que de terminer heureusement une scène de politique.

' On ne doit , ce me semble , s'adresser aux dieux que dans le malheur ou dans la passion : c'est là qu'on peut dire , nec deus intersit nisi dignus; mais qu'il t'explique avec les dieux comme avec quelqu'un à qui il parlerait d'affaire!.... Le mot s'expliquer n* est pas le mot propre. Et que dit-il aux dieux? que c'est un sort cruel d'aimer par politique ^ et que les intérêts de ce sort cruel sont des malheurs étranges, s'ils font donner la main quand le cœur est ailleurs. Cest en effet la situation où Sertorins et Aristie se trouvent: mais on ne plaint nallement un vieux soldat dont le cœur est ailleurs. Il y a dans cet acte de beaux vers et de belles pensées; mais tout est affaibli par le peu d'intérêt qu'on prend à la prétendue passion du héros et aux offres que lui fait Aristie, et sortout par le mauvoii f tyle.

FIN DU PREMIER ACTK

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